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"La finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme" de Marlène Benquet et Théo Bourgeron : Une thèse sur un courant idéologique méconnu, le libertarianisme, servie par un raisonnement documenté
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"La finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme" de Marlène Benquet et Théo Bourgeron : Une thèse sur un courant idéologique méconnu, le libertarianisme, servie par un raisonnement documenté

Marlène Benquet et Théo Bourgeron ont publié "La finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme" aux éditions Raisons d'agir.

Jean-Jacques Pluchart

Jean-Jacques Pluchart est chroniqueur pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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"La finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme" de Marlène Benquet et Théo Bourgeron 

Raison d’agir, 7 janvier 2021 - 160 pages, 10€

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Thème

Les  auteurs  soulèvent la thèse selon laquelle le monde d’après-covid  ne sera plus régi par un libéralisme néo-keynésien fondé sur une finance bancaire régulée, mais par un « libertarianisme autoritaire » dominé sur la « finance de l’ombre » (ou shadow banking). Ils soutiennent que le Brexit a été moins provoqué par un rejet de « l’asphyxie bruxelloise » par le peuple anglais, que par l’activisme d’un mouvement pro-leave fomenté par les investisseurs de la finance de l’ombre (hedge funds, capital-investisseurs, gestionnaires d’actifs, traders quantitatifs…), opposés à  la « sur réglementation » européenne des marchés financiers.

Ces fonds ont soutenu de puissants think tanks, lobbies et influenceurs d’opinion (comme Atlas Network et Cambridge Analytica). Leur ambition serait de transformer le Royaume Uni en « place offshore globale » ou « Singapour-on-Tamise », ouverte sur le Commonwealth, les États-Unis et l’Asie-Pacifique. Ils rejettent le keynésianisme et le consensus de Washington. Ils se réclament d’un « capitalisme tardif » théorisé en 2014 par Bellringer et Michie, qui ont radicalisé les pensées de Friedrich Hayek et de Milton Friedman. Ils prônent des  gouvernances, oligarchique de l’Etat et actionnariale de l’entreprise. Ils soutiennent une « privatisation de la nature », estimant qu’un marché socialement responsable est plus à même que l’Etat de protéger l’environnement.

Points forts

Les auteurs développent un raisonnement à la fois rigoureux et documenté pour défendre leur thèse.

Points faibles

Ils considèrent – sans vraiment convaincre - que cette nouvelle forme de capitalisme – observée dans un nombre croissant de pays sur tous les continents – ne peut longtemps s’imposer en raison de son caractère conflictuel et rétrograde.

En deux mots ...

Un des premiers ouvrages sur cet avatar tardif mais vivace du néolibéralisme.

Un extrait

" Ce livre replace le Brexit dans l’espace des luttes internes au secteur financier et dans l’histoire des régimes politiques d’accumulation de ces quarante dernières années".

L'auteur

Marlène Benquet est sociologue, chargée de recherches au CNRS, auteur et contributeur de plusieurs ouvrages relatifs à la grande distribution (la Découverte, 2015) ; Théo Bourgeron est également sociologue. Tous deux sont enseignants-chercheurs dans les Universités de Nanterre et d’Edimbourg.

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