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©Par MichaelMaggs — Travail personnel, CC BY-SA 2.5

Le wokisme va trop loin

Royaume-Uni : une université retire une image des trois singes de la sagesse pour éviter d'être accusée de racisme, et personne ne comprend pourquoi

L'université de York estime que cette représentation associée au bouddhisme pourrait véhiculer des "stéréotypes racistes".

Les trois singes de la sagesse sont une représentation de trois singes dont chacun se couvre une partie différente du visage avec les mains (le premier les yeux, le deuxième la bouche et le troisième les oreilles) forment une sorte de maxime picturale : "Ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal". Si la maxime en elle-même remonte (au moins) à Confucius, la représentation la plus ancienne connue des trois singes se trouve dans un des sanctuaires de Nikkō au Japon et date du 16e siècle.   

C'est donc un symbole associé au bouddhisme qui semble des plus inoffensifs. Sauf pour des universitaires de l'université de York, au Royaume-Uni, qui ont décidé qu'ils pouvaient être considérés comme un stéréotype racial oppressif et ont retiré une représentation de ces trois singes de leur site internet pour éviter d'offenser qui que ce soit. Elle servait à illustrer une future conférence sur l'histoire de l'art. Les organisateurs se sont excusés d'avoir utilisé cette image dans leur appel à contributions : "Après réflexion, nous croyons fermement que notre première affiche n'est pas appropriée car son iconologie met en avant un ancien symbole visuel d'oppression et d'exploitation des stéréotypes racistes", ont-ils écrit. "Nous portons cela à votre attention, afin que nous puissions être tenus responsables de nos actions et, dans nos privilèges, faire mieux et être meilleurs".

Le problème, c'est que personne ne comprend vraiment en quoi cette représentation est synonyme d'oppression, ni qui elle aurait pu offenser. Dans le Times, Tim Clark, ancien conservateur des collections japonaises du British Museum, explique qu'il n'a pas la moindre idée de la raison pour laquelle les singes auraient constitué un problème.

Le Dr Lucia Dolce, qui étudie le bouddhisme japonais à l'École des études orientales et africaines depuis 20 ans, explique de son côté les singes sont considérés de manière positive dans la culture japonaise. Et que puisque le singe est, dans cette culture, un être sacré, estimer qu'ils seraient offensant pourrait bien être considéré comme... offensant. La boucle est bouclée.

 

The Times

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