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Même chez les sympathisants LR, le maire de Bordeaux est préféré à l’ancien président de la République. Sa récente mise en examen risque également de le fragiliser, y compris dans son propre camp.
Même chez les sympathisants LR, le maire de Bordeaux est préféré à l’ancien président de la République. Sa récente mise en examen risque également de le fragiliser, y compris dans son propre camp.
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Primaire à droite : jeunes, retraités, ouvriers… qui vote pour qui ? Le poids électoral des candidats

Au lendemain de l'officialisation de la candidature de Bruno Le Maire, ils sont donc 9 (voire 10 avec NKM ?) à avoir pris position dans les starting blocks de la primaire LR. Si les différences électorales sont par essence plus minimes que pour une élection présidentielle, certains particularismes pourraient avoir un réel poids dans le vote final.

Christelle Craplet

Christelle Craplet

Christelle Craplet est directrice de clientèle chez l'institut de sondage BVA Opinion.

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Liste des candidats déclarés à la primaire LR : Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, François Fillon, Jean-François Copé, Nadine Morano, Frédéric Lefebvre, Jean-Frédéric Poisson (PCD) et Hervé Mariton - Nathalie Kosciusko Morizet (pressentie mais non officialisée).

Atlantico : A l'approche de la primaire LR, peut-on dire que chacun des candidats a réussi à se démarquer de par la base sociologique de son électorat ou peut-on parler de candidatures qui se recoupent ?

Christelle Craplet : Il faut tout d’abord rappeler que l'on se place dans la perspective d’une primaire à droite, ce sont donc essentiellement des sympathisants de droite qui vont voter. Structurellement, ces derniers se distinguent par un certain nombre de caractéristiques, notamment une surreprésentation des personnes âgées. Par conséquent, quand on veut faire une analyse candidat par candidat, les différences sont moins sensibles que sur d'autres types d'élection.

Ainsi, qu’il s’agisse d’Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Bruno Le Maire, tous ont une meilleure image auprès des personnes âgées de 65 ans et plus. Mais ces dernières apprécient tout particulièrement Alain Juppé et Bruno Le Maire. Ces deux hommes politiques capitalisent donc davantage auprès de cette population.

La différence principale en termes de profil socio-démographique se situe entre Nicolas Sarkozy et les autres. Le patron des Républicains est en effet moins clivant. S’il est plus apprécié des plus âgés, c’est de manière moins nette que pour les autres candidats. En termes de catégories sociales, le clivage est aussi moins important du côté de Nicolas Sarkozy. Alors qu’on observe chez Alain Juppé, Bruno Le Maire et dans une moindre mesure François Fillon de nettes différences sur ce critère (ces personnalités sont nettement plus appréciées des couches aisées de la population que des catégories populaires), l’écart est beaucoup plus réduit pour Nicolas Sarkozy. Il s'agit d'une spécificité de l'ancien chef de l'Etat, qui semble un peu plus parler aux catégories populaires. Cela dit, il est de manière générale sérieusement concurrencé par le Front national auprès de cette population.     

Si l'on prend les 2 candidats principaux à la primaire républicaine (Juppé et Sarkozy), quelles sont les différences majeures dans la composition sociologique de leur électorat ? Quelles sont les évolutions dans leur électorat respectif ?

BVA a produit deux enquêtes sur le sujet, la première date de novembre dernier et détaille les intentions de vote pour ces primaires tandis que la seconde interroge les Français sur la personnalité qu’ils préfèreraient voir représenter les Républicains dans la perspective de la primaire.

Dans l’enquête de novembre, on remarquait que Nicolas Sarkozy obtenait ses meilleurs scores auprès des employés et des ouvriers. Il recueillait également de meilleurs scores chez les personnes vivant en milieu rural. Alain Juppé apparaît peut-être pour certaines personnes vivant dans des zones rurales comme le représentant d’une grande ville. Il obtenait en revanche de bons résultats auprès des personnes résidant dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes.

Mais la grosse différence entre les deux favoris des sondages est avant tout politique. Alain Juppé a beaucoup plus d'assise auprès des sympathisants centristes, proches de l'UDI ou du Modem tandis que Nicolas Sarkozy marque davantage de points auprès des sympathisants des Républicains. Mais les lignes sont un peu en train de bouger. Auprès des sympathisants LR, l'ancien Président de la République commence à être sérieusement concurrencé par Alain Juppé.

Ainsi, notre dernière enquête réalisée il y a quelques jours montre que même chez les sympathisants LR, le maire de Bordeaux est préféré à l’ancien président de la République. Sa récente mise en examen risque également de le fragiliser, y compris dans son propre camp.

Quels sont les profils particuliers des électeurs potentiels de François Fillon et de Bruno Le Maire, les deux outsiders ?

En termes d’image, Bruno Le Maire a des points communs avec Alain Juppé. Il est ainsi davantage apprécié des personnes âgées et des catégories sociales aisées. Notons également qu’il est un peu plus populaire auprès des hommes que des femmes.

François Fillon a également une meilleure image auprès des catégories sociales privilégiées, mais c’est un peu moins prononcé que Bruno Le Maire. Ainsi, les intentions de vote que nous avons réalisées en novembre dernier montraient que les catégories sociales aisées avaient tendance à lui préférer Bruno Le Maire.

Que dire des particularités de l'électorat de NKM, Nadine Morano ou encore Xavier Bertrand et Jean-François Copé ?

Nadine Morano ne bénéficie pas d’une très bonne image dans l’opinion. Dans notre enquête de février, elle ne recueille que 21% d’opinions positives. Son image est un peu meilleure auprès des hommes, des personnes vivant en Province et de celles n’ayant pas de diplôme. Elle recueille davantage de bonnes opinions chez des personnes se disant proches des Républicains mais ces derniers ne sont qu’une minorité à lui manifester leur sympathie (39%).

Nathalie Kosciusko Morizet a quant à elle une meilleure image globale auprès de l’ensemble des Français (39%). Elle est appréciée d’une majorité de sympathisants LR mais marque surtout des points auprès des sympathisants Modem ou centristes. Notons toutefois qu’auprès de ces derniers, elle est sérieusement concurrencée par Bruno Le Maire ou François Fillon.

Dans l’esprit des Français, la primaire est pour le moment largement dominée par deux candidats – Alain Juppé et Nicolas Sarkozy – et deux challengers de poids – Bruno Le Maire et François Fillon. Les autres candidats, comme Nadine Morano, Hervé Mariton ou Frédéric Lefebvre, peinent à émerger. Ils sont cités par moins d’1% des interviewés dans notre récente enquête sur la personnalité préférée pour représenter les Républicains à l’élection présidentielle, y compris chez les sympathisants de droite.

Quels paramètres liés au corps électoral peuvent avoir un impact clé quant aux résultats des primaires LR ?

Le profil des personnes qui iront voter est un élément déterminant de ces primaires. Si l’ensemble des sympathisants de droite, notamment du centre-droit se déplacent, cela pourrait profiter à Alain Juppé. En revanche, si ce sont surtout les sympathisants des Républicains qui vont voter, Nicolas Sarkozy peut en tirer profit dans la mesure où il bénéficie d’un soutien plus important auprès de cette population. Le taux de participation ainsi que le profil des votants sera donc l’une des clés essentielles de ce scrutin.

Par rapport aux précédents scrutins, faut-il mieux rassembler large et "mollement" ou de façon plus dure et plus resserrée ?

Etre très clivant et ne s'adresser qu'à une seule partie du corps électoral est souvent risqué. De fait, vous n'êtes pas sûr de les mobiliser au final et vous risquez surtout de braquer les autres. Etre conscient de ses atouts auprès d'une certaine catégorie de personnes n'est pas inutile bien entendu mais il vaut mieux se montrer rassembleur.

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