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Le service de musique en ligne Google Music Beta.
Le service de musique en ligne Google Music Beta.
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La minute "Tech"

Les géants du web se ruent sur la musique

Facebook et Spotify seraient sur le point de conclure un partenariat pour lancer un service de musique en ligne et en streaming, selon le magazine Forbes. Le réseau social américain rejoindrait ainsi les géants Amazon, Google et Apple dans la nouvelle bataille des services de diffusion musicale. Une concurrence qui pourrait faire baisser les prix de la musique en ligne et enrayer le fléau du piratage.

Nathalie Joannes

Nathalie Joannes

Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des logiciels, sites ;  élaboration de projets pédagogiques. Passionnée par la veille, les réseaux sociaux, les usages du web.

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C’est une véritable ruée (rush). Après  Amazon et Google et leurs services de stockage et de partage de musique qui se différencient de l’univers iTune mais qu’Apple serait sur le point d’imiter, Facebook s’apprête à lancer un service de diffusion musicale.

La musique en ligne va être accessible par quatre chemins.

Le chemin du téléchargement payant. Le plus grand distributeur de musique au monde, iTune d’Apple, vend des contenus audio qui ne s’écoutent que sur ses appareils: iPod, iPhone, iPad. Pour disposer d’un système plus ouvert à d’autres supports, il faut acheter  sur Rhapsody, Slacker et Pandora étant inaccessibles en France.

Des casiers dans les nuages

Le chemin du stockage-partage. Amazon a inventé  en mars dernier un nouveau modèle : les « casiers à musique »  (music  lockers ) logés dans l’informatique dans les nuages (cloud computing). Je vous avais prévenu, dès le 27 févrierdernier, que le cloud computing serait une des tendances fortes de cette année sur les réseaux.  D’ailleurs, le système Amazon s’appelle Cloud player. Quant aux « casiers » (lockers), ce sont des espaces de 5 à 100 gigas qui sont aménagés dans des serveurs distants. D’où le nom du modèle de distribution de musique : casiers dans les nuages.

Avec ses applications gratuites, dont une suite bureautique, Google est déjà un acteur du cloud computing. Rien d’étonnant, donc, à le voir s’avancer sur le marché de la musique en ligne. Première différence avec l’univers iTune : il faut faire « monter » ses morceaux de musique vers les nuages, c'est-à-dire dans les serveurs.  Ça n’a l’air de rien mais çà peut prendre pas mal de temps et devenir assez vite dissuasif.

Google veut inventorier les disques durs

Les initiés, comme Walt Mossberg du Wall Street Journal, croient savoir que Google va mettre au point un système qui évitera la corvée du chargement vers les casiers dans les nuages.  Il s’agirait de demander aux mélomanes l’autorisation de chercher dans leurs ordinateurs les morceaux de musique qu’ils possèdent déjà et de les aspirer dans les espaces privés loués sur les serveurs de Google. Ainsi  déménagées, les discothèques personnelles pourraient être complétées par des achats en ligne.

Deuxième différence avec l’univers itune, incitative cette fois, une fois chargés (uploaded), les chefs d’œuvre peuvent s’écouter sur un ordinateur, sur un téléphone mobile, une tablette électronique ou  n’importe quel lecteur MP3. Enfin, et là c’est encore la grande inconnue, l’internaute pourra acheter des chansons mais on ne sait pas encore à partir de quel type de tarification. Google est en train de négocier des accords commerciaux avec les quatre géants, plutôt réticents, de  l’industrie musicale. A titre indicatif, Amazon fait payer un dollar par an et par giga.

Mais Apple essaie en ce moment même de « griller » tout le monde, surtout Google, en négociant des accords pour un futur service de stockage-partage avec des compagnies discographiques qui sont déjà ses partenaires dans l’écosystème Itune.

Le chemin du streaming. Les mélomanes peuvent réjouir leurs  trompes  d’Eustache, sans uploads ni stockages en allant sur des sites de diffusion en continu (streaming) comme Deezer, pour se faire une idée avant d’acheter et en profitant du système de recommandation.

L’autre site à la mode,  Spotify, était « courtisé » par Google mais c’est probablement Facebook qui va mettre en ligne dans quelques jours un partenariat avec Spotify pour la diffusion de ses millions de titres que les « amis » pourront écouter ensemble.

Le chemin du piratage. Certains peuvent être encore tentés de télécharger de façon illégale des albums repérés sur Deezer ou Spotify.  En cinq minutes, ils obtiennent le CD de leur choix et ils trouvent désormais le web des logiciels qui effacent les  traces des  opérations traquées par Hadopi. D’autres logiciels convertissent  les fichiers MP3 au format WAV qui est  lu par les installations hi-fi traditionnelles. Mais, évidemment, ce qui a été enlevé à la musique originale par la compression du MP3 est définitivement perdu. Or l’algorithme de compression du MP3 divise par 16 un fichier en WAV.  Ce format, élaboré en 1979 par Philips et Sony, a déjà  éliminé certaines fréquences. L’énorme amputation que le MP3 fait subir à la texture musicale n’a pas beaucoup d’importance pour la musique préférée, généralement rudimentaire dès le départ, des téléchargements illégaux. Par contre,  il n’y a aucun intérêt à « pirater » une symphonie de Malher  où un concert de Bill Evans enregistré par les ingénieurs de Radio France  en 1979 - chef d’œuvre de prise de son - si l’on est bien équipé en matériel audio. 

D’autre part et surtout, le coût de la musique en ligne sur Fnac.com, ou Virgin, a baissé. Les nuages d’Amazon et de Google vont accroître la concurrence avec  iTune.  Dans la balance, la légalité, et la tranquillité qui va avec, vont peut-être équilibrer le goût de la transgression traquée par Hadopi. 

Pour en savoir plus :

Amazon Cloud Player

Google Music Beta

Rhapsody

Deezer

Spotify



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