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La plupart des hebdomadaires reviennent cette semaine sur l'élection d'Emmanuel Macron.
La plupart des hebdomadaires reviennent cette semaine sur l'élection d'Emmanuel Macron.
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Revue de presse des hebdos

Macron 2 intrigue les hebdos (et Le Point s’inquiète de la disparition de Brigitte); Les couteaux socialistes sont sortis contre Olivier Faure; Marine Le Pen ne veut pas partir (sauf en vacances); La mortalité des nourrissons augmente en France

Et aussi : Chine : l’Etat autoritaire face à une société plus démocratique.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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« Emmanuel Macron, le président » un petit numéro de 100 pages pour Le Point, consacré au président réélu, avec quelques pages sur Marine Le Pen. Même omniprésence  dans l’Obs qui titre : « Macron II Ce qu’il doit changer ». Emmanuel Macron est aussi à la Une de l’Express : « La dernière chance ». Tandis que Marianne demande « Quel Macron a gagné ? » en parlant d’un président caméléon qui «a joué tous les personnages  » Attention, la lecture des hebdos cette semaine pourrait provoquer une Macron-indigestion...

Le complot contre Olivier Faure

Selon Le Point, samedi 16 avril, quelque 200 socialistes se sont réunis pour réfléchir au meilleur moyen de renverser Olivier Faure. À la manœuvre, l’ex-premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, la maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, et l’ancien patron de Libération, Laurent Joffrin. (…) La main tendue d’Olivier Faure à Jean-Luc Mélenchon pour trouver un accord aux législatives les chiffonne beaucoup. (…) Hélène Geoffroy devrait présenter une motion concurrente à celle du premier secrétaire lors du prochain congrès, qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Castaner et l’idée de Macron

D’après Le Point, Christophe Castaner est très réservé sur l’idée défendue par Emmanuel Macron d’un groupe unique réunissant tous les députés de la majorité à l’Assemblée nationale. L’ancien ministre de l’Intérieur défend le maintien du système actuel, où la majorité est composée de trois entités (LREM, MoDem, Agir), ce qui incite chacun à la discussion.

Edouard Philippe se prépare pour 2027

L’Obs semble croire en Edouard Philippe pour la prochaine présidentielle : « Pour lui aussi, une page se tourne. Pour lui aussi, c’est bel et bien un nouveau quinquennat qui s’annonce. Longtemps prisonnier de son devoir de fidélité à l’égard d’un président qui l’a sorti de son relatif anonymat en le nommant à la surprise générale à Matignon il y a tout juste cinq ans, l’ex-Premier ministre entend bien jouer sa propre partition. Après tout, et c’est à peine s’il en fait mystère, 2027 n’est « que » dans cinq ans… (…) « Hier il a été loyal, demain il sera libre, affirme l’un de ses lieutenants. Car son enjeu principal, désormais, ce n’est ni plus ni moins que la succession d’Emmanuel Macron. » « A l’instant, c’est lui le successeur naturel, avance ce ministre qui n’a pourtant rien d’un philippiste convaincu. C’est le seul dans la majorité qui a l’envergure politique et intellectuelle pour lui succéder. » Mais l’intéressé ne l’ignore pas, la route sera longue, très longue. Et avant de s’attaquer à cet Everest élyséen, Edouard l’affranchi va devoir commencer par éviter les chausse-trapes et déjouer les pièges qui vont, dès demain, lui barrer le chemin.

Macron II

Marianne constate : « Le voilà donc installé à l’Élysée pour cinq ans de plus. Un exploit sous la Ve République. « Élu à 39 ans. Réélu à 44. Premier élu et réélu sans cohabitation. Il n’y a plus de comparaison à faire. C’est un moment historique Macron. Et cela restera comme tel », glisse l’un de ses proches, dithyrambique, oubliant un peu vite les deux blocs de quelque 13 millions de personnes avec qui il devra aussi composer: les électeurs de Marine Le Pen d’un côté, les abstentionnistes de l’autre. Sans compter que, si l’on s’en tient aux exemples de second mandat que nous connaissons – Charles de Gaulle en 1965, François Mitterrand en 1988 ou Jacques Chirac en 2002 –, les augures ne sont guère encourageants pour ce Macron 2, réélu avec 58,54 % des voix. Dimanche soir, alors qu’il venait célébrer sa victoire au Champ-de-Mars, le chef de l’État, très peu loquace, a promis simplement « une ère nouvelle », qui « ne sera pas la continuité du quinquennat qui s’achève ». Il a également reconnu – son hubris était visiblement de repos ce soir là – à quel point le vote utile dont il a bénéficié, destiné à barrer la route au Rassemblement national, l’oblige. Mais il n’a donné aucune indication précise sur l’« ère nouvelle » qu’il prétend ouvrir. »

Pour Le Point, « Ce deuxième quinquennat a valeur de test pour le président. De plus en plus sensible aux variations de l’opinion, il devra montrer qu’il est toujours prêt à prendre des risques, à forcer son destin. Il a promis, comme tous ses prédécesseurs dans sa situation, que Macron II n’aurait rien à voir avec Macron I. Le « j’ai appris » a succédé au « j’ai changé » de Nicolas Sarkozy. » 

Pour l’Obs « Certes, Emmanuel Macron a réussi ce qu’aucun président n’avait fait avant lui : être réélu sans passer par la case cohabitation. Certes, il a défait l’extrême droite. Mais dans un pays fracturé comme jamais, il va devoir modifier profondément sa manière de gouverner. »

« Le président réélu n’a pas le choix : jamais l’extrême droite n’a été si proche du pouvoir. Jamais peut-être la défiance entre citoyens d’en bas et politiques d’en haut n’a été si abyssale. Le premier quinquennat a vu se multiplier les menaces et agressions contre les députés « marcheurs » dont les permanences étaient dégradées. Le climat n’est peut-être pas à l’insurrection, mais des poussées de violence agitent les quartiers, des groupuscules d’extrême droite paraissent remontés à bloc et l’extrême gauche conteste la légitimité du vainqueur. A nouveau, le président est au cœur du ressentiment. »

« La politique que je mènerai dans les prochaines années sera écologique ou ne sera pas », a en effet promis le candidat, annonçant que son Premier ministre en aurait la charge. C’est dire si l’électorat progressiste guettera la réalité du verdissement de Macron II. « Le prochain Premier ministre aura le pouvoir d’arbitrage budgétaire, ce ne sera plus à Bercy », certifie un écolo proche du président, persuadé que la donne peut changer à condition de nommer des personnes vraiment convaincues. »

Il promet un Premier ministre chargé de la “planification écologique” et le doublement du rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Macron réussira-t-il sa mue? Le doute est permis estime l’Obs.

Macron vu par Raffarin

Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui a soutenu le président sortant avant le premier tour, estime que ne pas pouvoir être réélu est une chance. : « La perspective de la victoire de l'extrémisme en France est non seulement possible, mais elle est probable demain, elle est inscrite dans la dérive de ces dernières années. L'état d'esprit d'Emmanuel Macron doit donc être d'empêcher cette fracture de notre histoire. C'est pourquoi il se retrouve face à un mandat de mission : éviter au pays la folie de la haine. »

« Cela suppose de construire un changement qui permette un retour de la politique dans notre débat quotidien. Quand la violence avance, c'est que la politique a reculé. Partout dans le monde, les frontières réapparaissent et notre modèle démocratique est au pied du mur, il faut le réformer pour en chasser la violence. Au fond, le message adressé à Emmanuel Macron et au système actuel, à l'aube de ce nouveau mandat, est celui-ci : la continuité, c'est l’échec." 

Macron vu par Kamel Daoud (Le Point) et Serge Raffy (L’Obs)

Le romancier et essayiste Kamel Daoud s’interroge dans Le Point : « Emmanuel Macron est-il français ? La question n’est pas totalement extravagante : l’homme, tel qu’il se présente en actes, est presque à placer à l’opposé de l’image stéréotypée que l’on se fait du Français moyen : à moitié self-made-man, libéral, même s’il se défend de cette exclusivité, se refusant à l’assistanat exagéré, même s’il en use, et promoteur d’une vision de conquête par le mérite et sans aide, amoureux de l’apparence et sans complexe sur la réussite. On a beau vouloir éviter les raccourcis abusifs, Macron est si peu français comparé à l’image que l’on se fait du Français hors de ce pays, »

Dans l’Obs, Serge Raffy estime que Macron ne fait plus rêver : « Macron II reprend du service au chevet d’une France qu’il a su protéger au mieux durant la pandémie, avec un « quoi qu’il en coûte » salvateur pour de nombreux salariés et chefs d’entreprise. Mais quand près de deux électeurs sur trois votent pour des candidats populistes, le danger n’est plus une fable pour effrayer les enfants. « C’est le quinquennat de tous les périls, résume Daniel Cohn-Bendit. Pour de nombreux jeunes, Macron ne représente pas du tout le nouveau monde, au contraire. C’est un élément dont il va devoir tenir compte. Mettre le paquet sur l’écologie, bien sûr. Et aussi donner un sacré coup de plumeau sur nos institutions en introduisant enfin une dose de proportionnelle aux législatives. »

Brigitte a disparu

Le Point constate qu’on ne l’a pas vue pendant la campagne électorale : Brigitte Macron. « Quel contraste avec la conquête de 2017, où elle avait tant pris la lumière, sciemment mise en scène sur les conseils des communicants et amis du couple, au premier rang desquels la « papesse du people » Mimi Marchand ! « Il y a cinq ans, ça servait à quelque chose car les Français ne connaissaient pas Emmanuel. Il fallait donner de la chair à ce personnage, installer ce couple original pour que ça ne lui porte pas préjudice. Là, c’est intégré », analyse un fidèle. Cette fois, nulle couverture de Paris Match, nulle confidence savamment distillée, nulle interview hors de son programme de First Lady. »

Mails elle a quand même fait un retour muet aux côtés de son mari dimanche soir, au Champ de Mars, quand leur duo est apparu entouré d’enfants, en marchant vers le podium où le président réélu a fait un discours presque modeste.

Le lepénisme façon Marine

Le Point a interrogé le politologue Jérôme Sainte-Marie sur Marine Le Pen : « Marine Le Pen a réussi à désenclaver son image personnelle. Elle a rejoint le petit groupe des personnalités les plus appréciées des Français dans les baromètres d’opinion. Elle bénéficie d’une image d’écoute, de proximité, de sincérité et surtout de courage, qui sont des qualités très appréciées, notamment chez les plus modestes. Plus que jamais, elle s’est affirmée comme la représentante de ces catégories populaires qui se sont mobilisées durant la crise des Gilets jaunes. »

« Marine Le Pen n’apparaît plus comme une candidate enclavée, mono-message, elle se projette dans la peau d’une responsable politique pouvant assumer des fonctions dirigeantes. Sous une forme ou sous une autre, le lepénisme façon Marine est durablement installé au cœur de la vie politique française ». 

«  La présence de Marine Le Pen au second tour n’a pas suscité de mobilisation dans les rues, ou si peu. La diabolisation est surjouée dans l’espace public par le sommet, mais ne trouve guère de résonance à la base. »

L’Obs constate : « Au lendemain d’une nouvelle défaite, le Rassemblement national est suspendu à l’avenir d’une candidate imparfaite mais à la popularité inégalée ».

Marine Le Pen : législatives puis longues vacances

Selon l’Express : « En amenant son parti à un score comparable à ceux de la droite et de la gauche en leur temps, Marine Le Pen a prouvé qu'elle pouvait encore progresser sur la route de l'Elysée. L'urgence sera de ne pas dilapider ce capital aux élections législatives, prévues à la mi-juin 2022. L'entourage de la candidate est divisé, entre ceux qui refusent toute perspective d'accords partisans, et les autres, comme Patrick Buisson, qui la pressent d'accepter un accord avec Eric Zemmour et quelques LR lepéno-compatibles. »

Cet été, comme chaque été, la quinquagénaire prendra de longues vacances, sans doute en Bretagne. Sa villa de Millas, près de Perpignan, a été vendue après sa rupture avec son ex-compagnon Louis Aliot, qui aimait l'amener en Espagne. (…)

Macron et l’explosive réforme des retraites

L’Express revient sur ce sujet brulant : « Avec les retraites, il y a de quoi faire sauter plusieurs gouvernements." Cette confidence n'est pas celle d'un conseiller d'Emmanuel Macron, au soir de sa réélection hier soir. Elle date de... 1991 et sort de la bouche de Michel Rocard. Lorsqu'il la prononce, le héraut de la sociale démocratie à la française est sur le point de remettre à François Mitterrand son livre blanc sur l'avenir du système français de retraite par répartition. Il a planché pendant des mois et l'équation est simple : si les Français ne travaillent pas plus longtemps, le système est promis à la faillite ; les retraités à la pauvreté. Le totem de la retraite à 60 ans, promesse de campagne du leader socialiste mise en oeuvre le 1er avril 1983, se révèle intenable financièrement compte tenu du vieillissement de la population. » 

La hausse de la mortalité des nourrissons en France

 Le Point souligne que «1 200 décès de nourrissons pourraient être évités chaque année en France, si notre pays affichait un taux de mortalité infantile comparable à celui de la Suède ou de la Finlande», alerte le Pr Martin Chalumeau, pédiatre à l’hôpital Necker, à Paris, et coauteur d’une étude aux conclusions sévères publiée dans la revue The Lancet.

Etranger

L’Allemagne russophile

L’Obs s’intéresse à l’Allemagne face à la Russie : « Pour soutenir Kiev, Berlin voulait rompre avec sa sacro-sainte neutralité diplomatique. Mais les concrétisations se font attendre. Pas facile d’enterrer vingt années de liens commerciaux et de complaisance vis-à-vis de la Russie Contre la haine et le harcèlement », « La diversité d’opinion plutôt que la propagande »… Ce sont d’immenses bandeaux noirs aux inscriptions blanches. Ils flottent au milieu des drapeaux blanc-bleu-rouge de la Fédération de Russie, certains ornés de l’aigle bicéphale, blason de l’Empire des tsars. Ces derniers week-ends, les avenues allemandes se sont remplies de manifestants descendus protester contre la « russophobie » au rythme de « Kalinka », le chant traditionnel russe. A Francfort, capitale financière du pays, il y avait 600 personnes venues déposer des fleurs au cimetière en hommage aux soldats soviétiques morts durant la Seconde Guerre mondiale et, à Berlin, 400 voitures en file indienne, parties des quartiers de l’est de la capitale. Elles sont arrivées non loin de la gare centrale – où débarquent les réfugiés ukrainiens – et de la porte de Brandebourg − l’emblème de la ville, resté pendant toute la période du Mur dans un no man’s land gardé par des soldats de la République démocratique allemande (RDA). « Pour l’amour du ciel, comment avez-vous pu autoriser ce cortège de la honte en plein Berlin ? » s’est étranglé Andrij Melnyk, l’ambassadeur d’Ukraine. Son homologue russe, lui, s’est contenté d’applaudir : « Très bien. »

Chine : l’Etat autoritaire face à une société plus démocratique

Dans l’Express, un entretien avec le philosophe chinois Jiwei Ci, auteur du livre Democracy in China. The Coming Crisis ("Démocratie en Chine. La crise à venir") où il prenait à rebours les habituels discours sur la Chine et « y développait l'idée que la société chinoise était déjà devenue démocratique, du fait notamment de l'essor d'une classe moyenne de plus en plus égalitaire. Il avertissait que le Parti communiste chinois (PCC) allait faire face à une inévitable crise de légitimité, et que la démocratisation était, pour le parti au pouvoir depuis soixante-dix ans, le seul recours possible, surtout le jour où Xi Jinping cédera sa place. »

Mais Jiwei Ci craint : « que le musellement grandissant du sentiment démocratique en Chine renforce la tendance, en Occident, à caricaturer les Chinois ordinaires comme des soutiens volontaires de l'autoritarisme. 

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