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Information participative : le journalisme de demain ?
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Information participative : le journalisme de demain ?

Le journalisme participatif ou journalisme citoyen contribue à faire émerger un phénomène nouveau : l'intervention de non-professionnels dans la production et la diffusion de l'actualité.

Depuis plusieurs années, les médias et les écoles de journalisme suivent de près et soutiennent des expériences qui peuvent éclairer les nouvelles formes que prendra l'information de demain et ce que recherchent réellement les "citoyens-lecteurs". Récemment, les Assises du journalisme à Metz ont décerné des prix à de nouvelles expériences et sites qui font tous appel à la participation de différents contributeurs, dans la lignée du crowdsourcing (informations données par la foule) qui semble constituer la méthode la plus prometteuse de la création de l'information.

Enquête ouverte, qui a remporté le premier prix, est l'un de ces sites désormais presque classiques d'enquêtes participatives, mais les thèmes aujourd'hui se spécialisent. Passion, conviction et sujets "conso-concernant". Pour Tatiana Kalouguine, à l'origine de Enquête ouverte avec le collectif de journalistes Les Incorrigibles, la réponse est une "fabrique de l'info" pour défricher des sujets d'investigation "que les grands médias n'ont plus ni moyens ni le temps d'entreprendre". Inspiré par différentes expériences de crowdsourcing sur des sujets d’intérêt public aux Etats-Unis, le site a collecté des fonds et s'est consacré à un sujet politique et économique français, l'investissement locatif et ses conséquences souvent toxiques.

Tatiana Kalouguine raconte : "Après deux enquêtes publiées dans le print, la presse papier, le résultat est une grande frustra­tion. Je ne suis en réalité qu’au début d’une enquête avec des ramifications qui partent en tous sens : vers les banques, les notaires, les politiques. Et surtout, je me rends compte qu’au sein de ces nombreusesvictimes, il y a des gens ultra-motivés qui ont déjà effectué un boulot d’enquête de grande qualité. Ma boîte mail se remplit de documents envoyés spontanément par mes interviewés. Mes articles sont envoyés dans des mailing-list de copro­prié­taires. Bien après leur publication, alors que je suis déjà passée à autre chose, des inconnus con­tin­u­ent à me con­tac­ter pour m’informer de telle ou telle sit­u­a­tion que j’ignorais. Je suis impres­sion­née par la pro­fondeur de ce dossier. J’ai envie de m’y plonger corps et bien mais com­ment faire, économique­ment par­lant ?". La suite sera le site Enquete publique, qui espère produire d'autres enquêtes approfondies et réellement en phase avec les préoccupations, ou scandales ignorés, que les lecteurs concernés ou non souhaiteraient trouver. 

Toujours lors des Assises à Metz, d'autres prix ont été décerné à Enlarge your Paris un mag collaboratif du Grand Paris (Paris et banlieues) pour une nouvelle génération d'urbains qui mixe bonnes adresses, culture, enfants, week-end, mais ne veut plus vivre leur Grand Paris en moutons. Leur "qui sommes-nous" est franc et lapidaire : "Des gens comme vous, intra et extra-murossiens, qui ne supportons plus d'être entassés aux mêmes endroits dans Paris".

Egalement primé, Les Voix-zines, un webzine militant de femmes de banlieue lié à un collectif d'associations de femmes. "Nous : ce sont les femmes de Cergy, de Sarcelles, d’ailleurs et d’ici, de derrière le périph : cet autre pays... Suite à de nombreux reportages stigmatisant, autour des femmes résidentes en banlieue, nous avons choisi de créer ce journal. Il est né d’un projet intitulé 'Femmes, Médias, Banlieues' ayant pour objectif de découvrir le monde des médias et d’interroger le milieu des journalistes sur leurs représentations des femmes et de la banlieue. Nous avons réalisé les textes, les interviews, les photographies et mené les projets afin de vous présenter les rencontres et les expériences qui nous traversent".

Ailleurs, en particulier dans les pays anglo-saxons, une des démarches d'innovation est de créer des applications sur mobiles qui permettent d’assimiler les bases et règles codifiées d'un court reportage multimédias à créer, étape par étape (photos, textes, vidéos) depuis leur téléphone et de produire des stories cohérentes et pouvant être comprises, vérifiées, et diffusées. L'objectif est d'impliquer dans le processus d'élaboration de l'information le plus grand nombre de participants et témoins, depuis le plus commun des outils actuels, le téléphone, mais avec une attention particulière pour les personnes qui n'ont pas de contact ou de connaissance des pratiques journalistiques, ou qui sont dans des pays "sous-informés". Une coalition d'ONG pour l'information, en partenariat avec le quotidien The Guardian a par exemple créé une application, Storymaker. De son smartphone, le contributeur peut accéder à une cinquantaine de mini-leçons de construction et illustration de son récit, en suivant un parcours très guidé sur leur écran. Les mini-reportages sont téléchargés sur le site dédié Storymaker.cc.

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