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Stand Ford au salon de Genève.
Stand Ford au salon de Genève.
©Reuters

La minute "Tech"

Hanovre et Genève exposent des véhicules "intelligents"

Le CeBIT de Hanovre et le Salon de Genève ont dévoilé les contours de ce qui pourrait être l’automobile de demain : connectée, communicante et "intelligente".

Nathalie Joannes

Nathalie Joannes

Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des logiciels, sites ;  élaboration de projets pédagogiques. Passionnée par la veille, les réseaux sociaux, les usages du web.

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En dépit du caractère exagérément utopique de certaines démonstrations, les balbutiements de ces technologies avancées illustrent le fait que les constructeurs occidentaux et japonais sont condamnés à innover s’ils veulent préserver un avantage compétitif sur leurs concurrents des pays émergents.

Déformable ou en convoi

Au CeBIT 2012 de Hanovre, le Centre allemand de Recherche sur l’Intelligence Artificielle a donné à voir un engin expérimental, baptisé EO,  dont le châssis se déforme en fonction de la place dont il dispose en stationnement. Il pivote sur-lui-même grâce à quatre petites roues capables de braquer à 90°. Il assimile son environnement tout en communiquant avec les autres véhicules en mouvement.

Quand les capteurs détectent un emplacement un peu « juste » à priori, le logiciel qui gouverne l’objet roulant décide de réduire la largeur de l’habitacle en augmentant sa hauteur. Les « créneaux » en marche arrière les plus vicieux ne posent pas de problème puisque les roues qui étaient dans l’axe de la rue se positionnent perpendiculairement au bord du trottoir. Inversement, quand des malotrus se garent si près du véhicule qu’il ne devrait théoriquement plus pouvoir bouger pour s’extraire, les roues parallèles au bord du trottoir s’orientent dans l’axe du démarrage vers la rue à emprunter. Excellent pour la circulation en ville.

Les ruraux ne sont pas oubliés. A la campagne, les « EO » peuvent former des convois en s’accrochant les uns aux autres sur des distances convenues que balisent des « quais ». Chaque composant du train routier peut communiquer avec les autres afin de programmer le décrochage au prochain arrêt collectif. En mode autonome, l’appareil collecte et traite les informations provenant du trafic global, dont l’état des routes et le comportement d’autres véhicules.

Vitesse et divertissement

Au salon de Genève, Delphi Automotive a présenté un superbe objet roulant sculpté par un designer italien. L’engin n’a que trois places parce qu’â coté du conducteur, il y a les interfaces de la télévision, de l’internet mobile et du pilotage assisté par une intelligence artificielle. On aura compris que l’équipementier prend le risque de passer pour un apprenti sorcier puisque sa « F1 for 3 » (c’est le nom du bolide) parie sur la compatibilité entre le divertissement et la conduite à grande vitesse. Il est vrai que Delphi Automotive attend, en avril, une récompense mondiale pour son nouveau système électronique de détection du stress et de la fatigue au volant.

Pas de « mobilité avancée » sans infrastructures

A Genève encore, en marge de l’exposition des nouveaux modèles commercialisables, se tenait le Forum International de la Mobilité Avancée. La firme française Altran y a présenté une plateforme de conception de véhicules  « intelligents » connectés.

Cette plateforme suppose de nouveaux modèles d’aménagements urbains et routiers. Car il va de soi que les engins expérimentaux exhibés à Hanovre comme à Genève ne pourraient pas circuler sans danger dans les environnements actuels. Ces environnements sont inaptes aux voitures de l’avenir car dépourvus d’infrastructures capables de dialoguer avec des véhicules connectés et de veiller sur leurs conducteurs confrontés à l’intelligence artificielle. Or, de récentes tragédies survenues dans l’aviation civile suggèrent que plus le pilotage est automatisé, moins les pilotes apprennent à réagir correctement dans des situations délicates.

Ces voitures « intelligentes » sont des hypothèses très intéressantes pour l’optimisation de la mobilité individuelle. Mais, de même qu’aucun logiciel musical ne peut égaler la créativité de la chacone qui achève la partita N°2 pour violon seul de Bach, aucun système embarqué ne pourra remplacer le « sens de la route » et les réflexes humains qui lui sont naturellement associés.

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