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Alerte à la pénurie de sable : l’appel de l’ONU pour enrayer sa surconsommation dans le monde
©DAVID MCNEW / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

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Alerte à la pénurie de sable : l’appel de l’ONU pour enrayer sa surconsommation dans le monde

Le triplement de la demande de sable au cours des deux dernières décennies a un impact environnemental important, selon un rapport de l'ONU.

Eric Chaumillon

Eric Chaumillon

Eric Chaumillon est chercheur en géologie marine du littoral au LIENSs, le Laboratoire Littoral Environnement et Sociétés (Université de La Rochelle/CNRS). Il est coauteur avec Emmanuel Garnier et Thierry Sauzeau de l'ouvrahe Les Littoraux à l'heure du changement climatique (éditions Indes savantes, avril 2014).

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Atlantico : Alors que la demande mondiale de sable et de gravier s'élève à 40 à 50 milliards de tonnes par an, un nouveau rapport de l'ONU Environnement révèle que l'extraction d'agrégats dans les rivières a entraîné une pollution, des inondations, l'abaissement des aquifères et une aggravation de la sécheresse. D'où vient cette surconsommation de sable ? A quoi sert tout ce sable que nous consommons ?

Eric Chaumillon : En préambule je rappellerai qu’il n’existe pas de chiffres sur la consommation globale de sable et granulats dans le monde.

Par contre il y a des chiffres sur le ciment et on estime que pour 1 tonne de ciment produite, il y a 10 tonnes de granulats consommées. Ainsi, on estime la consommation de granulats (incluant le sable, les graviers, les roches concassées) à 40 milliards de t par an. C’est colossal, car c’est le double des sédiments transportés vers les mers par l’ensemble des fleuves du monde.

Ainsi la consommation de sable par l’homme est supérieure à la capacité de renouvellement par les processus naturels.

Plus de la moitié du ciment est produit par la Chine qui consomme plus de 20 milliards de tonnes de granulats par an.

C’est la construction qui est le plus grand consommateur de granulats : plus de la moitié des granulats dans le monde.

Qu'est-ce que cela signifie, en termes de prise de conscience et éventuellement de mesures à prendre, pour le secteur du bâtiment dans le futur ? Faut-il sortir du tout béton et si oui, comment ?

Une alerte est donc lancée fasse à cette surconsommation (la ressource sable peut être considérée comme non renouvelable à l’échelle humaine). Concernant le bâtiment, 3 types de mesures peuvent être envisagées :

Existe-t-il des pistes de recherche ou bien des alternatives déjà utilisées pour consommer des matériaux durables destinés à remplacer le sable ?

Oui il existe beaucoup de recherches pour sortir de notre addiction au béton et aux granulats.

Il existe des alternatives au béton traditionnel : le béton cellulaire, le béton géopolymère qui sont plus efficaces et moins impactant sur l’environnement. En particulier le béton géopolymère produit moins de CO2.

On peut également substituer les granulats naturels par :

-       Des matériaux de recyclage des constructions
-       Cendres issues des incinérations de déchets
-       Déchets de fonderie
-       Scories d’aciéries
-       Sciures
-       Fibres de noix de coco

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