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Le pouvoir d'un tweet : 
chronique d'une mort annoncée
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Pouvoir du tweet

Le pouvoir d'un tweet : chronique d'une mort annoncée

Comment le message de Keith Urbahn annonçant la mort du terroriste s'est-il répandu comme une traînée de poudre et comment a t-il convaincu les utilisateurs de Twitter.

C'est sans doute le tweet le plus célèbre de l'histoire.

Keith Urbahn, chef de cabinet de Donald Rumsfeld (ancien ministre de la Défense de George W. Bush), est le premier Twittos à avoir convaincu les utilisateurs du site de microblogging de la mort de Ben Laden, une heure avant l'annonce officielle de Barack Obama. Alors que bruissaient les plus folles rumeurs sur les raisons de cette allocution, son message a affolé les médias américains, et les couloirs de la Maison Blanche. Les conseillers du président ont ainsi dû confirmer l'information aux journaux, télévisions et site internet avant la déclaration officielle. Obama a lui-même du retoucher son discours à cause de ce tweet.

Ce n'était cependant pas la première fois que la mort de Ben Laden était annoncée sur Twitter. Dès lors, comment expliquer que ce message précis ait eu une telle audience, une telle influence sur l'ensemble du réseau, et bien au delà ? Comment comprendre que ces deux lignes de texte aient suscité autant de retweets, de commentaires et de discussions ?

Le site Social Flow a étudié une quinzaine de millions de tweets pour tenter d'analyser le pouvoir de ce celui-ci, d'autant plus surprenant que la pratique de Keith Urbahn et la nature de son réseau social ne pouvaient présager d'une telle influence. Ce twittos n'avait en effet "que" 1 000 followers avant ce message ; il en a aujourd'hui 7 500.

Tous les ingrédients étaient réunis pour générer une telle confiance chez les followers de Keith Urbahn, chez les followers de ses followers... etc. Si d'autres utilisateurs de Twitter évoquaient déjà la mort de Ben Laden (ou l'invasion de la Libye) comme cause de l'intervention d'Obama avant ce fameux tweet, le message de Keith Urbahn était rédigée avec suffisamment d'autorité pour convaincre. "Une personne de confiance m'a dit qu'ils avaient tué Ben Laden".

En 60 secondes, 80 personnes y avaient réagi, elles étaient 300 au bout de la deuxième minute. Les mentions de Ben Laden explosaient par rapport à celles de Kadhafi au même moment, comme le montre le graphique ci-dessous.

Ensuite, des utilisateurs à forte audience (plus de 50 000 followers) se sont chargés de répandre la nouvelle aux quatre coins du réseau, comme l'indique cette représentation visuelle.

Le blog Social Flow conclut : "L'autorité, la confiance et la force de persuasion jouent un rôle essentiel quand il s'agit d'influencer les autres, ce ne sont que quelques éléments d'un ensemble complexe de dynamiques qui affecte notre perception d'une personne, d'un objet ou d'une information. Le réseau est un autre facteur important, comme le timing et un peu de chance".

Force est de constater que le tweet de Keith Urbahn s'est trouvé dans une configuration idéale. Son information était capitale, elle a été émise depuis une source considérée comme fiable, a trouvé un maximum d'écho grâce à un réseau social et professionnel de qualité, un timing parfait et peut-être, oui, un peu de chance...

C. Mal

Lu sur Social Flow

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