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Nouvelle Guerre froide 
au Moyen-Orient
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Révolutions arabes

Nouvelle Guerre froide au Moyen-Orient

Conséquence des révoltes arabes, les deux géants de la région - l'Iran et l'Arabie Saoudite - se livrent une "Guerre froide" par alliés et ennemis interposés.

Depuis 3 mois, le monde arabe est le théâtre de manifestations et de protestations. Surnommée « Printemps arabe » en référence au « Printemps de Prague » de 1968, cette série de révolutions n’a pourtant pas encore abouti à l’installation de la démocratie mais au contraire à l’affrontement des deux grands géants géopolitiques de la région : l’Iran et l’Arabie saoudite.

Cette nouvelle Guerre froide du Moyen-Orient se caractérise par des campagnes d’espionnage, de contre espionnage et de désinformation où la guerre informatique rivalise avec les attaques rhétoriques des dirigeants de la région. Pour un haut fonctionnaire saoudien, « la guerre froide est une réalité ». Et d'ajouter : « L’Iran cherche à étendre son influence. Face à l’instabilité de ces derniers mois, nous n’avons pas le luxe de rester assis à regarder les évènements se dérouler ».

Le 14 mars,  les Saoudiens envoyaient leurs militaires chez leur voisin et allié, le Bahreïn, pour contrer les manifestations en cours dans le pays. En réaction, un parlementaire iranien exhortait Téhéran à mettre en état d’alerte son armée face à l’incursion saoudienne. Résultats : la tension entre les États-Unis et ses alliés arabes se renforce, le prix du pétrole monte en flèche et le soutien de la Maison-Blanche aux mouvements démocratiques s‘affaiblit. 

Au milieu de cette crise, le Bahreïn et le Yémen comptent parmi les premières victimes

Si les tensions s’aggravent, certains craignent de possibles affrontements militaires dans le Golfe, principale région pétrolière au monde, voire une déstabilisation de l’Irak et une course à l’arme nucléaire.

Si l’Arabie Saoudite peut toujours compter sur le parapluie nucléaire américain pour se protéger de l’ennemi chiite iranien (qui n‘a pas renoncé à l‘acquisition de la bombe), certaines voix du Royaume ont déjà évoqué la possibilité de développer leur propre armement atomique. Il faut dire que l’opposition entre l’Iran chiite et l’Arabie Saoudite sunnite ne date pas d’aujourd’hui. A la guerre religieuse de toujours s’est progressivement ajoutée une lutte pour les ressources dans la région.

Pour l’Arabie Saoudite, le désordre à ses frontières est attisé par le pouvoir iranien et sa politique d’ingérence notamment au Yémen ou en Irak. Une influence que les Saoudiens ne veulent pas voir se diffuser au Bahreïn voisin.

Enfin, face aux menaces extérieures, Ryad et Téhéran ne semblent pas prêts à plus de démocratie, selon plusieurs analystes et diplomates. Les protestations y sont d’ailleurs systématiquement réprimées.

Depuis le 14 mars, la Guerre froide a connu une escalade de tensions après l’expulsion par le Koweït de diplomates à la solde de Téhéran accusés d’espionner certains intérêts américains dans le pays. De son côté, l’Arabie saoudite poursuit sa collaboration militaire avec les États-Unis et ce malgré les tensions récentes concernant Égypte et le départ forcé de Moubarak.

Récemment,  le secrétaire à la Défense américain, Robert Gates, affirmait détenir les « preuves » d’une ingérence de l’Iran au Bahreïn. Une ingérence qui a donc conduit le Royaume à poursuivre et intensifier sa politique d’endiguement à ses frontières comme chez ses voisins.

Lu dans le Wall Street Journal

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