Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Société
©Loic VENANCE / AFP

Fatigue au travail

Voilà pourquoi nous diagnostiquons très mal les burn-outs

Après un an de pandémie, avec l'augmentation du nombre de burn-out, la bonne détection de l'épuisement professionel est devenu vital.

François Baumann

François Baumann

François Baumann est médecin généraliste, fondateur de la Société de Formation Thérapeutique du médecin Généraliste (SFTG). Intéressé par toutes les dimensions des Sciences Humaines et Sociales qui participent à une meilleure santé des hommes, il a publié de nombreux ouvrages sur ces thèmes. Il est également enseignant à l'Université Paris V et membre du comité Scientifique International de l'UNESCO (département de Bioéthique).

Il est auteur de Burn Out : quand le travail rend malade, L'après burn-out et Le Bore-out, quand l'ennui au travail rend malade aux éditions Josette Lyon. 

Voir la bio »

Atlantico : Comment différencier le burn out d'un autre type de fatigue ?

François Baumann : C'est une question clé sur laquelle on se penche depuis longtemps. La Haute autorité de santé a même reconnu l'efficacité de l'identification précise de cette pathologie. Le burn out n'est pas une fatigue comme les autres. Il s'agit d'un syndrome qui comprend trois symptômes principaux : un sentiment de fatigue profonde (épuisement émotionnel), une déshumanisation de la relation à l'autre (on ne s'intéresse plus à autrui), et enfin ce qu’on appelle une diminution de l'accomplissement personnel (on se désinvestit de ce qu'on fait, on ressent comme une impossibilité à agir).

 

Le fait de pratiquer un métier « passion » dispense-t-il de faire un burn out ?

À Lire Aussi

Après avoir massivement accepté le télétravail, les Français commencent à en ressentir les perversions...

C'est délicat d'affirmer ce genre de chose. Les gens qui ont une vocation développent un investissement au travail qui peut parfois être dangereux en provoquant un excès. Au bout de 50 heures de travail par semaine, on commence à décrire les symptômes du burn out. C'était du moins comme ça qu'on le définissait avant. La crise sanitaire est venue bousculer tout ça dans le sens où il y a d'autres façons de travailler maintenant qui ont aussi leur potentiel pathogène. 

 

A force de l’entendre et de l’utiliser, le mot burn out n’a-t-il pas été galvaudé ?

Le burn out est employé à tort et à travers : burn out familial, burn out scolaire... Il faut revenir aux sources de ce qu’il est pour bien le diagnostiquer. Toute fatigue n'est pas un burn out. C’est bien plus que cela. Certes, ça fait plus joli et plus digne d'avoir fait un burn out qu'une fatigue émotionnelle due à un chagrin d'amour où que sais-je. On va plus vous « respecter » si vous avez fait un burn out car cela donne l'image de quelqu'un travailleur. Je pense qu’on fait un diagnostic par excès du burn out. Il n'y en a pas autant qu'on ne le dit. Il faut lutter contre cette banalisation du terme. 

 

Peut-on différencier le burn out de la fatigue d'un point de vue biologique ?

Des études américaines ont mesuré le cortisol, une hormone du stress, au niveau salivaire. Cela nécessite encore d'être vérifié mais le cortisol semble beaucoup plus bas chez les personnes souffrant de burn out. Paradoxalement, elles manquent d'hormone du stress. Ces tests ne sont pas disponibles en France. Ils pourraient permettre un diagnostic plus précis. En attendant, on continue à appeler burn out toute fatigue importante. Les médecins commencent à mieux le connaître mais pas encore suffisamment.  

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !