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Dans une tribune dans les colonnes de L'Obs, un chercheur met en cause notre « hétéronormalité de mâle blanc ».
Dans une tribune dans les colonnes de L'Obs, un chercheur met en cause notre « hétéronormalité de mâle blanc ».
©BERTRAND GUAY / AFP

Une grande découverte de L’Obs

Viols et agressions sexuelles : nous sommes tous coupables !

Nostra culpa, nostra magna culpa.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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L’article qui fait état de cette grande avancée pour la cause des femmes est signé Albin Wagener. C’est un chercheur. Il y a deux types de chercheurs : ceux qui cherchent pour découvrir quelque chose et ceux qui ne cherchent que ce qu’ils veulent trouver.

Et voilà ce qu’a trouvé Albin Wagener. Nous les hommes, tous les hommes, nous sommes une « masse taiseuse ». Nous ne relayons pas les messages de détresse de #MeToo. Nous détournons notre regard en sifflotant comme quand on vient « d’uriner contre un arbre ». Admirons au passage l’élégance de sa pensée.

Ce chercheur met en cause notre « hétéronormalité de mâle blanc ». On comprend qu’il a une prédilection pour l’homonormalité d’un homme noir et gay. Ces derniers en effet ne peuvent faire aucun mal à une femme…

Albin Wagener reconnait avec panache qu’il est coupable lui aussi puisqu’il se définit comme « un homme blanc qui a hérité de l’hétéronormalité patriarcale ». Un acte courageux de contrition qui lui vaudra absolution.

Il poursuit en dénonçant le hashtag « Notallmen » car, à le suivre, nous sommes coupables. D’après lui, nous ne sommes pas tous des violeurs, nous sommes susceptibles de le devenir. Et pour les plus obsédés sexuels d’entre nous, nous aspirons à l’être. D’ailleurs le viol, selon sa théorie, peut commencer par un « regard insistant ». Si vous croisez une jolie fille dans la rue, merci de baisser les yeux. Pour les moches aussi !

La domination patriarcale d’après ce curieux chercheur commence dès l’enfance. Il se souvient que, petit garçon, il soulevait avec ses copains la jupe des filles « pour voir leur culotte ». Et il s’en repent.

Repentir pour repentir, je me souviens que quand j’avais huit ans j’ai séjourné dans une maison d’enfants en Suisse. Le soir, les petites filles venaient dans notre chambre et soulevaient leur robe. Elles étaient contentes et nous aussi. Ces malheureuses n’avaient pas compris que ce faisant elles subissaient la dure loi de la domination masculine. Quant à nous, nous refusions de voir que nous étions des mâles dominants, « hétéronormaux » et que sur nos épaules pesait le poids de l’héritage du patriarcat. Honte à nous !

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