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Vie et mort des Zemmour…
©DR

Une sanglante saga juive

Vie et mort des Zemmour…

391 pages de sang et de fureur[1].

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Tous les Juifs ne deviennent pas boutiquiers, pharmaciens, médecins ou professeurs. Certains d’entre eux, fort peu nombreux il est vrai, ont trouvé une méthode plus expéditive pour atteindre la réussite : le 11, 43 !

Ainsi firent les frères Zemmour, figures historiques du grand banditisme. Ils étaient quatre, William, Gilbert, Théodore et Edgard. Quatre comme les Trois Mousquetaires. Mais ce n’est pas du côté d’Alexandre Dumas qu’il faudrait chercher l’inspiration d’Yves Azéroual qui s’est attaché à retracer leurs faits et méfaits.

Ce serait plutôt du côté d’Eugène Sue et de ses fascinants Mystères de Paris. William, Gilbert, Théodore et Edgard étaient des petits voyous juifs de Sétif. Un jour, ils décidèrent de traverser la Méditerranée. A nous deux Paris…

Ces Rastignac là ne connaissaient qu’un seul langage : celui du revolver. Quelques années et quelques dizaines de cadavres plus tard, Paris était à eux. Ils régnèrent en maîtres incontestés sur le trafic de la came, sur les maisons de passe, les tripots clandestins et les courses truquées. Pour cela il leur avait fallu affronter les gangs arabes et corses. Le 11, 43 eut raison de leurs rivaux.

Les Zemmour respectaient un code de l’honneur propre au milieu. Ils vengeaient les leurs. Etaient bienveillants et généreux avec ceux qui se soumettaient. Et sans pitié avec ceux qu’ils trouvaient sur leur route.

Défilent dans le livre d’Azéroual, des Atlan, des Sadoun et le jeune Enrico Macias qui chantait aux fêtes juives. Mais Paris était trop petit pour les Zemmour qui à l’époque des Trente Glorieuses furent aussi connus que l’est aujourd’hui le Éric du même nom. Ils entreprirent de conquérir l’Italie. Le sang coula de nouveau à flot. Mais les mafias italiennes se ressaisirent et les Zemmour durent rebrousser chemin.

Ils eurent plus de succès en Israël où ils tuèrent des Juifs des gangs rivaux. Ils en avaient déjà tués en France. Car les Zemmour ne s’embarrassaient pas de l’origine de leurs adversaires.

Les frères Zemmour étaient des Juifs pieux. Respectaient-ils le shabbat ? Azéroual ne le dit pas. Mais pour Kippour ils allaient à la synagogue. Les Zemmour moururent les uns après les autres car chez leurs adversaires il y avait aussi des 11, 43. On peut supposer que sur leurs tombes on récita le kaddish.


[1] Faubourg Montmartre. Yves Azéroual. Editions Le passeur.

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