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Theresa plus forte qu'Angela : Mrs May aurait-elle trouvé la formule magique pour rendre un peu de souffle à des démocraties qui en manquent tant ?
©Paul Hackett / Reuters

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Theresa plus forte qu'Angela : Mrs May aurait-elle trouvé la formule magique pour rendre un peu de souffle à des démocraties qui en manquent tant ?

Ni populiste ni élitiste certaine de tout savoir mieux que ses électeurs, la Premier ministre britannique a invité à ne pas mépriser les partisans du Brexit lors de la conférence du parti conservateur.

Raul Magni-Berton

Raul Magni-Berton

Raul Magni-Berton est actuellement professeur de science politique à Sciences Po Grenoble. Il est également auteur de notes et rapports pour le think-tank GénérationLibre.

 

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Yves Roucaute

Yves Roucaute

Yves Roucaute est philosophe, épistémologue et logicien. Professeur des universités, agrégé de philosophie et de sciences politiques, docteur d’État en science politique, docteur en philosophie (épistémologie), conférencier pour de grands groupes sur les nouvelles technologies et les relations internationales, il a été conseiller dans 4 cabinets ministériels, Président du conseil scientifique l’Institut National des Hautes Etudes et de Sécurité, Directeur national de France Télévision et journaliste. 

Il combat pour les droits de l’Homme. Emprisonné à Cuba pour son soutien aux opposants, engagé auprès du Commandant Massoud, seul intellectuel au monde invité avec Alain Madelin à Kaboul par l’Alliance du Nord pour fêter la victoire contre les Talibans, condamné par le Vietnam pour sa défense des bonzes.

Auteur de nombreux ouvrages dont « Le Bel Avenir de l’Humanité » (Calmann-Lévy),  « Éloge du monde de vie à la française » (Contemporary Bookstore), « La Puissance de la Liberté« (PUF),  « La Puissance d’Humanité » (de Guilbert), « La République contre la démocratie » (Plon), les Démagogues (Plon).

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Atlantico : Ce mercredi 5 octobre, Theresa May tenait un discours à l'occasion de la conférence du parti conservateur. La tonalité des propos de Theresa May a été qualifiée de "trumpisme articulé" par un éditorialiste de Bloomberg, en référence à une forme politique construite sur un discours raisonnable tout en prenant en compte les "véritables" aspirations de la population, notamment en rejetant le discours "méprisant" de ceux qui critiquent les positions de la population sur la question de l'immigration. En quoi Theresa May peut-elle incarner un profil nouveau, en termes politiques, au sein de la politique européenne ? En quoi est-elle différente ? Un tel profil, faisant le lien entre modération institutionnelle  et véritable "écoute" populaire pourrait-il émerger en France ?

Yves Roucaute : Il y a plusieurs différences évidentes entre Theresa May et nombre de nos femmes et hommes politiques. Et je conçois qu’elle puisse irriter l’establishment. Elle est beaucoup plus « articulée », pour prendre cette expression, que Trump qui varie en fonction des offres politiques du moment et dont nul ne peut sérieusement prévoir ce qu’il fera s’il arrive au pouvoir.

D’abord, c'est une femme qui est issue d'un univers humble et non des classes supérieures. Et d’un milieu anglican très croyant dont elle a subi l'influence. Son père était prêtre anglican et aumônier à l'hôpital. On trouve chez elle cette façon toute particulière de faire de la politique sans dissimulation, sans faux semblant, que l’on trouvait aussi chez Margaret Thatcher. 

Ensuite, Theresa May est une femme qui doit, d'une certaine façon, sa carrière à l'école. Elle croit aux idées, au savoir, elle apprécie les débats intellectuels. Elle a travaillé à la banque d'Angleterre avant d'être consultante en finance. Elle connait ces mondes-là, ainsi que le monde de l’entreprise. Elle n’est pas un produit de la haute administration ou de la bourgeoisie d’affaire. elle ne veut pas faire carrière par la politique car sa carrière elle pouvait, et peut encore la faire sans la politique.

Enfin, elle est une vraie politique. Elle est arrivée  en politique pour défendre des idées, tout en ayant une expérience authentique du monde de l'économie. Car elle a clairement une architecture de pensée.  C'est une femme avec de vraies convictions théoriques, assises sur un courant de pensée à l'intérieur du parti conservateur. C'est essentiel. Il s'agit ici du courant "One nation", très patriote, pragmatique. Comme son nom l’indique, il est né à l'intérieur du parti conservateur au nom d’une nation dont il faut défendre les intérêts globaux, contre une vision élitiste de la politique et cela au sein même de ce parti. elle combattit l'idée selon laquelle il pourrait y avoir deux mondes. Qu'il s'agisse des mondes de l'élite politique contre celui du peuple ou celui des riches contre les pauvres. Ces conceptions ne sont pas acceptables pense-t-elle. L'idée c'est qu'être un conservateur, un homme ou une femme, ne signifie pas accepter la misère humaine, l’état de fait,  toutes les inégalités sociales dont certaines sont acceptables, d'autres inacceptables, cela signifie que l’on est favorable au conservatisme des valeurs au premier rang desquelles la dignité humaine, les valeurs universelles d’origine judéo-chrétiennes, mais aussi l’idée patriotique et chrétienne d’une nation à protéger en particulier dans ses éléments le plus faibles. C'est pour cela qu'on compare parfois Theresa May à juste raison à Thatcher, bien qu'elle ne soit pas thatchérienne à proprement parler au  niveau de l’école économique. Si ‘on ne comprend pas ce courant de pensée on ne peut saisir ce qui se joue au royaume Uni aujourd’hui, tandis que l’in peut bien comprendre bien des ambitions françaises sans avoir à se référer à un courant d’idées (rires).

Ce courant "One nation" est influencé par le théoricien Benjamin Disraeli. Cela a pour conséquences des élus proches de la population et qui ne veulent pas jouer le jeu de la séparation avec celle-ci. Ils ont bien sûr des idées, fermes, qu'ils défendent. Ce ne sont pas des populistes ou des démagogues. Simplement, ils font ce qu'ils jugent bon pour la population et acceptent le verdict populaire. Ce sont leurs idées qui leur montrent le chemin et non leur carrière. C'est très caractéristiques. David Cameron répondait également de ce mouvement. Il a fait campagne contre le Brexit, il a perdu et il a donc démissionné. C'est logique : il ne s'est pas accroché au pouvoir pour le pouvoir. 

Theresa May a fait une campagne très modérée contre le Brexit. Secrétaire d’Etat  de l’intérieur alors, sans être favorable au Brexit, elle s'est montrée très opposée à certains aspects de l'Union Européenne. Elle ne souhaitait pas, par exemple, que l'on transcrive l'intégralité des directives européennes dans le droit anglais, refusant la bureaucratie de Bruxelles. Elle était également opposée à ce que la Cour Européenne des Droits de l'Homme intervienne lorsqu'elle a voulu – et réussi à – expulser un certain nombre de terroristes. Par exemple lorsqu’elle a voulu l’extradition  d’Abu Qatada, l’adjoint de ben Laden, qui appelait au meurtre des enfants de militaires, des juifs et des chrétiens, la fameuse cour Européenne a prétendu en janvier 2012, que ses aveux ayant été obtenus par la force, soit-disant la torture, ce chef terroriste ne pouvait être extradé et pouvait être libéré.  Elle a refusé et envoyé le terroriste en Jordanie où il a été arrêté et condamné à perpétuité. Elle a toujours dit qu'il fallait se séparer de la CEDH et l'a critiquée très durement. Bien que contre le Brexit, elle l'était pour des raisons économiques aussi de manière modérée. 

Or, chacun sait que le courant One nation est extrêmement respectueux du choix de la population. C'est une ligne de conduite. Dés lors, Theresa May a décidé de respecter la décision de la population tout en s'assurant que dans l'application, cette décision sera la moins défavorable possible au Royaume-Uni. Cela passe par le maintien de l'unité du pays, menacée par une possible séparation écossaise, les échanges économiques et humains avec l'Union Européenne, sur le modèle probablement de ce que connaissent aujourd’hui la Suisse, l’Islande ou la Norvège.

Theresa May est quelqu'un d'extrêmement solide. Elle sait où elle compte aller. et c’est parce qu’il a confiance dans ce courant One nation qui peut préserver l’unité des conservateurs malgré leurs dissensions sur le Brexit e tl puissance du royaume Uni, que Boris Johnson, qui était à l'avant-garde de la lutte pour le Brexit, a lui-même accepté qu'elle soit à la tête du Royaume-Uni. Ce n’est en aucun façon parce que Boris Johnson serait un fieffé lâche comme certains médias qui ne comprennent rien au royaume Unis, l’ont prétendu. Il a accepté qu'elle soit leader du parti conservateur, ainsi que d'être ministre des Affaires Étrangères dans son gouvernement pur ces raisons là. Elle est extrêmement respectée, du fait de sa droiture et de sa fidélité à ses principes et à ses engagements pour la patrie.

Puisque vous le demandez de comparer avec notre personnel je ne voudrais pas être trop cruel. et j’éviterai de citer des noms. Disons qu'il est difficile pour un tel profil d'émerger en France. C'est quelque chose que l'on constate à la lueur des débats. Nos hommes politiques sont rarement charpentés culturellement et idéologiquement. Je suis persuadé que la plupart d'entre eux ne sont pas au courant de ce qu'est même le courant conservateur britannique et si on leur parle de jeffersonnisme ou de jacksonisme américain ils pensent que l’on se moque d’eux puisqu’ils ne l’ont jamais rencontré au journal télévisé. Pour beaucoup, conservateur est un gros mot. Ils se veulent progressistes à la mode socialiste sans biens avoir que, par exemple, l’abandon des valeurs universelles sous couvert de laxisme est une régression plus que séculaire.  Quand on parle de néo-conservatisme (One nation et le milieu néo-conservateur sont assez proches l'un de l'autre), on part souvent du principe qu'il s'agit de gens qui vont faire la guerre, quand on évoque le courant  qui a soutenu le Brexit, certains s’plagient qu’ils vont se cloîtrer dans le protectionnisme et isolationnisme. Le parti conservateur actuel c'est certainement, pour une majorité des dirigeants Français au moins, des populistes. 

Il y a chez nous, en France, depuis une trentaine d’années, une faiblesse théorique qui tient en grand partie au mépris des intellectuels et à l’ignorance des intellectualités par les politiques. Certains pensent que l'on peut faire de la politique à l'instinct, d'autres s'en croient capables parce qu'ils ont étudié elle droit public et eu des cours d’administration publique. En vérité, il manque à la France de vrais politiques, qui savent ce qu'est la stratégie politique et ont une vision du monde. Malheureusement, c'est ce qui nous manque le plus, quand bien même un certain nombre de nos hommes politiques semblent avoir davantage de charpente que les autres. 

Le fait qu'il existe en France un quasi désert théorique que l'on paye très cher aujourd’hui en stratégie. Cela ne signifie pas que, demain, une Theresa May ne puisse pas arriver en France. La France est capable des plus grandes choses, rappelons-nous de la façon dont on vit surgir des grands hommes dans notre histoire, à l'image du Général de Gaulle, de Léon Blum, de Georges Pompidou. Cela peut arriver. Mais aujourd'hui, les débats théoriques n'existent pas en France. Il n'y a guère de références théoriques chez nos politiques. Cela entraîne des débats stratégiques sans grand intérêt, des promesses non tenues, des alliances qui n’ont ni queue ni tête. et quand ils ont exceptionnellement lieu, cela donne quoi? Regardez  le débat sur l'Europe en France, il a eu lieu et les choix de la population n'ont pas été respectés. Étonnez-vous que l'on constate aujourd'hui une rupture entre les élites politiques et la population , et une coupure entre la France d’en bas et la France d’en haut. Cette situation n'est pas la même au Royaume-Uni.

Raul Magni-Berton : Je ne me centrerais pas sur le personnage - qui me parait appartenir à la classe politique traditionnelle et conservatrice britannique, critique de l'UE mais qui vote contre le Brexit. En fait, c'est la situation du Royaume-Uni qui produit ces discours qui sont plutôt rares chez les dirigeants français. Voici les points essentiels pour expliquer les différences entre les deux pays. 

Premièrement, le système britannique a produit un seul grand parti conservateur, alors qu'en France la droite est divisée en deux : l'une pro-européiste et ouverte à la compétition mondiale (républicains), l'autre isolationniste et protectionniste (frontistes). En fait, ces deux droites existent également au Royaume-Uni, mais elles se partagent le même parti. Si en France il y avait un seul parti de droite, avec Le Pen, Juppé et Sarkozy, les discours seraient assez différents. Parce que là où chez nous ils doivent se distinguer, là bas ils doivent trouver un consensus. May est aujourd'hui le produit de ce consensus. 

Deuxièmement, les Britanniques sont depuis longtemps bien plus hostiles à l'Union européenne que les Français. Les sondages Eurobaromètre, publiés deux fois par an, montrent que le Royaume Uni est le pays le plus hostile à l'UE d'Europe de l'Ouest.  Par conséquent, ce que vous appelez les "véritables aspirations de la population" sont beaucoup plus présentes chez les Britanniques que chez les Français. 

Troisièmement, et pour les deux raisons expliquées ci-dessus, les Britanniques on fait un referendum pour sortir de l'Union. Pas les Français. En France - comme aussi en Irlande, au Danemark, en Espagne ou aux Pays Bas - il n'y a eu qu'un vote sur le traité constitutionnel. Les pays qui l'ont rejeté, on finalement fini par en accepter une version remaniée, soit par referendum, soit par voie parlementaire. Mais un referendum pour sortir de l'Union européenne est tout à fait nouveau, et exceptionnel dans un pays qui ne prévoit pas l'usage du referendum. Le résultat est donc moins ambigu. Les Européens et les Britanniques ne peuvent que s'y plier. 

En quoi cette approche de Theresa May est-elle justement si différente des candidats français, de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé, de Marine Le Pen à Emmanuel Macron ? 

Yves Roucaute : Je ne suis pas là pour donner de bons ou de mauvais points aux professionnels français de la politique. Chacun voit sa vie comme il l’entend et s’il leur plaît d’éviter toute réflexion théorique, alors tant pis… En tout état de cause, je suis persuadé que le refus de penser , de penser vraiment, annonce de jours de crise. La difficulté n’est pas de gagner l’élection, elle sera de gouverner ensuite, de tourner la légitimité pour agir et d’agir avec efficacité pour recoller l’élite à la nation et conduire cette nation vers sa puissance au lieu de sa décadence. 

 Je constate seulement que le parti conservateur britannique essaye de tenir compte de l'avis de la population en étant armé idéologiquement avec une claire vision de ce qu’ils veulent et qui ira, à mon avis, vers une solution type omelette norvégienne ou fondue suisse. 

En France, nous n'avons tellement pas l'habitude que nos représentants politiques tiennent compte de l'avis populaire que des centaines d'articles, de tribunes et des milliers de propos de salon expliquaient que les britanniques ne quitteraient finalement pas l'UE. Qu'une solution serait trouvée in fine avec un parti conservateur qui trahirait les électeurs. 

Theresa May n'était pas favorable au Brexit, certes. Elle le mène tout de même, parce que c'est le choix de son peuple. Et parce que c’est une vraie stratège, une vraie politique, qui ne demande pas au conseil d’Etat ce qui peut être fait mais qui part de ce qui est pour aller vers ce qui se doit, quitte à casser le carcan du droit, comme elle est en train de le faire face au carcan européen et aux juridictions comme la CEDH. 

En France, il y a quelque chose de pitoyable de voir les politiques demander à des juges qui regardent dans leur rétroviseur pour savoir ce qu’il peuvent faire. L’esprit du Général de Gaulle est tué par ceux-là même qui, parfois, s’en réclament. Eux n’auraient pas osé briser la IV ème République, ils n’auraient pas osé aller contre le Conseil Constitutionnel pour faire un référendum sur l’élection du Président au suffrage universel. Ils ont peur d’une décision du conseil d’Etat, d’un froncement de sourcil de ces bureaucrates auxquels Charles de Gaulle n’accordait pas même le statut de « pouvoir » puisqu'il avait refusé qu’il y ait un « pouvoir judiciaire » dans la Constitution. Et ils prétendent faire de la politique!  Ils sont plus adaptés à diriger une administration publique sous les ordres d’un politique que de diriger une nation. 

Et il y a quelque chose de pathétique dans cette distance crée avec la population. Mais peut-être méritons-nous ce que nous avons.

Raul Magni-Berton : Theresa May se retrouve à la tête d'un pays qui doit assurer la transition vers la sortie de l'UE. Cette sortie a été fortement voulue notamment par un électorat inquiet sur les questions migratoires. C'est cela qui est différent. Si Sarkozy, Juppé ou Le Pen devaient se trouver dans la même situation, ils diraient  à peu près la même chose. 

Alors qu'Angela Merkel est régulièrement citée en référence, pour son action, ne peut-on pas avancer que le discours de Theresa May peut sembler plus en adéquation avec les demandes de la population, entre question sociale et migratoire ? 

Yves Roucaute : Il est important de rappeler que la Chancelière est quelqu'un d'extrêmement honnête. Elle vient d'une école politique moraliste où les stratèges politiques ne mentent pas à leur nation, au contraire. Globalement, la Chancelière allemande a eu un comportement assez similaire à celui de la dirigeante actuelle du parti conservateur britannique, jusqu'à la crise des migrants. Elle s'est alors déconnectée de sa population, considérant qu'elle devait continuer à défendre des idées qui n'étaient pas celles de son peuple mais qui étaient celles de sa foi, et qui étaient aussi celles de sa croyance que les problèmes démographiques allemands, cause des menaces sur la puissance allemande, pouvaient être en partie réglés par cet apport migratoire. Cela place d'ailleurs la CDU dans une grave difficulté et dans le risque d'une rupture avec la CSU. 

Résultat, l'Allemagne fait face à une crise de légitimité alors qu'Angela Merkel disposait auparavant d'un énorme capital de sympathie pour son action. Force est de constater qu'Angela Merkel ne colle plus aux attentes de son pays qui vit à présent les flux migratoires non comme une chance mais comme une menace. 

A l'inverse, Theresa May, qui n'était pas favorable au Brexit, prend acte de la décision de sa population et la mène en conséquence. Elle n'a pas rompu le contrat démocratique. En quelque sorte, elle a récupéré ce lien entre son parti, le gouvernement et la population qui, sinon, si elle avait joué comme Merkel en privilégiant son engagement aurait pu être brisé. Néanmoins, cela lui était plus facile, car nos l’avons vu, elle était très réticente envers l’Union européenne et elle présent une alternative non isolationniste et non protectionniste comme l’avenir le montrera.

Raul Magni-Berton : La différence, pour le moment, est que Merkel a agi, May a parlé. Il faut voir ce qu'il se passera. Simplement, Merkel dirige un pays qui se porte bien, dans lequel le rejet de l'UE est très minoritaire, et a l'air d'être plutôt en adéquation avec les demandes de sa population. May a une tâche plus difficile, et pour le moment elle est cohérente avec le cap que le Royaume Uni s'est donné.

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