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Singapour respecte la liberté des « antivaxx », mais leur enverra la facture
©ROSLAN RAHMAN / AFP

Facture salée ?

Singapour respecte la liberté des « antivaxx », mais leur enverra la facture

Drieu Godefridi

Drieu Godefridi est juriste (facultés Saint-Louis-Université de Louvain), philosophe (facultés Saint-Louis-Université de Louvain) et docteur en théorie du droit (Paris IV-Sorbonne).

 
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Singapour a décidé de respecter la liberté des « antivaxx » COVID de ne pas se faire administrer l’un des vaccins anti-COVID disponibles — qui réduisent de 90% la probabilité d’une hospitalisation en soins intensifs — mais leur enverra désormais la facture de leur hospitalisation. 

À Singapour comme en Europe, la probabilité pour les non vaccinés d’aller engorger les soins intensifs est, en effet, huit à dix fois supérieure à celle des vaccinés (ce sont les dernières données agrégées publiées par le ministère de la santé de Singapour) :

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Ces statistiques sont cohérentes avec les statistiques publiées par 200 pays dans le monde sur la foi de milliards — littéralement — de données matérielles (vaccination, hospitalisation), ne varietur depuis un an. 

Le problème de Singapour, comme de tous les pays confrontés au COVID, est le caractère exponentiel de la contagion, qui engorge les hôpitaux et services de soins intensifs (ICU en anglais, USI en français).

Inlassablement, il faut expliquer et réexpliquer aux plus intransigeants des antivaxx les réalités suivantes :

1/ La marque d’une pandémie est la contagion exponentielle, ce qui implique que si rien n’est fait, le système de soins est immanquablement débordé ;

2/ Cela reste vrai quel que soit le degré de « libéralisme » du système de santé considéré. Qu’elle soit pleinement libre ou parfaitement étatisée, la capacité d’un système hospitalier à répondre à la contagion exponentielle est toujours limitée ;

3/ Le but des mesures adoptées, en Asie comme en Europe, n’est pas de remédier à la saturation des hôpitaux mais, tant que faire se peut, de la prévenir ;

4/ Le problème de l’engorgement des hôpitaux n’est pas l’inconfort des médecins — « ils n’ont qu’à travailler ! Pourquoi sont-ils payés ?! » — mais la paralysie de la société. De nos jours, la trajectoire de toute vie humaine débute dans un hôpital, souvent s’y termine et l’on s’y rue en cas de problème. Le vrai est que lorsqu’un système de santé est paralysé, la société civilisée cesse de fonctionner.

Par ces motifs, la politique de Singapour paraît tout à la fois respectueuse de la liberté, et soucieuse d’y accoler la responsabilité sans laquelle la liberté n’est qu’un aboiement stérile. 

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