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La première cause d'extinction des espèces est la destruction des habitats naturels.
La première cause d'extinction des espèces est la destruction des habitats naturels.
©Gentside

Extinction animale

Quelles proportions d'espèces en viennent à disparaître sans même l'aide du réchauffement climatique

La menace de disparition du Koala ravive les passions autour du débat sur le réchauffement climatique. Cependant, il existe d'autres facteurs dramatiques qui impactent la survie de certaines espèces.

Florian Kirchner

Florian Kirchner

Florian Kirchner est chargé de programme "Espèces" au sein du comité français de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

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Atlantico : Le rythme de la disparition des espèces a-t-il augmenté ?

Florian Kirchner :En analysant la situation des animaux et des plantes dans le monde, on se rend compte que tous les groupes d’espèces sont touchés par un niveau de menace relativement important. Aujourd’hui, les scientifiques estiment que les espèces disparaissent à un rythme bien plus rapide que le rythme naturel d’extinction, de l’ordre de 100 à 1 000 fois plus rapidement qu’au cours des temps géologiques passés. Les causes de cette extinction massive, qu’on nomme désormais la sixième grande crise d’extinction, sont multiples, mais elles sont bien identifiées.

Quelles sont ces causes justement ?

La première est la destruction des habitats naturels, due par exemple à l’urbanisation mal contrôlée, ou à la déforestation intensive dans les zones tropicales. La deuxième grande menace est la surexploitation des espèces, avec la surpêche qui épuise les ressources des océans, ou le braconnage qui vise par exemple les rhinocéros pour leur corne ou les félins pour leurs os et leur peau.

Les espèces introduites envahissantes sont une autre menace. Lorsque l’Homme déplace une espèce issue d’un écosystème d’origine et l’introduit dans un autre écosystème, il peut arriver que l’espèce délocalisée devienne envahissante et engendre la disparition d’espèces locales. Dans les îles, de nombreuses espèces originales ont disparu de cette façon, suite à la prédation et à la compétition par les espèces qu’on y avait introduites. Enfin, la pollution de l’eau, des sols et de l’air est un autre facteur affectant la biodiversité.

Et désormais, une nouvelle menace vient s’ajouter à ces facteurs préexistants : celle du changement climatique.

L’Homme est-il finalement le premier responsable de cette évolution ?

La quasi-totalité des extinctions animales ou végétales constatées depuis 500 ans est le fruit de l’impact des activités humaines. Et c’est un élément nouveau dans l’Evolution de la vie, qui a déjà connu cinq grandes crises d’extinction par le passé. Ces précédentes extinctions étaient toutes consécutives à des événements cataclysmiques, comme la dernière intervenue il y a 65 millions d’années, qui a vu disparaître les dinosaures, vraisemblablement des suites de la chute d’une météorite géante dans la région du Mexique actuel. Mais aujourd’hui, la sixième grande crise d’extinction que nous connaissons a la particularité d’être la conséquence de l’activité d’une espèce particulière, l’espèce humaine. C’est donc également notre espèce qui détient les clés et les solutions pour stopper cette crise de la biodiversité que nous avons engendrée.

Quelles populations animales sont les plus vulnérables face à cette sixième grande crise ?

D’après les analyses de la Liste rouge des espèces menacées, nous savons par exemple qu’une espèce de mammifères sur quatre et un amphibien sur trois sont menacés au niveau mondial, ou encore près d’un tiers des requins de la planète. Il y a déjà eu beaucoup d’extinctions par le passé, comme le dodo de l’île Maurice,  la tortue de terre de La Réunion, le phoque moine des Caraïbes... Aujourd’hui, le tigre est victime du braconnage et classé en danger, l’orang-outan et le rhinocéros de Sumatra subissent de plein fouet la déforestation et sont particulièrement menacés, l’esturgeon européen, autrefois surpêché, est en danger critique.

Et avec le réchauffement climatique, le koala n’est pas le seul animal affecté. L’ours polaire est en première ligne, à cause de la fonte de la banquise dont il a besoin pour se nourrir, et les coraux sont devenus très vulnérables à cause de l’élévation de la température des océans. Il est clair que nous devons agir dès maintenant, si nous voulons continuer à voir ces espèces peupler encore longtemps la planète avec nous


Propos recueillis par @Sacha CONRARD

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