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Querelle de famille

Primaires socialistes : le piège...

C'est ce mardi que s'ouvre officiellement le dépôt des candidatures à la primaire socialiste. Mais la tenue d'une telle organisation est-elle réellement bénéfique pour le PS ?

Elles sont désormais l’alpha et l’oméga de la démocratie interne, le nec plus ultra de la transparence en politique et la panacée universelle contre toutes les divisions… Normal, me direz-vous, elles viennent des « states » comme dirait le banquier ringard de la pub. Du coup, les formations qui oseraient renoncer à l’organisation de primaires sont immédiatement ravalées au rang d’avatar cryptocommuniste.

Ce qu’il y a de bien avec les évidences d’aujourd’hui, c’est qu’elles n’ont jamais rien d’évident. Surtout lorsque le résultat obtenu se situe aux antipodes du résultat escompté. Il n’y a qu’à regarder Nicolas Hulot et Eva Joly se chamailler pour s’en convaincre. Grâce aux « primaires », les deux petits nouveaux sont désormais aussi retors que des vice-présidents de Conseil général ou que des sénateurs en piste pour leur sixième mandat. Dans le genre « nouvelle façon de faire la politique », on a vu mieux. Et encore, ce n’est que l’entrée… Avec le PS, ça va être fromage et dessert.

Au fond, les primaires, ce n’est pas « pile ou face » mais « pile et face ». Côté pile, celles-ci se présentent sous la forme « d’une compétition pacifique au cours de laquelle les candidats exposent leur projet afin que les militants puissent désigner démocratiquement leur représentant à l’élection présidentielle». C’est sûr que vu sous cet angle, Socrate, Platon et leur cité idéale peuvent aller se rhabiller. Mais côté face, les primaires, c’est plutôt le Léviathan de Thomas Hobbes c'est-à-dire une guerre de tous contre tous, où les lignes de fracture d’un parti apparaissent au grand jour, le tout dans un climat de suspicion généralisée.

J’entends déjà les critiques, voire les accusations d’intelligence avec l’UMP : « honni soit qui mal y pense ! ». Car ce qu’il faut surtout y voir, c’est le signe d’une profonde incompréhension. Je n’ai en effet jamais compris pourquoi le PS attendait systématiquement le dernier moment pour désigner son candidat. La plupart du temps, le pauvre bougre se retrouve avec un programme qu’il n’a pas choisi, un parti à feu et à sang, la moitié des militants qui lui fait la gueule et l’autre moitié qui se comporte en armée d’occupation.

Avouez qu’on a déjà connu dispositif plus rationnel. Rien n’empêcherait les socialistes d’élire leur premier secrétaire dès le début de la législature en actant le principe que celui-ci sera leur candidat à la prochaine élection présidentielle. Le premier secrétaire / candidat disposerait dès lors d’un programme « à sa main », d’un parti unifié, et surtout du temps nécessaire pour s’installer dans l’opinion. Quitte à maintenir des primaires, autant que celles-ci servent à gagner.

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