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Pourquoi le pays va à vau-l'eau avec un pilote qui ne cesse de charger la barque
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Edito

Pourquoi le pays va à vau-l'eau avec un pilote qui ne cesse de charger la barque

Au moment où des indices donnaient le sentiment que la France commençait à sortir de la crise grâce à quelques signes positifs concernant le chômage et la croissance et pouvait ainsi espérer combler un peu du retard accumulé sur ses voisins, la rechute est désormais au coin de la rue.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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La France est en train de s'offrir une période de crise exceptionnelle dont elle a le secret et qui surprend toujours nos partenaires par son intensité et son ampleur. Tout se conjugue pour lui conférer même un caractère irréel qui désespérerait plus d'une nation. A quelques jours du démarrage de l'une des plus grandes compétitions sportives du monde, elle connait une déferlante de difficultés mêlant à la fois le terrorisme, une crise sociale de première grandeur , des inondations catastrophiques au milieu de grèves qui prennent souvent un caractère sauvage, avec à la clé une sorte de frénésie à vouloir opérer une autodestruction d'un modèle social miné par les corporatismes accumulés depuis des générations, sans pour autant se mettre d'accord sur un nouveau cadre susceptible de le remplacer.

A l'image des inondations qui opèrent un grand nettoyage, les Français souhaitent massivement les réformes qui remettraient le pays debout, mais se réfugient pour l'instant dans une attitude frileuse de repli sur soi, dans l'attente d'un guide qui soit susceptible de leur offrir un cap. Ils ont le sentiment d'être conduit aujourd'hui par un pilote hésitant, semant le désarroi parce qu'il change d'avis à tout instant. Au lieu d'écoper pour alléger le navire, il ne cesse de charger la barque, creusant les déficits pour lui-même, mais surtout pour ses successeurs. Il ne cesse d'accéder aux revendications des groupes sociaux, qui bénéficient déjà de rentes de situation pour leur accorder toujours plus : qu'il s'agisse des fonctionnaires, des enseignants, des contrôleurs de la navigation aérienne, des collectivités locales et de toute la cohorte qui va suivre, sans jamais satisfaire un esprit revendicatif qui s'aiguise des faiblesses du pouvoir et réclame toujours plus.

Au moment où des indices donnaient le sentiment que la France commençait à sortir de la crise grâce à quelques signes positifs concernant le chômage et la croissance et pouvait ainsi espérer combler un peu du retard accumulé sur ses voisins, la rechute est désormais au coin de la rue. Alors que les organismes internationaux formulaient quelques encouragements, elle craque à nouveau en cédant à ses démons favoris, avec une chute brutale de la confiance. Il est vrai que le pouvoir offre un spectacle lamentable susceptible de décourager même les socialistes les plus aguerris qui auraient gardé la foi du charbonnier. Le gouvernement s'obstine à vouloir faire voter une loi El Khomri vidée de sa substance, où la seule disposition claire consiste à vouloir organiser le travail au niveau de l'entreprise plutôt qu'à celui de la branche, alors qu'il brûle lui-même ce principe dans ses agissements en retirant par exemple à la SNCF tout pouvoir de négocier afin de garantir aux cheminots les avantages dont ils bénéficient et qui devaient être remis en cause par la réforme que négociait la direction.

Tant d'incohérence, que Manuel Valls lui-même qualifie de « gâchis » a déjà sa sanction : la chute de la popularité de François Hollande, qui ne recueille plus que onze pour cent de suffrages favorables dans les sondages, traduisant un record d'impopularité dont pâtit par contagion le premier Ministre. Ce désamour tragique à l'égard de l'exécutif est lourd de menaces, car il contribue à remettre en question la disposition essentielle de la cinquième république, la fonction présidentielle, qui se dissout aujourd'hui dans la confusion, le manque d'autorité de celui qui voulait être un « président normal », en gommant par là-même ce qui faisait l'originalité de la fonction : et sur ce point, il a parfaitement réussi. 

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