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« Pour l’Ukraine » par Volodymyr Zelensky/Grasset
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« Pour l’Ukraine » par Volodymyr Zelensky/Grasset

Le Super- Gentil Zelensky, le Grand- Méchant Poutine, Uncle Joe-le-Yankee et Macron-La-Raison : les rôles sont distribués et la pièce s’appelle «  Europe : le retour du tragique ».C’est pourquoi Volodymyr Zelensky publie en France, puis dans le monde entier« Pour l’Ukraine » ( Grasset). Une prose fiévreuse, forcément militante, destinée à galvaniser le peuple Ukrainien et de convaincre les chefs d’état. Précisions.

Annick  Geille

Annick Geille

Annick Geille est écrivain, critique littéraire et journaliste. 

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Saisissant. C’est le mot qui vient à l’esprit au fil de cette lecture des 23 discours prononcés par Volodymyr Zelensky  dans «  Pour L’Ukraine » ( Grasset), publié ces jours-ci. « Le 24 février 2022 a débuté l’invasion russe, après des années de combats plus ou moins larvés sur sa frontière orientale et de tensions politiques continues depuis l’entrée en dissidence des deux républiques autoproclamées du Donbass en 2014 et la conquête militaire concomitante, par la Fédération de Russie, de la Crimée. En 1991, au moment de la dissolution de l’URSS, l’Ukraine avait accèdé pour la première fois à l’indépendance réelle, à la pleine souveraineté et à la paix civile, élaborant un sentiment à la fois national et démocratique. Ces acquis sont mis en danger », rappelle le président Ukrainien dans l’avant -propos de ce traité de résistance et de liberté. Ces 23  discours signés Zelensky disent tous, assez magnifiquement,  mais avec plus ou moins de bonne foi –  tels sont les discours politiques-  la  première tragédie vécue en Europe depuis la dernière guerre.C’est –à- dire  une accumulation de crimes et  d’atrocités « impardonnables » en effet (cf. Emmanuel Macron), commis par les armées de Vladimir Poutine sur le territoire Ukrainien. Un  état pourtant souverain, agressé  territorialement au mépris de toutes les lois établies par les  démocraties occidentales. « L’occident mène une guerre "hybride et totale" contre la Russie », ose déclarer aujourd’hui  le ministre des affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse.Face à tant de mauvaise foi, on songe à la menace de Vladimir Poutine : « Si la Russie devait un jour subir une attaque existentielle, nous serions contraints pour la défendre d’utiliser l’arme nucléaire ».                                                             

Alors que son pays subit  le martyre que nous savons, diffusé en direct-live par les chaines du monde entier, le jeune président de l’Ukraine utilise quant à lui  la force de frappe  de ses discours les plus récents ; une sémantique – lyrique car militante- pour entraîner son peuple à cette résistance que nous admirons tous. Face aux crimes de guerre russes, qui ne serait saisi par le courage, la force de caractère et l’héroïsme du  peuple Ukrainien, dressé comme un seul homme face à l’envahisseur ? Courage  et force de caractère que Zelensky incarne avec sa  fameuse panoplie kaki qui devient de plus en plus mythique au fur et à mesure des interventions télévisées.Brun ou vert olive, l’uniforme du président Ukrainien dit la bravoure et la force d’âme de l’Ukraine au monde entier ;  le verbe de Zelenski n’appartient pas à la littérature,  certes, mais  il a le chic pour évoquer le théâtre de l’époque :  la  géopolitique telle qu’elle se vit en ce printemps 2022 en Europe et dans les pays voisins.

« Pour l’Ukraine » est « un livre d’éditeur »  dans le bon sens du terme. Il  ne s’agit pas de fabriquer un best-seller, mais de la survie ou de la disparition d’un peuple, d’une nation,  assassinée sous nos yeux, tous les jours et la nuit surtout, pendant les bombardements. « Au fil de ces pages, ce sont cinq semaines et un épisode important de l’Histoire ukrainienne, européenne et mondiale qui s’écrivent »,  précisent Olivier Nora, le PDG des  éditions Grasset, et  l’éditeur de Zelensky et concepteur du livre «Pour l’Ukraine », Charles Dantzig -qui est aussi l’écrivain que l’on sait (https://atlantico.fr/article/decryptage/charles-dantzig---la-littérature-est-une-forme-supérieure-de-l-art ) Olivier Nora et Charles Dantzig ont éprouvé ensemble ce désir de publier Zelensky,  menant à bien ce projet en deux temps trois mouvements, malgré la guerre, l’agenda de Zelensky, et les délais d’impression. Si bien que cet essai est héroïque à sa façon, tel son  auteur et personnage principal, devenu ce qu’il est, CAD un un chef - d’état dans la « tempête », comme si Volodymyr avait joué Shakespeare toute sa vie. « Être ou ne pas être ? Vous connaissez cette question shakespearienne »  demande  d’ailleurs le président de l’Ukraine à ses lecteurs en  page 117.

Les atrocités  infligées au peuple Ukrainien sont « impardonnables »,insiste à juste titre Emmanuel Macron. Le président Français n’a jamais été aussi bon qu’à Strasbourg  le 9 mai dernier ; un verbe  court, magistral ET créatif, le langage que l’on espérait, avec ce sens des nuances dans la clarté du sens dont rêvent les politiques. «Car nous voulons la nuance. La nuance qui seule fiance », rappelle Verlaine.  Le malheur du peuple Ukrainien nous  scandalise mais cela ne nous empêche nullement de considérer cette tragédie autrement  que ne le font  Joe Biden et  ses alliés britanniques (qui ne nous détestent point et regrettent même l’UE, semble-t-il). Pour la survie de tous, in or out l’U. E., nous autres Français avons le devoir de tenir un autre langage que celui de Zelensky et de Poutine, de Joe Biden et de Boris Johson., La voix de la France est singulière, elle est chercheuse de paix, de concorde, c’est sans clichés ni fadaises sucrées celle d’un apaisement aussi généralisé que possible, déclara à Strasbourg Emmanuel Macron. Et nous peuple de France, peuple difficile, critique, rageur, peu enclin à l’adoration, buvons du petit lait, ravis par la justesse du propos et la subtilité de la pensée . Une  subtilité que célébra dans sa chronique quotidienne pour Atlantico, l’éditorialiste et expert économique et financier Jean-Marc Sylvestre(https://atlantico.fr/article/decryptage/macron-reinvente-l-europe-a-deux-vitesses-avec-une-prepa-pour-ceux-qui-veulent-entrer-comme-l-ukraine-c-est-malin-jean-marc-sylvici Atlantico/. ) Quand une guerre éclate, les gens disent : « Ça ne durera pas, c'est trop bête. » Et sans doute la  guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer», rappelleAlbert Camus. L’U. E. peut  (et doit) préserver autant que possible un « corridor diplomatique »,  c’est-à-dire  ménager un certain dialogue avec  Vladimir Poutine, affirme depuis le début de la guerre le président Français, car « nous ne ici sommes pas en guerre avec la Russie. Hubert Védrine qui parle peu mais parle d’or, dit la même chose. Emmanuel Macron ajouta le 9 Mai dernier :(…) « Comment organiser l’Europe d’un point de vue politique et plus large que l’Union européenne ? En créant ce que je qualifierai aujourd’hui devant vous « une communauté politique européenne ».

Las ! Volodymyr Zelensky chipote : « On ne peut pas rester dans cette incertitude de manière constante ; (…)C’est injuste.» (cf. Le Monde d’avant-hier). Une certaine friture sur la ligne perdure entre Emmanuel Macron et l’auteur de « Pour L’Ukraine ».Le deux hommes ne sont d’accord sur rien pour ce qui est la sortie de la guerre. L’un des premiers « accrocs » opposant Volodymyr Zelensky à Emmanuel Macron fut sémantique : le mot « génocide », employé par le chef d’état Ukrainien concernant l’action des Russes en Ukraine   fut aussitôt contesté par le président Français- contestation qui déplut à Zelensky . Il se trouve que sur ce point aussi, Macron a raison. Pourquoi ne pas le rappeler ici,  où je n’ai pas  l’habitude d’applaudir nos gouvernants. La barbarie est à l’œuvre en Ukraine, elle sévit, hélas, mais la barbarie peut exister sans qu’il y ait « génocide » . En France, les mots comptent toujours un peu plus qu’ailleurs,  ce qui n’empêche  pas l’affection, et encore moins la solidarité.« Comme le précise un essayiste spécialiste de Shakespeare : «  le théâtre est « la vraie chronique de l’époque », il donne « forme et tournure au corps de notre temps » (III, 2, 23-24) ».

Repris en partie ou en totalité par tous les médias français, les mots enflammés de Volodymyr Zelensky dans «  Pour l’Ukraine »  sont une sorte de bréviaire. L’ensemble des prières de l’auteur  pour « gagner la guerre ». De quoi alimenter l’esprit de résistance des Ukrainiens, admirables en leur amour sacré de la patrie .Zelensky,serviteur et maître du peuple Ukrainien,  dans son meilleur rôle donc,  fabrique  dans « Pour l’Ukraine » sinon de la littérature – quand la maison flambe, les survivants n’en demandent pas tant- du moins  un tableau hyperréaliste intitulé « Chronique de l’époque ». L’ex acteur de Kiev se plaît à  « sur jouer » un brin pour mieux se faire entendre,  lui   le petit père d’un peuple qui, sans lui, risquerait de s’effondrer parmi les ruines. Un peuple aux belle pensées et beaux visages, mais  un peuple anéanti par les bombes russes, les balles tirées dans le dos, les obus (sans « têtes nucléaires »), les  exécutions sommaires, les flammes de  l’enfer. Sans oublier les viols. Un peuple  détruit par la saleté des crimes de guerre.

Au- delà de ses films d’ancien acteur-  l’auteur de « Pour l’Ukraine » devient sous nos yeux un héros « solitaire et solidaire » à la Camus .–A star  is born-  diraient en chœur Mr Joe Biden et Mr Boris Johnson, comme si le destin que Zelensky  s’était choisi naguère l’avait préparé à devenir cette figure emblématique du Bien. L’une des meilleures analyses géopolitiques de cette poudrière créée par la guerre en Ukraine est  l’œuvre  de l’ex conseiller de Nicolas Sarkozy : Henri Guaino (Le Figaro d'hier), l’une de nos meilleures plumes. J’apprécie la prose et les prises de parole d’Henri Gaino. D’abord, c’est un grand lecteur de Camus. Ensuite, il me semble incarner ce que la France a de meilleur :  la pensée politique, la création littéraire. Par exemple  ceci :  « Acculer la Russie, c’est la pousser à surenchérir dans la violence. Jusqu’où ?La guerre totale, chimique, nucléaire ?(…) Trouver un coupable nous conforte dans le bien- fondé de notre attitude, et, dans la cas présent, nous en avons un tout désigné, un autocrate impitoyable, incarnation du mal. Mais le Bien contre le Mal, c’est l’esprit de croisade. ».

Sommes-nous condamnés à ce choix cornélien : l’embrasement ou la lâcheté ?  Et si était arrivée mine de rien et à pas de loup, la saison de la raison, cette raison franco-française qui sculpta les Lumières ? : « La raison est douce, elle est humaine, elle inspire l’indulgence, elle étouffe la discorde, elle affermit la vertu, elle rend aimable l’obéissance aux lois. », disait ce cher Voltaire.

Henri Guaino poursuit sa diatribe, aussi brillant  que terriblement alarmiste : « (…)Nous marchons vers la guerre tels des somnambules »… ». On jurerait les les propos d’un ministre de la Culture ou des Affaires étrangères. La pensée politique et la création littéraire.

Copyright « Pour l’Ukraine » par Volodymir Zelensky (Grasset)Tous les profits de la vente de l’ouvrage seront versés à l’organisme de soutien au peuple ukrainien géré par l’ambassade d’Ukraine en France. 

Photo de couverture :
© Ukraine Presidential Press Service via ABACAPRESS.COM 

Extrait 1

Mesdames et Messieurs, peuple francais ! 

(…). La politique habituelle a pris fin le jour de l’invasion russe, elle reprendra son cours le jour où la paix sera rétablie. Et il est juste de se battre pour la vie, de protéger notre État. Nous sommes reconnaissants de ses efforts au président Macron. Il a montré son amitié. Nous sommes constamment en liaison avec lui, et nous nous coordonnons pour certaines étapes. Les Ukrainiens sont conscients de ce que la France voue un grand prix à la liberté, aussi grand que jamais. Vous la protégez. Vous vous rappelez ce qu’elle est. La liberté, l’égalité, la fraternité. Chacun de ces mots est un mot puissant pour vous ! Je le ressens. Les Ukrainiens le ressentent. 

C’est pourquoi nous atpastedGraphic.pngtendons de vous, nous attendons de la France, de vos dirigeants, que vous poussiez la Russie à rétablir la paix, pour terminer cette guerre contre la liberté, contre l’égalité, contre la fraternité. Contre tout ce qui a fait l’unité́ de l’Europe ainsi que son existence libre et diverse. Nous espérons de la France, de vos dirigeants, qu’ils fassent en sorte que l’intégrité́ territoriale de l’Ukraine soit restaurée. Ensemble, nous pouvons le faire. Si, parmi vous, certains en doutent, votre peuple en est déjà̀ sûr. Comme dans les autres nations d’Europe. Que pendant la présidence française de l’Union européenne, soit prise la décision déjà̀ trop différée de l’adhésion complète de l’Ukraine à l’Europe. Une décision pour des temps historiques. Comme ce fut toujours le cas dans l’histoire du peuple français. 

Mesdames et Messieurs, Peuple français, 

Demain, il y aura un mois que les Ukrainiens se battent pour leur vie, pour leur liberté, que notre armée s’oppose héroïquement à des forces russes pourtant écrasantes. Il nous faut davantage d’aide. Il nous faut davantage de soutien. Pour que la liberté ne soit pas vaincue, nous devons être bien armés, de blindés et d’armes anti-blindés, d’aviation, de défenses aériennes, nous avons besoin de tout cela. Vous pouvez nous aider. Je le sais. Vous le pouvez ! 

Pour que la liberté ne soit pas vaincue, le monde doit nous soutenir par des sanctions contre les agresseurs. Des sanctions supplémentaires chaque semaine, chaque semaine ! Les entreprises françaises doivent quitter le marché russe. Renault, Auchan, Leroy Merlin et d’autres. Elles doivent arrêter de subventionner la machine militaire russe, de subventionner les assassinats d’enfants et de femmes, de subventionner les viols, les vols, les pillages commis par l’armée russe. 

Toutes les entreprises doivent se souvenir une bonne fois pour toutes que les principes valent plus que le profit. En particulier le profit acquis au prix du sang. Nous devons commencer à penser à l’avenir. À la manière de vivre après cette guerre. Des garanties sont nécessaires. Des garanties fortes. Des garanties d’une sécurité intangible, qu’il n’y aura pas de guerre, et que la guerre en général ne sera plus possible. 

Nous sommes en train de créer un tel système de garanties. Un nouveau système. La France, je le crois, y jouera un rôle essentiel. Pour que personne n’ait plus jamais à supplier qu’on le laisse mourir ! Pour que les gens vivent leur vie, leur pleine vie et pour qu’ils n’aient pas à dire au revoir à des êtres chers sous les bombes, mais seulement quand le temps en est advenu. Dans la paix. Avec dignité. Parce que vous avez vécu pour être res- pectés. Pour que l’on se souvienne de vous. Et pour que l’on se dise adieu comme la France a dit adieu au grand Belmondo. 

Merci, la France ! Gloire à l’Ukraine ! 

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Extrait 2 

Aux Ukrainiens-publié sur les réseaux sociaux, après trente-six jours de guerre – 30 mars 2022 

« Alors que l’on semble assister à un certain recul de l’armée russe, dont l’impréparation est manifeste et les succès incertains, celle-ci opère un apparent chan- gement de stratégie. Les observateurs se demandent si ce n’est pas une manœuvre grossière : Kyiv, d’où l’armée russe était censée se retirer, a continué à être bombardée ; la reprise de certaines villes alentour par l’armée ukrainienne a révélé de probables crimes de guerre. L’indubitable, après plus d’un mois de guerre, est la combativité de l’armée ukrainienne, qui loin de s’effondrer en trois jours, comme les Russes avaient semblé l’espérer, résiste brillamment. 

Extrait 3

Le soutien des Etats-Unis est vital

Chers Ukrainiens, 

(…) Aujourd’hui a été pour moi une journée chargée diplomatiquement. Une journée difficile. Les priorités sont connues, au nombre de trois : des armes pour l’Ukraine, de nouvelles sanctions contre la Russie et un soutien financier à notre État. J’ai eu une conversation avec le président des États-Unis, Joe Biden, très détaillée, d’une heure. Évidemment, j’ai remercié les États-Unis pour leur aide humanitaire d’un milliard de dollars et pour l’aide additionnelle de cinq cents millions venue soutenir notre budget. Et j’ai à̀ nouveau souligné que nous sommes à un tournant de notre histoire. 

J’ai indiqué́ au président Biden ce dont l’Ukraine a

 besoin. J’ai été aussi sincère que possible. Le soutien des États-Unis est vital. Et il est particulièrement important de prêter main-forte à l’Ukraine, de montrer la puissance du monde démocratique. Si nous voulons nous battre ensemble pour la liberté, alors il nous faut demander de l’aide à nos partenaires. Si nous voulons vraiment nous battre ensemble pour la liberté et la sauvegarde de la démocratie, nous avons le droit de demander cette aide, en un moment crucial et difficile. Des blindés, des avions, des systèmes d’artillerie : la liberté doit être mieux armée que la tyrannie. J’en ai aussi parlé dans un discours au Parlement et au peuple norvégiens, l’un des États qui nous soutiennent beaucoup. J’ai demandé plus d’aide pour l’Ukraine, sous forme d’armes et de sanctions contre la Russie. J’ai parlé avec le président égyptien et avec le prince héritier des Émirats arabes unis. J’ai fait, je fais et je ferai de mon mieux pour que notre peuple puisse se défendre et pour que la justice soit rétablie sur le territoire ukrainien et dans la région de la mer Noire. Il y va de notre intérêt fondamental. Il y va de notre survie. C’est pour la survie du peuple ukrainien que nous nous battons à présent, dans cette guerre, dont on peut dire sans exagération qu’elle est une guerre patriotique contre la Russie. 

À présent, j’aimerais mentionner quelques autres points importants. D’abord, il y a ceux qui œuvrent à̀ défendre notre État, de sorte que l’Ukraine puisse retrouver un avenir : nous apprécions le travail de chacune de ces personnes. Et puis, il y a ceux qui gâtent du temps et ne travaillent que ce qu’il faut pour garder leur poste. Aujourd’hui, j’ai signé le premier décret pour rappeler ce genre de personnes, tels l’ambassadeur d’Ukraine au Maroc et l’ambassadeur en Géorgie. Avec tout le respect que je leur dois, s’ils n’ont pas su susciter l’envoi d’armes, l’établissement de sanctions et de restrictions à l’activité des entreprises russes, qu’ils trouvent un autre travail ! 

J’attends dans les prochains jours des résultats concrets de la part de nos représentants en Amérique latine, au Proche-Orient, en Asie du Sud-Est et en Afrique. J’attends les mêmes résultats de la part des attachés militaires. La ligne 

de front diplomatique est l’une des principales lignes de front. Tous ceux qui s’y trouvent doivent travailler aussi efficacement que possible pour la victoire et le soutien à notre armée. Tous ceux qui s’y trouvent doivent travailler à l’instar de nos défenseurs sur le champ de bataille. 

Comme il est de tradition, aujourd’hui, avant de prononcer ce discours, j’ai, à la requête du commandant en chef, signé un décret de récompenses d’État à nos militaires, à cent vingt-deux défenseurs, dont vingt-trois à titre posthume. 

Mémoire éternelle aux morts pour l’Ukraine, gloire éternelle à nos héros, gloire à l’Ukraine ! » 

Copyright Volodymyr Zelensky/ « Pour l’Ukraine » ( Grasset), toutes librairies.

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