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Le manque d’autorité du candidat est à l’origine de la plupart des surnoms qui lui ont été attribués.
Le manque d’autorité du candidat est à l’origine de la plupart des surnoms qui lui ont été attribués.
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« Vieux camarades »

Ça balance pas mal au PS !

Pendant la campagne de la primaire, François Hollande s’est fait un point d’honneur à ne jamais dénigrer ses concurrents, mais son passé parle pour lui. Retour sur quelques flèches lancées contre ses propres amis avec "Le petit Hollande illustré par l'exemple" d'Hélène Jouan (Extraits).

Hélène Jouan

Hélène Jouan

Hélène Jouan est directrice des magazines de l'Information de France Inter dont elle a dirigé la rédaction de 2008 à 2011.  Journaliste politique depuis 1995, elle participe à de  nombreuses émissions politiques, à la radio comme à la télévision.

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Homme de la synthèse, homme de toutes les synthèses qui a toujours préféré ménager les uns et les autres pour assurer la cohésion du parti socialiste et son maintien à sa tête pendant onze ans, François Hollande est considéré, même par ses amis, comme un homme qui a du mal à trancher. N’ayant jamais appartenu à un « courant » du PS, s’affichant même « transcourants », il n’a pas non plus fédéré autour de lui un clan de pitbulls ou d’éléphants offensifs qui feraient remparts de leur corps pour le défendre.

Son manque d’autorité est d’ailleurs à l’origine de la plupart des surnoms qui lui ont été attribués. Sa capacité à ménager toujours la chèvre et le chou, les ailes gauche et droite du PS, les rénovateurs comme les historiques, a également nourri sa caricature aux Guignols de l’info sur Canal+. En 1999, il est ce personnage niais et mou, sous-titré « François Hollande, l’autre pays du fromage ».

Pendant la campagne de la primaire, il s’est fait un point d’honneur à ne jamais dénigrer ses concurrents, convaincu que toute attaque servirait immédiatement d’argument à la droite, et nuirait à l’avenir présidentiable de « l’élu ».

Mais son passé ne parle pas pour lui. Cible de toutes les attaques, François Hollande a souvent été le premier à décocher les flèches les plus acérées contre ses propres amis. Éric Besson, du temps où ils étaient amis, reconnaissait que ça « le faisait hurler de rire ». Ce qui est sûr, c’est que tout le monde en prend pour son grade.

AUBRY

Elle le prend pour une « couille molle ». Il déteste son côté « girl-scout aboyeuse » qui pratique comme nul(le) autre l’art de la défausse. Depuis la victoire de François Hollande, le 16 octobre 2011, ils font semblant d’être de « vieux camarades », et promettent « d’avoir pour seul souci [sic] l’élection de ce dernier à la présidentielle ». Avant, ils n’ont pourtant jamais caché leur antipathie réciproque. Pendant la campagne de la primaire, elle éclate au grand jour. Échange aigre-doux lors du premier débat entre candidats, après une passe d’armes sur le nucléaire :

« Il y a de l’électricité, pas dans l’air mais à produire !, conclut Martine Aubry.

– Oui, il y a eu une clarté, mais pas forcément lumineuse », rétorque, souriant, François Hollande.

France 2, 16 septembre 2011

FABIUS

Ces deux-là ne se sont jamais aimés. Mais leur divorce est consommé à l’occasion du référendum sur le projet de Constitution européenne en 2005. Lors du référendum interne au parti socialiste, par opportunisme politique, et parce que c’est sa seule chance de reprendre le leadership sur son camp, Laurent Fabius prend la tête des nonistes. Il perd la première manche – les socialistes votent « oui » au projet de traité européen –, il gagnera la seconde – les Français disent « non » –, sans en tirer de bénéfice politique durable.

Entre les deux scrutins, malgré son autorité mise à mal, François Hollande trouve encore le cœur à rire. En revenant sur le récent ouvrage que Laurent Fabius vient de publier, Cela commence par une balade (Plon, 2003), dans lequel il confie son goût pour les virées à moto et les carottes râpées. Tout un programme.

"Après Ça commence par une balade, il n'aura plus qu'à écrire le tome II : Ça finit comme une balade."

Libération, 1er décembre 2004

PEILLON, EMMANUELLI

En 2003, à l’occasion du congrès de Dijon où François Hollande est candidat à sa propre succession au poste de premier secrétaire, la « jeune garde » et l’aile « gauche » du PS mènent une campagne très dure contre lui. Arnaud Montebourg et Vincent Peillon pour le Nouveau Parti socialiste, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon pour le Nouveau Monde échouent à faire sortir le sortant.

2004, les élections régionales se profilent, elles sont le premier test électoral depuis la réélection de Jacques Chirac. Tout le monde est rentré dans le rang derrière le premier secrétaire. Qui fait mine d’arborer toujours la même jovialité. Déplacement de campagne, il se retrouve nez à nez avec Vincent Peillon et Henri Emmanuelli. Confidence lâchée au journaliste qui l’accompagne :

« Regardez comme ils sont mignons avec leur tête de petites sœurs des pauvres. »

LANG

« Jack Lang avait toutes les qualités pour briguer la présidence de la République. C’est pour cela que je l’ai chaudement encouragé à se retirer. »

Réplique retenue pour le prix de l’humour politique en 2007

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Extraits de Le petit Hollande illustré par l'exemple, Nouveau Monde Editions (23 février 2012)

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