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La fusée Falcon 9 de SpaceX et Crew Dragon décollent de l'aire de lancement 39A du Centre spatial Kennedy de la NASA, le 15 septembre 2021 à Cap Canaveral, en Floride.
La fusée Falcon 9 de SpaceX et Crew Dragon décollent de l'aire de lancement 39A du Centre spatial Kennedy de la NASA, le 15 septembre 2021 à Cap Canaveral, en Floride.
©OE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Nouvel âge d’or pour l'espace

Paix des étoiles et Guerres dans l’espace, l’émergence d’une nouvelle voie : « Way4Space »

Retour vers le futur. Le titre du premier opus de la trilogie mythique de Robert Zemeckis sorti en 1985, il y a 37 ans, n’a sans doute jamais été d’une telle actualité.

Jean Petaux

Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, spécialiste de la vie politique française. Il s’est aussi spécialisé dans l’analyse localisée de la politique. Il dirige une collection aux éditions « Le Bord de l’Eau » intitulée : « Territoires du politique ». Prochain livre à paraître : « Entretiens avec Jacques Valade » (octobre 2021). Officier des Palmes académiques, il est, par ailleurs, membre associé de l’Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux.  

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Non pas qu’il faille s’attendre à revoir la DeLorean DMC-12 débouler sous la grande horloge du City Hall de Hill Valley avant le « grand voyage » (encore que l’on a vu l’usage que pouvait faire d’une voiture Tesla le patron de Space X en guise de lancement spatial). Il est bien plus question désormais de ce que l’on peut estimer être un « nouvel âge d’or » pour l’exploration et la conquête spatiales. La définition la plus communément admise de l’espace est celle de la Fédération aéronautique internationale qui considère que l’espace commence à une altitude de 100 kilomètres au-dessus de la mer. Pour mémoire, l’ISS, la fameuse station internationale qui a accueilli Thomas Pesquet ces derniers mois, orbite autour de la Terre à 408 kilomètres d’altitude. Et le désormais célèbre télescope spatial John Webb sera en orbite du soleil au point de Lagrange L2, soit à 1,5 millions de kilomètres de la Terre, elle-même tournant autour du soleil, et s’y trouvant plutôt bien (par rapport à d’autres de ses consœurs planétaires), à 150 millions de kilomètres de notre étoile.  

Que se passe-t-il donc actuellement pour que l’espace suscite un engouement comparable à ce que le monde a connu dans les années 60 ? Et quelle place peut occuper, dans cette nouvelle « ruée vers l’or » la France et l’Europe ? Cinq facteurs, telles les étoiles, s’alignent plutôt parfaitement pour expliquer le phénomène : la compétition stratégique interétatique ; la concurrence commerciale ; la compréhension environnementale ; la communication universelle et, last but not least, la concordance entre impulsion, innovation et accélération. 

La fin de la démilitarisation de l’espace ?

Les juristes, dont on pouvait imaginer les préoccupations plus « terre à terre » s’intéressent de nouveau à la question du « droit de/dans l’espace ». Il faut y voir le signe d’une banalisation de ce territoire extra-terrestre. Tant il est évident que l’on ne crée le code la route que lorsqu’il y a suffisamment de voitures qui roulent pour s’encastrer les unes dans les autres avant que ne s’impose la priorité à droite. Si nous en sommes-là en matière spatiale c’est que les grandes puissances, autrement dit les USA, la Russie, la Chine, au moins pour les trois États souverains susceptibles de disposer d’une stratégie spatiale en propre, ont délibérément choisi de se doter « d’armes spatiales » dont les effets peuvent être ravageurs. Il n’est pas une semaine sans que les médias n’évoquent le lancement de tel ou tel missile hypersonique en orbite basse. Les Russes auraient ainsi tiré, pour marquer le passage à 2022, une salve de leurs missiles Zircon. Les Chinois s’y essaient aussi, y compris à coup de « satellites tueurs », terme impropre mais qui frappe les imaginations. Et l’on retrouve, côté américain, les mêmes craintes que celles enregistrées à partir du lancement de Spoutnik le 4 octobre 1957, accentuées après le « vol » de Youri Gagarine 12 avril 1961 : dans la course à l’espace, de nouveau, les USA seraient nettement distancés par leurs rivaux. La réponse du Pentagone a été, en 2019, on s’en souvient, la création d’une sixième branche des forces armées américaines : l’United States Space Force (USSF) qui dépend du Département de l’Air Force et rassemble aujourd’hui environ 16.000 hommes. Il est clair désormais que l’espace est devenu un terrain de jeux stratégiques de première importance. On se reportera à la préface passionnante signée du général Jean-Marc Laurent pour le livre d’Adrien Schu, Demain la guerre ? publié aux éditions Le Bord de l’Eau, en juin 2020, pour faire le tour de la question. 

La réponse de la France, puissance spatiale elle aussi, a été comparable à l’échelle du pays, à celle des USA : l’ajout de la composante spatiale à l’armée de l’Air. Sur décision d’Emmanuel Macron annoncée le 14 juillet 2019, l’armée de l’Air, créée officiellement en 1934, s’est vue ajouter une nouvelle dimension, celle de l’espace. Florence Parly, la ministre des Armées, a officialisé le changement effectif de dénomination le 11 septembre 2020. On pourrait, facilement, ironiser sur le cas français : « Encore des mots, toujours des mots, paroles, paroles, et encore des paroles ». Mais ce ne serait ni judicieux ni recevable. Pas judicieux parce que la France figure parmi les quelques États qui participent, encore, de la conquête spatiale et pas seulement par son activité de « lanceur » depuis le point du globe le plus « efficace » (le CSG, Centre spatial guyanais, quasiment sous l’équateur), mais aussi par son activité satellitaire et ses recherches, encore confidentielles, par exemple en matière d’avion spatial, réutilisable à 100%. Pas recevable car il n’est pas possible de dénoncer une forme de retard à « l’allumage spatial » sans prendre en compte un changement structurel comme la création du commandement de l’Espace au sein de l’AAE (Armée de l’Air et de l’Espace). 

La concurrence commerciale : stimulation du marché spatial

Marc Vales, vice-président de Dassault Aviation en charge des programmes spatiaux, inaugurant un symposium organisé par le centre d’innovation Way4Space sur lequel nous reviendrons, expose parfaitement que le « marché spatial » ne s’est pas trompé quand il a adopté, dans les années 90, la fusée Ariane au détriment de la Shuttle US dont les coûts de lancement étaient 10 fois supérieurs à la fusée européenne. Même s’il est difficile, explique-t-il, de faire la distinction entre le développement généralisé de la télévision par satellite et l’énorme succès d’Ariane, comparant plaisamment l’un et l’autre des événements à la problématique de la « poule et l’œuf », toujours est-il qu’une loi s’impose, dans le spatial comme ailleurs : ne jamais perdre de vue la dimension « commerciale » des choses et le poids du marché dans le succès ou l’échec de tel ou tel projet. C’est bien, explique encore Marc Vales, ce qui a conduit la NASA et les autorités américaines à, délibérément, proposer une véritable révolution copernicienne, au début des années 2000, sous George Bush Jr. En janvier 2004, le National Space Exploration Policy a conduit à confier aux fournisseurs privés le soin de développer leurs propres modes opératoires, aussi bien côté lanceurs que côté satellites. Certaines sociétés comme Blue Origin fondée par Jeff Bezos en septembre 2000 étaient déjà dans les starting blocks. Une autre comme Space X d’Elon Musk est née deux ans après, en mai 2002, quinze mois avant sa firme automobile Tesla. Le Commercial Orbital Transportation Services (COTS), programme spatial de la NASA visant à confier à des opérateurs privés la mission d’acheminement de matériel par des véhicules robots automatisés vers la station spatiale ISS est la concrétisation de ce virage à la fois politique et technique. En 2010, le nouveau programme CCDeV (Commercial Crew Development) a lancé un nouvel appel d’offres pour, cette fois-ci, le transport de personnes vers l’ISS. Quatre ans plus tard Space X avec sa capsule Crew Dragon et Boeing avec CST100-Starliner emportaient le marché. Et c’est ainsi, depuis 2020, que les USA ont retrouvé leur propre accès à l’espace, ne dépendant plus des Russes et de leur vaisseau Soyouz. Même si cette autonomie retrouvée s’est faite avec quelques années de retard, on peut considérer désormais qu’Américains, Russes et Chinois (qui construisent leur propre station spatiale) ont déjà engagé le prochain match de la future présence humaine dans l’espace, dans une station spatiale en orbite terrestre, sur une base lunaire permanente ou, de manière plus lointaine et forcément plus durable, sur Mars.

Il est manifeste que la France et ses partenaires au sein de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ne se désintéressent pas du tout de la situation. Mais la dimension commerciale de cette compétition, si elle n’est pas nouvelle depuis 1980, introduit forcément de nouveaux acteurs dans le jeu et complexifie les configurations. La mise au point et le lancement de la future fusée Ariane 6 envisagée dans le courant de l’année 2022 (une prévision n’est hélas pas toujours avérée…) revêtent, ici, une importance stratégique.

L’espace au service du combat environnemental

Sauf à ce qu’ils appartiennent à la branche la plus « décroissante » de l’écologie politique, les tenants de ce courant de pensée entretiennent à l’égard du « spatial » une relation moins négative qu’à l’égard de l’aéronautique ou du nucléaire. Il n’est pas impossible que cette « semi-bienveillance » tienne au fait que le domaine spatial est devenu un formidable « balcon » pour comprendre ce qui arrive à notre planète, consécutivement au réchauffement climatique confondu avec le dérèglement. Par ailleurs tous les spationautes qui ont séjourné dans l’ISS sont unanimes : la Terre est une petite planète, fragile et menacée dans un univers totalement hostile. Elles et ils sont tous « redescendus » sur Terre avec le même message : « Arrêtons le(s) massacre(s) ». Leur propos, à l’inverse, est, en substance, celui-ci : « Servons-nous des outils d’observation satellitaires ou des moyens humains présents dans l’espace pour contrôler les incendies, observer la fonte des calottes arctiques et antarctiques, comprendre la montée des eaux ou le sort des glaciers ».  

Cette opportunité écologique doit être pleinement saisie par les différents acteurs du dossier spatial. Tous les spécialistes s’accordent sur le fait que le « tourisme spatial » n’a aucune espèce d’intérêt, ni scientifique, ni commercial, ni stratégique. C’est d’ailleurs la partie la plus décriée du « spatial » parmi les militants écologistes. Sur ce point, en dépit de leur côté « Khmers verts » qui les rend, le plus souvent, insupportables, force est de constater qu’ils n’ont pas tort. Dans l’autre sens, il existe bien un consensus sur le fait que la conquête spatiale peut profiter à l’ensemble des habitants de la planète Terre. C’est un phénomène suffisamment nouveau pour être pris en compte. Il participe certainement au bon alignement des étoiles que nous mentionnions précédemment.

La communication universelle impose une technologie spatiale largement déployée

Alors que les premiers temps de la conquête spatiale n’ont revêtu qu’une dimension de « conflit froid » entre deux superpuissances uniquement tournées vers « qui a gagné telle ou telle manche ? » ou bien « qui a gagné finalement ? », il n’est plus vraiment question de « compétition technologique » dorénavant. Ce qui compte c’est la construction et l’aboutissement de « chantiers spatiaux ». Si les premiers satellites mis en orbite autour de la Terre ont eu de vrais succès populaires (on se souvient de Spoutnik et de son célèbre bip-bip ; de Telstar devenu un tube) ; si les missions spatiales habitées ont également, jusqu’au vol Apollo XIII finalement qui frôla la catastrophe, tenu en haleine le monde entier : toutes ces prouesses tenaient leurs promesses parce qu’elles étaient pionnières. Il a fallu près de deux générations pour redonner le goût de l’espace au monde. Sans doute parce que celui-ci s’est rendu compte que tout universellement connecté qu’il était devenu, il ne pouvait l’être que par l’intermédiaire des satellites tournant en nombre au-dessus de nos têtes. L’ère du « village planétaire » a coïncidé avec celle du « satellite orbitaire ». En janvier 1991 la « Guerre du Golfe » en « live » sur les écrans de CNN consacre la liaison satellitaire avec des envoyés spéciaux qui commentent la pluie de missiles sur Bagdad.  Il en reste une trace dans le show-room de CNN à Atlanta : un Hummy couleur sable du désert, sa parabole et son « Sat Nav » sur le toit, trône au beau milieu du hall de ce qui fut la première télévision mondiale. Son antenne pointée sur un hypothétique satellite remplace le canon du char Sherman sur les plages normandes du D-Day.

Aujourd’hui le monde est devenu le web.  Quand 67% de la population mondiale possède un smartphone (5,3 milliards d’individus) et que 86% des Européens sont des « mobinautes », les chapelets de satellites destinés à généraliser l’offre internet sur tout le globe apparaissent déjà dans l’encre des nuits d’été. Avant-hier le satellite était un standard des PTT dans l’espace (Intelsat) ; hier il est devenu un formidable « œil » nous regardant et nous scrutant sous toutes les coutures ; aujourd’hui c’est un assistant qui nous guide (GPS, Galiléo), nous parle, nous accompagne dans nos tâches du quotidien. La communication universelle passe, quoi de plus logique, dans tout l’univers. Demain peut-être il sera possible de personnaliser son propre « Cube sat », de l’acquérir en copropriété et de lui confier des tâches particulières. 

Aux grincheux d’habitude qui ne manqueront pas de s’interroger sur le sens de tout cela, on répondra simplement qu’il n’est désormais plus question d’un futur probable car celui-ci est certain. Ce qui importe, à l’échelle d’un État, d’un regroupement interétatique, à celle de l’Europe par exemple, c’est de savoir s’il est encore possible de s’asseoir à la table de acteurs, ou s’il n’est déjà pas trop tard. Car l’essentiel est bien là : « être spatial » ou « ne plus être » à court terme. En jeu ici : l’accessibilité à l’espace proche ou lointain ; les activités pratiquées dans l’espace ; le retour sur Terre et la réutilisation des outils ; la protection et la souveraineté de l’emploi de ces derniers dans un contrôle politique et légitime renforcé, en corrélation avec les valeurs démocratiques qui sont celles de l’Europe. 

Innovation, impulsion, accélération : l’importance de la recherche. L’exemple Way4Space

C’est quand tout bouge autour de soi qu’il est nécessaire non pas de s’accrocher aux branches pour demeurer immobile, mais de réfléchir sans entraves aux choix qui vont faire le futur. On connait l’aphorisme chinois : « Le vent ne souffle jamais dans la bonne direction pour celui qui ne sait pas où il va ». En matière de recherche et innovation, dans le spatial, il n’y a pas de vents (sauf peut-être les « vents solaires » qui justement n’en sont pas…) il n’y a que des intuitions, des pistes que l’on défriche et dont on doit admettre qu’elles peuvent être des impasses, des outrances raisonnables, des apprentissages nécessaires et des réussites salutaires. Dans ce registre-là il faut saluer la multiplication des actions conduites à l’initiative de l’ESA ou du CNES pour ne parler que de l’Europe ou de la France. Il faut aussi souligner l’efflorescence de petites sociétés, ces fameuses start up, dont on sait que quelques-unes d’entre elles vont survivre mais dont la R&D est le principal carburant. À condition que les « majors » ne les écrasent pas, par peur, par « dépendance au sentier » ou par jalousie.

En France, en 2021, dans un territoire moins connu que le bassin toulousain pour l’importance du secteur aérospatial, la Nouvelle-Aquitaine, un centre d’inspiration, d’innovation et d’impulsion a vu le jour. Son nom ? Way4Space. Considérons-le comme une brique du « Next Space ». C’est une structure particulièrement originale qui associe trois grandes entreprises françaises et mondiales du secteur aéronautique et spatial : ArianeGroup ; Dassault Aviation et Thales et trois collectivités territoriales : la Région Nouvelle-Aquitaine ; Bordeaux-Métropole et la ville de Saint-Médard-en-Jalles, où sont installés les locaux de cette structure pionnière dont l’ambition est d’accompagner des projets technologiquement innovants, scientifiquement originaux et industriellement performants. L’Université de Bordeaux, tout comme le CEA ou encore le Commandement de l’Espace de l’Armée de l’Air et de l’Espace ont rejoint le tour de table. Comme il faut toujours un « dynamiteur d’énergies positives » dans ce genre de projet, c’est Alain Rousset, président PS de la Région Nouvelle-Aquitaine depuis 1998, pionnier dans le soutien à la recherche et à l’innovation à l’échelle de l’Aquitaine d’abord, de la nouvelle région depuis 2015 ensuite, qui a pris les rênes de l’attelage. Il préside l’association Way4Space créée le 17 décembre dernier après une année de préfiguration et de montage du projet. Le directeur de la structure, Pierre-André Baudart, polytechnicien de haut niveau, directeur R&T d’ArianeGroup détaché depuis un an à la tête du nouveau Way4Space, explique la démarche dans un article du site d’information économique en ligne placeco.fr : « La filière spatiale est en pleine évolution, avec l’arrivée de nouveaux usages, de nouveaux investisseurs, des changements de modèles économiques et des enjeux d’indépendance stratégique. Nous avons donc décidé de créer un centre d’innovation pluridisciplinaire pour améliorer la façon dont on appréhende les projets. Way4Space n’est ni un incubateur, ni un fonds, mais plutôt un moyen de faire émerger les idées innovantes et de les transformer en concepts en réunissant des gens qui savent de quoi ils parlent »

Ceux-là, ceux « qui savent de quoi ils parlent », sont aussi bien le général de corps aérien Jean-Marc Laurent, responsable exécutif de la Chaire Défense et Aérospatiale à Bordeaux qui a acquis en sept années d’existence une expertise reconnue dans un secteur industriel où tout le monde se connait et où les « charlots » explosent vite au décollage. « Ceux-là », ce sont aussi Pierre-Guy Amand, directeur « plateformes défense futures » chez ArianeGroup ; Marc Vales déjà cité ou encore les experts d’Aerospace Valley, le pôle de compétitivité commun à la Nouvelle-Aquitaine et à l’Occitanie. Le fait que tout cet ensemble, dont l’agilité est l’un des atouts premiers, associe des collectivités territoriales d’une part, des grandes entreprises du secteur spatial et des structures de recherche, en sciences dures ou en sciences humaines, peut surprendre quand il est de tradition que l’État régalien dispose du « monopole de l’activité spatiale légitime » pour paraphraser Max Weber. Outre que le plan de relance 2030, porté par le gouvernement et, précisément par le ministère de l’Économie et des Finances, qui, et c’est à saluer, a récupéré le spatial dans son champ de compétence, réserve une part de choix à l’espace, il n’est finalement pas surprenant qu’une structure comme Way4Space apparaisse dans l’environnement économique, industriel et scientifique de Nouvelle-Aquitaine. Historiquement berceau de la force de frappe stratégique et des missiles intercontinentaux, fabriqués depuis près de 60 ans sur le territoire-même de Saint-Médard-en-Jalles, là où s’est implanté Way4Space, la Région sait ce qu’elle doit à l’espace. Qu’elle en devienne l’un des moteurs, pour la France et l’Europe, tout cela n’est que très logique. Et puis la Nouvelle-Aquitaine a ceci de commun avec la Guyane, là d’où sont lancées les fusées Ariane, Vega et Soyouz : avec plus et près de 84.000 km2 de superficie, ce sont les deux plus grandes régions françaises. L’espace terrestre c’est aussi la clef de l’espace extra-terrestre. Dans la paix des étoiles, autant que possible.



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