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Le président de la région des Hauts-de-France et candidat à l'élection présidentielle française de 2022, Xavier Bertrand, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Chinon, le 25 août 2021.
Le président de la région des Hauts-de-France et candidat à l'élection présidentielle française de 2022, Xavier Bertrand, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Chinon, le 25 août 2021.
©JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Bonnes feuilles

Objectif 2022 : la volonté de revanche de Xavier Bertrand

Bruno Dive publie « Les kamikazes, 2022 : qui sera le prochain président ? » aux éditions de L’Archipel.  Ils veulent le pouvoir, tout le pouvoir, rien que le pouvoir. Il faut pourtant être un vrai kamikaze pour convoiter ce poste. Des ennuis en cascade, toujours plus d'urgences, des critiques de toutes parts... Qu'est-ce qui fait donc courir tant de femmes et d'hommes vers cette prison dorée qu'est l'Élysée ? Bruno Dive a portraituré les treize têtes brûlées prêtes à fondre en piqué sur le palais. Extrait 1/2.

Bruno Dive

Bruno Dive

Bruno Dive est journaliste politique et éditorialiste à Sud Ouest, spécialiste de la droite française et auteur de plusieurs livres politiques dont "La métamorphose de Nicolas Sarkozy" (Jacob-Duvernet) en 2012 et "Au coeur du pouvoir : l'exécutif face aux attentats" (Plon) en 2016. Il a également écrit Alain Juppé, l'homme qui revient de loin (l'Archipel).

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Durant le quinquennat Macron, qu’il a vécu comme une sorte de traversée du désert, Xavier Bertrand s’est parfois livré à l’autoportrait, lors des rares rencontres qu’il accorde aux journalistes ou dans des colloques avec des ingénieurs, banquiers et autres représentants de cette élite qu’il n’a jamais dédaignée et qui s’intéressent au futur présidentiable. « Qui êtes-vous ? », lui demande ainsi, lors d’un cénacle à La Rotonde en novembre 2019, l’un de ces « décideurs ». Le président des Hauts-de-France, toujours sans cravate, se gratte la lèvre avant de décliner gravement : « Politiquement, quelqu’un de droite, mais pas pour tout donner aux premiers de cordée. Le côté père de famille compte aussi beaucoup chez moi. » Sa grande différence avec Emmanuel Macron ? « Je ne suis pas un tenant du modèle anglo-saxon. » Lui se veut au contraire candidat du terrain face aux élites mondialisées. « Mes propositions, c’est ma région », résumait-il encore, manière de dire que ce qu’il avait fait pour les Hauts-de-France, il le ferait pour la « France d’en bas ». Il sent que la droite doit renouer avec le peuple. Et lui, le gaulliste social, parle d’instaurer « une république des territoires ».

À La Rotonde, il n’était alors qu’un candidat qui y pensait en se rasant, déjà résolu à ne pas passer par la primaire. « Ma primaire, ce seront les régionales », résumait-il, assurant qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle s’il était battu un an auparavant. Car « comment demander la confiance à soixante-six millions de Français, si l’on n’est pas capable d’obtenir celle de six millions de personnes » ? Une logique implacable, qui semble ne plus être tout à fait à l’ordre du jour depuis que Xavier Bertrand s’est officiellement déclaré candidat, le 25 mars 2021, dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point. Il s’y dit « totalement déterminé », évoquant avec force « son devoir ». En précipitant l’annonce officielle de sa candidature, il espère écraser la concurrence, imposer à droite sa présence comme une évidence et tuer toute velléité de « primaires » réclamées par ses rivaux. Redouterait-il l’émulation ? Il aurait alors changé de point de vue et pris de l’assurance depuis ce jour de 2009 – Nicolas Sarkozy venait de l’installer à la tête de l’UMP – où il confiait, avec cette fausse humilité qui a toujours fait sa marque : « Je ne suis pas naïf. Si ma carrière connaît une telle accélération, c’est que le niveau baisse. »

Pas sûr que le niveau se soit beaucoup élevé depuis cette époque déjà lointaine. Il est en revanche certain que l’ambition de Xavier Bertrand n’a fait que croître et embellir. Pour lui, rien n’a changé depuis ce jour d’élections municipales, dans les années 1980 à Saint-Quentin, où il confiait : « Vous ne pouvez pas imaginer… Voir l’un de vos concitoyens prendre un bulletin avec votre nom et le mettre dans l’urne, c’est magique ! » Il aimerait maintenant que son nom soit le seul à figurer sur le bulletin.

Extrait du livre de Bruno Dive, « Les kamikazes, 2022 : qui sera le prochain président ? », publié aux éditions de L’Archipel

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