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Et si Napoléon lui-même avait précipité sa fin ? Ce n’était pas la première fois, au surplus, qu’il aurait tenté de se suicider.
Et si Napoléon lui-même avait précipité sa fin ? Ce n’était pas la première fois, au surplus, qu’il aurait tenté de se suicider.
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Dans le salon avec le chandelier

Mort de Napoléon : le mystère enfin élucidé ?

Cancer, ulcère gastrique, néphrite, empoisonnement... Augustin Cabanès explique comment toutes ces hypothèses ont été tour à tour envisagées pour élucider la mort de l'empereur. Extraits de "Les morts mystérieuses de l'Histoire" (2/2).

Augustin Cabanès

Augustin Cabanès

Référence scientifique et historique, le docteur Cabanès étudie avec passion et précision les événements et les personnages qui ont fait notre Histoire.

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À quel mal a succombé Napoléon ? Est-il mort d’un cancer, comme certains l’ont dit ; d’un ulcère gastrique, comme d’autres l’ont prétendu ; d’une affection du foie ; d’une néphrite ; d’une neurasthénie chronique ; car toutes ces hypothèses ont été tour à tour envisagées.

N’a-t-on pas même fait courir le bruit qu’il avait été empoisonné ? Et ne croyez pas que ce soient rumeurs vagues, propos en l’air, tels qu’il en circule au lendemain de la disparition, plus ou moins brusque, de ceux qui ont occupé la scène du monde et y ont tenu les premiers rôles : l’écho de ce bruit a été répercuté par les personnages les plus graves, qui l’ont enregistré, l’ont discuté, l’ont pris, pendant un temps, au sérieux.

Le général Lamarque raconte qu’il a vu M. de Montholon, qu’il l’a interrogé à son retour de Sainte-Hélène. « On croyait généralement, ce sont ses propres termes, que Napoléon avait été empoisonné par le gouverneur de Sainte-Hélène, ce sir Hudson Lowe qui commandait à Caprée, lorsque je m’emparai de cette île… J’ai vu M. de Montholon ; selon lui, l’Empereur n’a pas été empoisonné, mais bien assassiné [sic] par les mauvais traitements des Anglais, par l’influence du climat de Sainte-Hélène et par les aliments qu’on lui fournissait… Aujourd’hui, il paraît certain que l’Empereur a succombé sous le poids des chagrins, des dégoûts, des vexations sans nombre et des privations de tout genre qu’on lui a fait supporter. »

Pour ce qui est de l’empoisonnement, c’est une hypothèse tellement fantaisiste que nous pourrionsnous dispenser de l’examiner. À toutes les époques, on a cru qu’un grand homme ne pouvait mourir comme le vulgaire.

[...]

Quand Napoléon mourut à Sainte-Hélène, on avait été imparfaitement renseigné en Europe sur la marche et le développement de la maladie qui l’avait conduit au tombeau ; aussi la nouvelle causa-t-elle tout d’abord une profonde stupéfaction. L’idée d’une mort violente devait venir à l’esprit de ceux, et ils sont légion, qui préfèrent, au théâtre de la vie, le dénouement le plus romanesque.

Que ne colportait-on dans les carrefours de la capitale ? Le gouverneur de Sainte-Hélène avait eu, disait-on, avec l’empereur une algarade des plus vives ; il s’était emporté jusqu’à faire un geste menaçant ; aussitôt une rixe s’était produite, au cours de laquelle l’Empereur avait trouvé la mort.

On disait encore que, sous le prétexte d’une promenade, sir Hudson Lowe avait conduit son prisonnier au bord d’un abîme et l’y avait précipité. Ceux qui voulaient paraître mieux renseignés assuraient que l’empereur ayant franchi, par mégarde, les limites imposées à ses promenades, avait été fusillé par une sentinelle.

[...]

Quand fut connu le procès-verbal d’autopsie dans toute sa teneur, un passage du document avait particulièrement frappé : il y était question d’ulcérations et de perforation de l’estomac ; de matières noires, semblables à du marc de café, contenues dans cet organe. En fallait-il davantage pour que le public attribuât à un empoisonnement ces érosions, qui simulaient si bien les symptômes d’une intoxication par une substance corrosive ?

Et si Napoléon lui-même avait précipité sa fin ? Ce n’était pas la première fois, au surplus, qu’il auraittenté de se suicider. En 1814, à Fontainebleau, il avait déjà fait une tentative qui n’avait pas abouti. Un an plus tard, et l’épisode est moins connu, le 29 juillet 1815, le docteur Héreau conte qu’avant de quitter la Malmaison, l’Empereur avait remis à M… « un petit flacon long, plat, uni et soigneusement bouché, contenant environ deux cuillerées d’une liqueur jaunâtre, très limpide. Il lui ordonna de la placer dans quelque partie de ses vêtements d’un usage journalier et qu’il pût facilement atteindre. Après l’avoir placé dans un petit sachet en peau, celui ci l’attacha sous la patte qui boucle la bretelle du côté gauche.

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Extrait de "Les morts mystérieuse de l'Histoire", les éditions de l'Opportun (février 2011)

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