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Moralisation de la vie publique : "la loi fera porter le soupçon sur l'ensemble des responsables politiques"
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Contre-productif

Moralisation de la vie publique : "la loi fera porter le soupçon sur l'ensemble des responsables politiques"

Suite à l'affaire Cahuzac, le gouvernement propose que l'ensemble des ministres, voire des députés, rendent leur patrimoine public. Une réponse inadaptée qui ne fera que porter le soupçon sur l'ensemble des responsables politiques selon le député UMP Jacques Myard.

Jacques Myard

Jacques Myard

Jacques Myard est député-maire UMP de Maisons-Laffitte (Yvelines).

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Atlantico : Suite à l’affaire Cahuzac, le gouvernement socialiste propose que l’ensemble des ministres, voire des députés, publient leur patrimoine. Ce type de mesure peut-il vraiment contribuer à la moralisation de la vie publique ?

Jacques Myard : La publication du patrimoine des élus n’est pas la réponse adéquate. Je souligne que les parlementaires ont depuis plusieurs années l’obligation de faire une déclaration au début et à la fin de leur mandat et que toute déclaration erronée est passible d’une sanction pénale.

Le projet de moralisation de la vie publique fait porter le soupçon sur l’ensemble des responsables politiques, ce qui n’est pas admissible. Le seul moyen de moraliser la vie publique est de sanctionner lourdement ceux qui ont commis une faute.

S’agit-il de transparence ou d’un "numéro de voyeurisme et d'hypocrisie" comme le suggère Jean-François Copé ?

L’objectif d’une totale transparence conduit au totalitarisme. On aboutit à la dictature de la transparence. Même si vous êtes nus, certains vous accuseront encore de cacher quelque chose. Les hommes publics comme chaque citoyen ont droit à leur vie privé.

L’ancien Premier ministre, François Fillon n’a-t-il pas lui-même céder à une certaine surenchère démagogique en révélant son patrimoine au journal de France 2 ?

François Fillon, en révélant son patrimoine aux Français, est tombé dans le piège de cet exercice de démagogie. Les socialistes ont fait campagne sur le thème de la moralité de l’action publique. Ce sont eux qui fautent et qui ont trompé les Français. A eux d’assumer leurs graves manquements et de ne pas pratiquer l’amalgame en reportant et en institutionnalisant la suspicion sur l’ensemble des élus. Tout le monde n’est pas à mettre dans la même corbeille !

Un sondage OpinionWay pour LCI et Le Figaro révèle que 36% des Français éprouvent du dégoût à l’égard de la classe politique et ils ne sont plus que 1% à ressentir du respect pour leurs représentants. Comment les politiques peuvent-ils renouer la confiance avec le peuple ?

Les Français ont raison d’éprouver du dégoût envers les hommes politiques qui ont fauté.

Il doivent, cependant, garder leur confiance aux hommes publiques dont la très grande majorité est honnête. C’est à la Justice de  sanctionner ceux qui ont failli. Quant à ceux qui crient "tous pourris !", je les invite à se présenter aux élections pour les remplacer.

Les réponses proposées aussi bien par le PS que par l’UMP sont-elles à la hauteur de la crise de défiance actuelle ?

La défiance actuelle de nos concitoyens envers les politiques est très préoccupante. Elle est d’autant plus marquée que le président de la République François Hollande et les socialistes avaient exploité la thématique de la moralisation de la vie publique à des fins électoralistes. On voit aujourd’hui la faillite de leur prétentions bruyantes à la vertu.

L’action publique reste nécessaire et noble. La quasi-totalité des élus est honnête et assume ses mandats électifs en toute honnêteté.

Si certains des élus commettent une fraude, ils doivent être condamnés et sanctionnés avec la plus grande sévérité par la justice.

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