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Elon Musk vend des parts de Telsa
Elon Musk vend des parts de Telsa
©Brendan Smialowski / AFP

Atlantico Business

Mais pourquoi Elon Musk vend-il des morceaux de Tesla en bourse ? Besoin de cash ou peur d’être passé de mode ?

Non seulement il n’a pas les 44 milliards de dollars cash pour racheter Twitter si la justice l’en obligeait finalement, mais il semble avoir du mal à pouvoir compter sur les financiers qui, au départ, avaient promis de l’épauler. Peut-être aussi a-t-il peur de la bourse.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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La semaine dernière, les milieux financiers new-yorkais ont confirmé qu’Elon Musk avait vendu pour 8,5 milliards d’actions Tesla. Opération banale d’arbitrage pour profiter du marché. Beaucoup craignent en effet une baisse durable des cours boursiers, compte tenu de perspectives de récession sur l’économie américaine.

L’explication est trop floue et n’a pas convaincu les opérateurs du marché qui pensent désormais qu’Elon Musk risque d’avoir des problèmes de liquidités disponibles si la justice américaine l’obligeait, le mois prochain, à réaliser l’opération de rachat sur Twitter comme il s’y était engagé et sur laquelle il recule très nettement.  

Les faits sont très simples. Il y a un presque un an, le fondateur de Tesla annonce son projet de racheter le réseau Twitter qui est devenu pour lui un garant de la démocratie américaine. Elon Musk connait bien Twitter, il possède une communauté de plus de 100 millions d’abonnés à qui il parle régulièrement, à qui il demande des avis et il utilise très souvent ses tweets pour peser sur les marchés. Il considère que Twitter est devenu un pouvoir à part entière, rouage essentiel de la démocratie, mis il se méfie des dirigeants qu’il soupçonne d’utiliser l’algorithme pour parfois peser sur l’opinion publique et influencer les équilibres politiques. 

Au fond, personne ne sait s’il a raison ou pas, mais beaucoup le considèrent comme crédible. Coup de pub ou coup de bluff, il avait signé une promesse de vente d’un montant historique. Le deal prévoyait l’acquisition du réseau social pour 44 milliards de dollars, il a annoncé pouvoir apporter 33 milliards de dollars en fonds propres, puis le solde, c’est-à-dire 11 milliards en provenance de quelques amis milliardaires comme lui ou quelques fonds d’investissement. 

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Le problème dans cette affaire, c’est qu’il s’est ravisé il y a quelques semaines, en prétendant que le deal surévaluait considérablement Twitter. Et pour justifier son attitude, il a laissé entendre que Twitter ne possédait pas les abonnés qu’il prétendait détenir. Non seulement il pensait que 10% du portefeuille était composé d’abonnés inexistants mais aussi qu’une grande partie avait été achetée. 

Twitter n’a pas pris de temps pour refuser ces explications et par ses avocats, a mis en demeure Elon Musk de payer. 

Le patron de Tesla risque donc d’avoir à payer dès le mois de septembre, quitte à faire appel mais plus tard. 

Elon Musk a évidemment les moyens. L’homme le plus riche du monde aurait plus de 250 milliards de dollars sous le pied. Mais sa fortune est loin d’être liquide, elle est même fortement vulnérable. Elle est liée à la conjoncture économique, à l’avenir de la mobilité électrique, à la solvabilité des voyages dans l’espace, mais aussi à sa formidable capacite à faire rêver et inspirer confiance. 

Or, les milieux financiers estiment qu’Elon Musk est un produit de l’air du temps, il est à la mode et sa fortune boursière est liée à cet effet de mode. Mais la mode, par définition, risque de se démoder, un jour ou l’autre.

Elon Musk vend donc des actions Tesla, parce qu’elles sont encore très bien cotées. L’année dernière, il avait déjà en novembre liquidé pour 8 milliards d’actions Tesla profitant d’un rebond des marchés. Il a donc, la semaine dernière, renouvelé l’opération. 

La crainte de manquer de cash si la justice l’oblige à respecter son engagement sur Twitter et le retournement de la conjoncture qui brouille l’horizon des financiers l’obligent sans doute à revenir dans le rang. 

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