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Le libéralisme, c'est l'absence de valeurs morales ?
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La loi de la jungle ?

Le libéralisme, c'est l'absence de valeurs morales ?

Quelles sont les valeurs défendues par le libéralisme ? Dans "Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants", Daniel Tourre présente de manière humoristique les bases philosophiques du libéralisme classique ainsi que des notions de sciences économiques (Extraits 2/2).

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Daniel Tourre est notamment l'auteur de Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (Tulys, 2012) et porte-parole du "Collectif Antigone". 

 

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L’égalité en droit

La nature humaine, c’est d’être un individu doté de la raison et du langage vivant en société. Quelles sont les règles - le Droit naturel - conformes à cette nature humaine ?

D’abord, par définition, tous les êtres humains partagent la même nature humaine. Il n’y a pas plusieurs types de nature humaine, donc il n’y a pas plusieurs types d’êtres humains. Il n’y a pas de sur-être humain, de sous-être humain, d’être humain du haut, d’être humain du bas. Si tous les Hommes partagent la même nature humaine, qui fonde le Droit naturel, ils sont donc égaux devant le droit.

La première règle du Droit naturel, c’est l’égalité en droit, l’égalité devant la loi. Des lois posées par les États qui distingueraient différents types d’êtres humains ne seraient pas conformes au Droit naturel. L’Apartheid, les lois antisémites ou les lois de l’Ancien Régime protégeant les privilèges de l’aristocratie sont des exemples flagrants d’une telle violation.

Aujourd’hui, sous l’influence du postmodernisme et de sa branche activiste, le politiquement correct, la loi devient différente selon les catégories d’êtres humains : loi sur la parité, discrimination positive, distinctions selon les revenus, les professions...

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© Editions Tulys

La sécurité et la propriété de soi

La première des conditions pour être un individu est d’être vivant (Hé oui, avec l’usage de la raison, on fait vraiment des découvertes stupéfiantes... Ca ne rigole pas chez les partisans du Droit naturel). D’une manière générale, on ne peut rien faire sans vivre. Agir et penser nécessitent d’être vivant, y compris d’ailleurs pour se suicider ou pour désirer la mort.

Les individus sont les seuls « propriétaires » de leur vie. Un droit conforme à la nature humaine interdit donc l’agression physique. Personne n’a le droit de vous tuer ou de vous blesser même si vous êtes très pénible à supporter.

Personne ne peut vous interdire de vous tuer doucement (alcool, joint, charcuterie) ou rapidement (euthanasie, scooter) même si vous êtes très sympathique. Le corollaire de ce droit pour un gentilhomme est le devoir de respecter la vie et la sécurité des autres personnes.

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© Editions Tulys

La liberté

Une autre violation de la nature de l’Homme serait de nier son individualité. Le traiter comme une non-personne - une fraction d’un groupe - ou confondre ses actions et ses paroles avec celles d’un autre. Le traiter comme une non-personne, c’est le traiter comme un moyen, un outil passif que l’on emploie sans se soucier de son consentement, ou même contre son consentement.

Personne ne peut disposer de votre temps et de votre travail sans votre consentement, cela s’appelle de l’esclavage. Personne ne peut limiter arbitrairement les usages potentiels que vous faites de ce temps, cela s’appelle la coercition. Respecter votre consentement, c’est respecter votre liberté.

Vous avez donc un droit à la liberté. Il ne s’agit pas de la liberté métaphysique (liberté par rapport à Dieu, à la nature humaine ou à ses passions), ni d’un droit d’être ou avoir ce que l’on rêve d’être ou avoir (liberté d’être beau et célèbre, liberté d’avoir des vacances à la plage, etc.).

Il s’agit de la seule liberté qui puisse être garantie par une loi humaine sans nuire à la liberté des autres : la liberté d’agir ou de penser sans limite autre que la jouissance des même libertés par les autres. Le corollaire de ce droit pour un gentilhomme est le devoir de respecter la liberté des autres personnes.

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© Editions Tulys

La propriété

Pour beaucoup de gens, la propriété est le vilain petit canard des droits naturels. Un truc un peu vulgaire et matérialiste par rapport à la liberté. Et surtout quelque chose d’acquis aux dépens des autres. En réalité, la propriété est un magnifique cygne conspué justement parce qu’il est le socle incontournable de la liberté. Dans ce monde matériel, l’usage libre de votre temps implique que vous puissiez  échanger ou  produire des biens matériels.

Si quelqu’un vous prend ces biens matériels sans votre consentement, cela signifie qu’il a disposé du temps que vous avez mis à les produire ou à les échanger. On ne peut être en sécurité, en vie, si l’on ne peut disposer du fruit de son travail et de ses échanges pour assurer sa survie. On ne peut être libre si l’on vous confisque les ressources que vous avez obtenues par votre travail ou vos échanges.

On ne peut être libre si l’on est obligé de quémander à l’État ou à ceux qui le dirigent l’usage de ses propres ressources en échange de la soumission ou de l’obéissance. On ne peut mener à bien ses projets si ce que l’on possède est confisqué par l’État pour que ce dernier mène à bien ses propres projets, ou plus exactement, les projets des lobbies qui le contrôlent. Le droit à la propriété est donc une conséquence du droit à la liberté et du droit à la sécurité.

Le corollaire de ce droit pour un gentilhomme (ou une gentille femme) est le devoir de respecter la propriété  des autres.

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Extraits de Pulp libéralisme, la tradition libérale pour les débutants, Editions Tulys (1 avril 2012)

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