Les pays du G7 auront-ils le courage d’aller jusqu’à fermer le commerce avec les régimes autoritaires pour étouffer les dictatures ?<!-- --> | Atlantico.fr
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Une réunion des chefs d'Etat du G7, à Hiroshima, au Japon, le 20 mai 2023.
Une réunion des chefs d'Etat du G7, à Hiroshima, au Japon, le 20 mai 2023.
©MICHAEL KAPPELER / DPA / AFP

Atlantico Business

Les dirigeants des 7 pays les plus industrialisés du monde s’entendent sur deux objectifs : d’abord aider l’Ukraine à défendre sa souveraineté et surtout veiller à ce que les progrès de l’économie de marché ne profitent pas aux adversaires de la démocratie. Le deuxième objectif peut changer profondément la mondialisation.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Réunis à Hiroshima au Japon pendant ce week-end , les pays du G7 ont retrouvé une cohésion et une cohérence dont on pensait qu’ils n’en étaient pas capables tant les frictions concurrentielles étaient lourdes et  les Brics ( pays émergents )  déterminés a changé l' ordre du monde. En fait, on a un peu assisté au mouvement inverse. Un peu parce que les occidentaux sont encore tres lâches et très lents dès qu’on parle d’argent  .

Les effets de la pandémie mondiale du Covid et surtout le déroulement de la guerre en Ukraine ont fortement contribué à renforcer, l'unité des 7 pays les plus industrialisés du monde : le Japon , la puissance hôte, a réussi non seulement à rassembler les 7 membres fondateurs de ce groupe dont l’existence remonte déjà à 1974 , mais le Japon a aussi travaillé à ce que l’Union Européenne soit représentée en tant qu’entité , d’où la présence du président de l’Union Européenne et de la présidente de la commission, mais le japon avait aussi réussi à convaincre les chefs d’État de l’Inde, de l’Afrique du sud et du Brésil a assister aux travaux comme observateurs en les laissant libre d’organiser les réunions parallèles qu'ils souhaitaient. 

Un tel casting n’a pas manqué d’être analysé par tous les observateurs de la planète notamment quand ils ont appris que le président de L’Ukraine, Vladimir Zelenski serait la Guest star en personne . L’opération surprise aurait été montée et organisée par la France dans le plus grand secret. 

Ce G7 de cette année 2023 restera donc comme celui qui aura été consacré à la guerre en Ukraine et aura permis peut-être de dégager des conditions de solutions pour sortir de cette guerre terrible. 

A priori, les solutions passent par trois voies dont les effets devraient être complémentaires :

1e voie , renforcer les aides à l’Ukraine pour créer des conditions sur le terrain propre à convaincre les Russes d’accepter de négocier d’abord un cessez-le-feu et ensuite des accords de paix . D’où un renforcement de l’aide militaire qui ira ( et tout le monde en est convaincu) jusqu’à permettre la livraison ou l’utilisation des avions . les 7 pays membre du G7 ( USA , GB , Canada , France , Allemagne , Italie et Japon) représentent le cœur de l’Otan.. En contrepartie à ce barnum de communication mondial autour de cette réunion , il semble que les pays du G7 aient commencé à faire pression sur le président de l’Ukraine pour qu’il n’insiste pas trop à vouloir récupérer la Crimée à laquelle, il faudra trouver un statut particulier. 

2e voie , les pays du G7 ont multiplié les contacts avec les dirigeants de l’Inde , du Brésil et de l’Afrique du Sud , les trois pays les plus influents du groupe des Brics  pour leur faire comprendre de nuancer leurs positions tres favorables à la Russie ..le message est passé et il a ,semble-t-il ,été entendu sauf par le président du brésil qui reste en retrait .

3e voie , les membres du G7 augmentent a nouveau les sanctions économiques sur la Russie .. Sans beaucoup d’illusion parce que  le commerce international a pris des routes parallèles pour permettre  à la Russie de continuer à toucher les revenus du pétrole et du gaz . L’Inde gros intermédiaires  de matières premières mais aussi gros exportateur de produits russes a semble-t-il compris .Le plus compliqué pour les membres  du G7  serait de bloquer toute activité directe et indirecte qui reviendrait à vendre des équipements militaires et qui serait organisée pour rendre service à la  Russie .. Mais en  fait, ça ne suffira pas .. les pays membres du G7 ont abordé l’hypothèse de bloquer tout commerce avec la Russie mais aussi avec les alliés de la Russie dont la Chine ou le Bresil . 

On retombe là sur l’idée que les progrès de l’économie de marche ne doivent pas profiter aux adversaires de l’économie de marché. En d’autres termes , l’économie de marche couplée aux valeurs de la démocratie n’est pas compatible avec les pays autoritaires.

Le principe est tres simple . Pas de relations économiques ou financières avec les pays  ennemis de la liberté. Le projet vise la Russie bien sur , la Chine ( évidemment ) et tous les régimes qui ne sont pas des Etats de droit et qui sont dans l’impossibilité de respecter les lois et les contrats, bref les régimes autoritaires. Admettre une fois pour toute , que les régimes autoritaires sont toxiques pour l’économie de maché .

Le principe est tres simple mais son application ultra compliquée . les pays autoritaires offrent des marchés importants pour les entreprises occidentales ( comment s’en priver) . Ils offrent aussi des conditions de production ultra avantageuses . Conditions à bas cout qui profitent aux consommateurs occidentaux tout en boostant la croissance mondiale.

La vraie question que pose ces conditions de la mondialisation avec des acteurs qui ne jouent pas avec les mêmes règles que  celles de la morale ou de l’éthique . Peut-on travailler avec des pays qui ne respectent pas l’état de droit , ni les codes , ni les contrats n ni même le respect de la parole donnée.

Jusqu’alors les entreprises ne faisaient guère de morale , elles faisaient de la profitabilité sans s’intéresser à la nature de la gouvernance . Aujourd’hui , les entreprises sont dans l’obligation de tenir compte des contraintes de l’environnement et de leur action sur le climat ; Demain  elles seront obligées de s’interroger sur les conditions de vie et de travail dans les pax où elles sont installées . 

C’est du moins le message envoyé par les chefs d’état et de gouvernement du G7 à la Russie et à la Chine , mais accessoirement aussi à leur opinion publique.

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