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coronavirus covid-19 enfants services pédiatriques covid long symptômes
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©CEDRICK ISHAM CALVADOS / AFP

Symptômes

Les Covid longs se développent aussi chez les enfants

Selon la plupart des études menées sur les cas de Covid long, les patients concernés sont des adultes. Les enfants peuvent-ils aussi développer une forme de Covid long s’ils sont touchés par le coronavirus ?

Robert Cohen

Robert Cohen

Le Pr Robert Cohen est pédiatre et infectiologue à l’hôpital intercommunal de Créteil dans le Val-de-Marne.

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Atlantico.fr : Dans la plupart des études sur le Covid long, les patients concernés sont des adultes pourtant selon le pédiatre britannique Dr Nigel Speight si les adultes peuvent avoir un Covid long les enfants aussi. Les enfants peuvent-ils développer une forme de Covid long s’ils sont infectés par le virus ?

Robert Cohen : Oui. C’est vrai, mais c’est l’exception, pas la règle, et on ne peut pas faire la médecine sur des exceptions. Et pour l’instant cela ne parait pas fréquent. Les pédiatres infectiologues que je préside, faisons des points chaque semaine des enfants hospitalisés dans nos différents services. On a quelques malades compliqués mais c’est très peu. Il faut bien comprendre que ce virus est pathogène essentiellement par ses effets immunitaires. Il induit des réponses immunitaires comme d’autres virus mais qui sont exagérées et inadéquates. Il n’est pas exclu que dans quelques années on retrouve des pathologies auto-immunes ou autre liées au Covid, mais pour l’instant nous n’avons pas ce signal. On se réunit très régulièrement pour savoir si on voit plus fréquemment telle maladie. Nous avons eu une alerte, il y a quelques jours, pour le purpura rhumatoïde qui est une maladie auto-immune de l’enfant. Deux d’entres nous avaient l’impression d’en voir plus que d’habitude et on les a testés, et il n’y avait pas de lien avec la Covid. Pour toutes les pathologies décrites chez l’adulte, il y a des cas cliniques rapportés chez l’enfant et en particulier chez l’adolescent. Mais c’est une question d’incidence, et celle-ci semple très faible. Il y a chez les adolescents un syndrome qui est connu depuis 20-25 ans qui est le syndrome de fatigue chronique, qui se voit beaucoup chez les adolescents et se voyait beaucoup après des maladies virales, notamment la mononucléose infectieuse qui s’attrape notamment à l’adolescence. Je n’exclus pas que puissent mener à certains cas de fatigue chronique après la COVID. Parce que ce n’est plus le virus qui persiste, c’est le déclenchement d’une réaction immunitaire inappropriée. En général - je ne parles pas du Covid parce que nous n’avons pas de recul - mais ces maladies-là ont tendance à s’améliorer avec le temps.

Les symptômes sont-ils les mêmes chez les jeunes que chez les adultes ?

Plus on se rapproche de l’adolescence, plus les symptômes se rapprochent de ceux des adultes. D’ailleurs si on fait attention à ces syndromes qu’on appelle de Covid long, ça se rapproche beaucoup – je ne parle pas des manifestations pulmonaires – de ce qu’on appelle la fibromyalgie et des syndromes post-Lyme. Ce n’est plus le virus qui est responsable des manifestations mais probablement le détournement du système immunitaire.

Le développement long du Covid peut-il représenter des complications sur la croissance ?

De ce qu’on connait des autres virus chez l’enfants qui donnent des syndromes de fatigue chronique ou des fibromyalgies on n’observe pas ça. Mais pour celui-là, on ne peut pas encore le dire. C’est pour ça qu’on se réunit souvent, parce que tout est à découvrir sur ce virus.

Si le nombre de cas vient à augmenter, devons-nous notre politique sanitaire vis-à-vis des enfants ?

Le nombre de cas est surveillé, il reste très modéré. Il faut comprendre une chose, tout enfant hospitalisé actuellement a une PCR Covid, même pour une appendicite ou une fracture. Donc on augmente artificiellement le nombres de cas hospitalisés sans que le Covid soit forcément responsable des symptômes. Plus on teste les enfants, plus le nombres d’hospitalisés est important mais sans que la raison de l’hospitalisation soit le Covid surtout quand on se fie à la PCR qui peut rester positive longtemps après la maladie. En revanche, il y a un syndrome particulier, lié au Covid, et qui est potentiellement grave c’est le syndrome de Kawasaki-like ou les PIMS. Ça le Covid en est responsable et ça peut être grave. Heureusement cela se traite par des immunoglobulines avec la corticothérapie. À ma connaissance, sur les 300-400 cas en France, ils ont tous guéri, sauf un. Ça c’est du lourd, c’est du sérieux, la majorité des enfants et des ados en réanimation ont cela. Cela nécessite un diagnostic rapide et un traitement adapté. À côté de cela, ce que nous avons de réellement lié au Covid dans nos services, c’est très peu de patients et ce n’est généralement pas très grave. Le troisième groupe, c’est ceux qui sont positifs au Covid mais qui ne sont pas hospitalisés et ceux-là sont, probablement, aujourd’hui, les plus nombreux. Nous ne sommes pas débordés par le nombre de patients dans nos services, mais parfois nous le sommes, sur le nombre de patients à tester et celui des tests positifs.

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