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Un tampon hygiénique.
Un tampon hygiénique.
©LOIC VENANCE / AFP

Bonnes feuilles

Le syndrome du choc toxique : un phénomène minimisé ?

Claudine Colozzi et Sandrine Graneau ont publié « Choc toxique: Faut-il avoir peur des protections hygiéniques ? » aux éditions Flammarion. Ce livre est le témoignage poignant d'une victime. Il est important pour chaque utilisatrice de revendiquer l'accès à des protections hygiéniques sûres et à des informations fiables pour vivre leurs règles le plus sereinement possible. Extrait 2/2.

Claudine Colozzi

Claudine Colozzi

Claudine Colozzi est une journaliste médico-social.

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Sandrine Graneau

Sandrine Graneau

Sandrine Graneau est infirmière, mère de trois enfants, et fut victime d'un choc toxique suite au port d'une cup en avril 2019.

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Octobre 2014. Orianne, vingt-sept ans, est emmenée aux urgences par le Samu. Depuis la veille, elle présente des symptômes s’apparentant à une grippe mais, en quelques heures, son état de santé s’est rapidement dégradé. Autour d’elle, médecins et infirmières se relaient impuissants à diagnostiquer ce dont elle souffre. Transférée en réanimation, la jeune femme lutte cinq jours contre ce mal mystérieux.

Parmi les nombreux examens, les médecins ont réalisé un prélèvement vaginal après avoir appris qu’Orianne était en fin de règles lors de la survenue des premiers symptômes. Réponse du Centre national de référence (CNR) des staphylocoques : Orianne a développé un choc toxique. Elle en réchappe sans séquelles, à l’exception d’une inflammation du pancréas due à la forte dose d’antibiotiques qu’elle a reçue. Comme beaucoup de femmes, Orianne n’avait jamais entendu parler de cette maladie. « On m’a dit qu’un des facteurs du choc toxique était le port prolongé d’un tampon, mais je ne le gardais jamais plus de quatre heures. »

Si Orianne a su ce dont elle avait été victime, combien de jeunes femmes n’ont pas été diagnostiquées ? Combien de malades ont fait face à une errance diagnostique qui aurait pu être fatale  ? Et pour cause, le syndrome du choc toxique n’est pas une maladie à déclaration obligatoire (MDO). Les cas recensés par le CNR sont issus de déclarations spontanées de médecins, de microbiologistes ou autres professionnels de santé. Une sous-déclaration n’est donc pas exclue. « Cela signifie peut-être que le SCT a fait des ravages dans les années 1990 dont on ne sait strictement rien. Les victimes de la maladie le confirment d’ailleurs. Souvent, elles ont erré de service en service, sans que personne comprenne de quoi elles souffraient. Ce qui est très grave, car plus cette maladie est diagnostiquée tôt, plus on a de chances d’en guérir sans séquelle », explique Élise Thiébaut, journaliste et autrice.

Le dispositif des MDO repose sur la notification de cas rencontrés à Santé publique France, via les agences régionales de santé (ARS). Les cliniciens et les biologistes, exerçant en ville ou à l’hôpital, doivent transmettre aux autorités de santé les données individuelles concernant les cas qu’ils diagnostiquent. L’exploitation de ces informations par Santé publique France permet d’orienter les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge des personnes infectées. Elle permet aussi d’analyser l’évolution temporelle de ces maladies et d’adapter les politiques de santé publique aux besoins de la population.

Dans la région Pays de la Loire, l’Agence régionale de santé a été alertée à deux reprises de plusieurs cas de syndrome du choc toxique menstruel chez des jeunes filles, dont la survenue était rapprochée dans le temps  : deux cas en 2013 et trois cas en 2016, dont des sœurs jumelles. Ces signalements ont été effectués spontanément par les médecins ayant pris en charge ces patientes. Ils se sont inquiétés de la concomitance de ces cas. À la suite de ces signalements, des recommandations (une analyse bactériologique du tampon lui-même, un prélèvement vaginal réalisé de façon précoce et si possible avant la mise sous antibiotique) ont été transmises aux services de réanimation de la région, encourageant la communication des cas au Centre national de référence (CNR) des staphylocoques. On imagine combien la duplication de cette initiative au niveau national pourrait aider au diagnostic et à la prise en charge des patientes.

A lire aussi : Le syndrome du choc toxique (SCT), une maladie rare mais grave 

Extrait du livre de Claudine Colozzi  et Sandrine Graneau, « Choc toxique: Faut-il avoir peur des protections hygiéniques ? », publié aux éditions Flammarion

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