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Le nombre, les mœurs et la loi
©Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Immigration

Le nombre, les mœurs et la loi

« Les mœurs et les manières sont des usages que les lois n'ont point établis, ou n'ont pu, ou n'ont pas voulu établir…les mœurs font toujours de meilleurs citoyens que les lois. ». Montesquieu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu est écrivain, conférencier, ingénieur, expert en Management et Directeur général et fondateur du thinktank GRES : Groupe de Réflexions sur les Enjeux Sociétaux.Perpetuel voyageur professionnel, il a parcouru la planète avant de devenir entrepreneur au Qatar où il a été injustement emprisonné près de 6 ans, sans procès. Il a publié plusieurs romans et témoignages dont : Le Châtiment des Elites, Qaptif, InQarcéré, Même à terre, restez debout ! Aujourd'hui conférencier et analyste societal, il met son expérience géopolitique au service d'une approche libérale-souverainiste de la démocratie.

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En matière de civilisation il existe trois paramètres qui défient les modèles de gouvernance. Le nombre, les mœurs, les lois.

C’est le nombre qui définit les mœurs et ceux-ci font les lois.

L’histoire des sociétés humaines est une succession de périodes de paix et de guerres chacune ayant son rôle dans l’évolution de l’espèce.  L’humanité est plurielle, vouloir ignorer les identités culturelles des groupes qui la constituent entraîne irrémédiablement la violence. Vivre ensemble ne peut se concevoir qu’au travers du partage de valeurs et de principes. 

La paix romaine qui dura deux siècles se traduit par des échanges économiques florissants dans un assemblage de territoires adoptant, la langue, les mœurs et les lois romaines.

Le Nombre

Si la France a été un espace de transit migratoire à travers l’histoire, elle n’a jamais été une terre d’immigration quoiqu’en dise Emmanuel Macron. Jusqu’en 1851 le pays comptait 1% d’étrangers résidant sur le territoire. 

En 2021 en France, selon l’Insee le nombre d’étrangers sur la totalité du territoire se situe à 10 %. Selon d’autres études, la concentration constitue la vraie problématique, entre 16 et 20 % de résidents extra-européens se regroupent dans les périphéries des plus grandes villes.

Deux civilisations aux codes et aux mœurs différents cohabitent dans un même territoire refusant d’adopter les mêmes mœurs. Les limites de l’intégration entraînent un affrontement culturel particulièrement visible en ce qui concerne les pratiques religieuses.

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  • 12 % de chrétiens pratiquants (catholiques et protestants)
  • 8 % de musulmans pratiquants (Africains, Arabes, ressortissant de l'Europe de l’Est et français)

Le traitement des dogmes religieux sur le sol français est unique en Europe du fait de l’héritage laïque de la Révolution française. La liberté de culte est totale dans l’espace privé et sujet à discrétion dans l’espace public. 

  • 50 % de la population sans convictions religieuses marquées et dont les mœurs démocratiques varient entre le laïcisme et l’idéologie progressiste d’influence libérale anglo-américaine dominante dans les médias.

Parmi cette tranche de la population, on peut considérer comme d’égale influence sur les mœurs les traditionalistes et les progressistes.

Le déséquilibre culturel constaté depuis une quarantaine d’années provient de la concentration de population émigrée dans des micro-territoires. Les banlieues des grandes villes et dans certaines régions telles que l’Île-de-France où le pourcentage de population d’origine étrangère atteint 16,9 % ou l’Alsace avec 20%. Qualifiées de territoires perdus de la République, ces zones sont en réalité des territoires abandonnés par la population chrétienne et traditionaliste. 

 Selon l’Insee, en 2019 les statistiques dénombraient des concentrations de résidents étrangers résidants pouvant atteindre dans certaines zones 33 % de la population. En matière de démographie, l’écart se creuse davantage chez les jeunes d’origine étrangère de moins de 18 ans. 

« En France métropolitaine, en 2017, seulement 22 % de ceux-ci sont d’origine européenne, 40 % d’origine maghrébine et 20 % originaire du reste de l’Afrique. », rappelle Michèle Tribalat.

Deux civilisations d’égale importance occupent désormais un même territoire. 

La notion controversée de seuil de tolérance apparue en tout début des années 1970, dans le cadre d’une étude publiée par l’Institut national d’études démographiques (INED), définissait à 10% le pourcentage au-delà duquel les conflits naissaient dans un même territoire. En 2020, aux États-Unis la Population afro-américaine a atteint 14 %, pourcentage ayant radicalement modifié les mœurs et le mode de vie White Anglo-Saxons Protestants ces dernières décennies. 

Les Mœurs

Quand Montesquieu publie de l’esprit des Lois en 1748, il pressent un changement sociétal et probablement de civilisation. La France gronde, la France a faim, les lois royales ne protègent que les nantis, le peuple s’en remet aux principes des traditions. 

Les temps ont changé, les paradigmes également. Les démocraties modernes se sont répandues dans le monde occidental avec des nuances se déclinant entre liberté et égalité.

La démocratie se construit par le nombre dont elle est l’expression, le nombre dans un territoire fait l’autorité et ce sont les mœurs du nombre qui définissent les lois. 

Les valeurs démocratiques modernes, si l’on fait abstraction de la démocratie athénienne qui était alors un système de gouvernance limité à quelques milliers de citoyens, sont issues du christianisme. Il est patent que c’est dès le début du christianisme que le déclin de l’occident a débuté alors même qu’il prenait son essor.

Quand Jésus annonce la nouvelle, il crée un schisme dans le judaïsme. Il sépare la spiritualité et la politique. Dieu est amour, c’est-à-dire dire qu’il n’est plus la loi, l’ordre et la force, il laisse aux hommes la gestion politique des affaires terrestres en regard de leurs consciences. C’est une révolution, la première et en fait la seule.

« Mon royaume n’est pas de ce monde…rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Quand on lui demande de légiférer, Jésus refuse.

Le christianisme se répand dans l’Empire romain, qui est une civilisation structurée où les lois sont établies. Les chrétiens respectent la loi romaine et ne diffusent qu’un message spirituel. 

« À Rome fait comme les Romains, ailleurs fait comme on y vit ».SaintAmbroise de Milan, un des quatre pères de l’Église d’Occident. 

A contrario, l’islam se répand dans un désert sociétal, dans une société en grande partie nomade ou sous le joug de royautés sans fondements législatif. Mahomet est alors un leader religieux, un chef de guerre et un législateur. L’Islam est un code sociétal, politique qui définit les mœurs et règle la vie des fidèles en toutes choses. L’islam n’a jamais fait sa révolution spirituelle, les tentatives soufies demeurant minoritaires, qui tente de christianiser la religion musulmane.

L’assimilation en France de la population musulmane, africaine ou arabe, signifie déstructurer l’Islam entre sa composante politique et sa spiritualité. En un mot, christianiser l’Islam.  Or la majorité des musulmans le refusent et pensent que la charia doit s’imposer sur les lois de la République. Des penseurs musulmans tels que l'imam Chalgoumi de sensibilité soufi qui prône cela, ils sont minoritaires et menacés de mort. 

La Loi

Puisque c’est le nombre qui fait loi, les politiques n’ont plus l’autorité pour faire appliquer des mesures de réduction de l’immigration. Or une loi sur le séparatisme qui ne commence pas par réduire le flux migratoire équivaut à écoper une inondation sans fermer les robinets qui l’alimentent.

Par le truchement du droit et au nom, des droits de l’homme, la Cour de justice européenne et les différentes Cours suprêmes autorisent les migrants à décider de leurs entrées sur le territoire. En France, il s’agit de 450 000 émigrés réguliers par an sans prendre en compte l’émigration clandestine qui alimente en flux continu une civilisation allochtone.

Le nombre fait désormais force de loi et les mutations des mœurs européennes sont en voie de mutation. L’effet inévitable de résistance au changement va conjecturalement générer des troubles, de plus en plus violents, jusqu’à une hypothétique stabilisation. 

Le choc des civilisations paraît inévitable, il ne s’agit plus désormais de vivre ensemble, mais de vivre de la même manière. La paix civilisationnelle ne pourra être atteinte qu’au prix du sacrifice d’un mode vie. 

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