Laurent Wauquiez, le « baron noir » de la droite | Atlantico.fr
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Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, arrive pour une réunion des Républicains, en préparation de l'élection présidentielle française de 2022, à Paris, le 20 juillet 2021.
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, arrive pour une réunion des Républicains, en préparation de l'élection présidentielle française de 2022, à Paris, le 20 juillet 2021.
©Alain JOCARD / AFP

Bonnes feuilles

Laurent Wauquiez, le « baron noir » de la droite

Bruno Dive publie « Les kamikazes, 2022 : qui sera le prochain président ? » aux éditions de L’Archipel.  Ils veulent le pouvoir, tout le pouvoir, rien que le pouvoir. Il faut pourtant être un vrai kamikaze pour convoiter ce poste. Des ennuis en cascade, toujours plus d'urgences, des critiques de toutes parts... Qu'est-ce qui fait donc courir tant de femmes et d'hommes vers cette prison dorée qu'est l'Élysée ? Bruno Dive a portraituré les treize têtes brûlées prêtes à fondre en piqué sur le palais. Extrait 2/2.

Bruno Dive

Bruno Dive

Bruno Dive est journaliste politique et éditorialiste à Sud Ouest, spécialiste de la droite française et auteur de plusieurs livres politiques dont "La métamorphose de Nicolas Sarkozy" (Jacob-Duvernet) en 2012 et "Au coeur du pouvoir : l'exécutif face aux attentats" (Plon) en 2016. Il a également écrit Alain Juppé, l'homme qui revient de loin (l'Archipel).

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Pendant deux ans, il a sillonné en tous sens la vaste région qu’il dirige depuis 2015 et dont il a fait un bastion pour la reconquête. Après l’échec de la liste qu’il avait parrainée aux élections européennes du 25 mai 2019 (8,8 %, le plus faible score jamais obtenu par la droite dans un scrutin national) et son retrait de la direction des Républicains, il s’est infligé cette traversée du désert. Mais comme il court vite, qu’il est impatient et que le temps lui-même s’accélère, cette traversée n’aura duré que deux ans et le désert a pris l’aspect d’un bac à sable… C’est néanmoins suffisant pour impressionner ses amis qui, tel Brice Hortefeux, s’émerveillent devant cette « ligne d’abstinence qu’il s’est fixée » : « Vous imaginez la force de caractère que cela suppose pour quelqu’un qui aspire à être chef de l’État ? »

De la force de caractère, il en fallait en effet pour se démultiplier pendant la crise sanitaire, distribuant des masques quand ils manquaient partout ou organisant des campagnes massives de tests, à la grande exaspération du ministre de la Santé, Olivier Véran, élu de la région, qui a préféré ne pas se frotter à lui lors des élections régionales. Sans oublier ces plans de relance ou ces plans de soutien à la montagne présentés avec un grand sens de la communication. Car la région est tenue : chaque commune qui reçoit d’elle une subvention doit en afficher le logo sur d’immenses panneaux bleus qui parsèment le petit royaume de Laurent Wauquiez.

Partir pour mieux revenir, tel est donc son pari. Avant 2017, il en avait fait un autre qui a échoué : se mettre en réserve de la campagne présidentielle – après avoir soutenu Nicolas Sarkozy pendant la primaire – et s’imposer presque naturellement à la tête d’un parti en perdition après la défaite de François Fillon. Non sans infléchir sérieusement au passage sa ligne politique. Plus question de pratiquer face au RN le « front républicain » et donc d’appeler à voter Emmanuel Macron au second tour. Wauquiez, pourtant minoritaire au bureau politique du 24 avril 2017, a réussi à imposer une consigne ambiguë, sur le thème : « Pas une voix pour Marine Le Pen. » La même consigne que celle donnée à gauche par Mélenchon…

S’il veut revenir dans le jeu et se faire accepter des Français, Laurent Wauquiez devra se défaire d’une image qui s’est dégradée avec le temps, souvent par sa propre faute. Et d’abord résoudre ce que les plus indulgents de ses ennemis (qui sont nombreux) appellent « un rapport complexe à la vérité ». Non que l’ancien député de Haute-Loire ait été un précurseur ou un adepte des fake news, mais le personnage a une fâcheuse tendance à enjoliver ses souvenirs ou à en oublier d’autres.

A lire aussi : Objectif 2022 : la volonté de revanche de Xavier Bertrand

Extrait du livre de Bruno Dive, « Les kamikazes, 2022 : qui sera le prochain président ? », publié aux éditions de L’Archipel

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