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La mairie de Paris se noie dans la gestion des piscines municipales
©Reuters

Hidalglouglou

La mairie de Paris se noie dans la gestion des piscines municipales

Le 14 décembre, la chambre régionale des comptes d'Île-de-France a rendu un rapport dans lequel elle critique la mauvaise gestion des piscines de Paris. Elle montre en particulier que le nombre d'accès gratuit aux équipements aquatiques représente une entrée sur deux !

Adrien Pittore

Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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Lorsque l'on attaque le volet sur les chiffres de la fréquentations des équipements aquatiques de Paris, le constat de la chambre régionale des comptes est sans appel : d'abord, la fréquentation par les publics scolaires et associatifs ne sont pas quantifiables. Deuxièmement, on note un recul d'environ 10% tous publics confondus.

Dans le même temps, le rapport montre que les recettes sont aussi en recul du fait de la mauvaise gestion des piscines. 

Une entrée sur deux est gratuite

En reprenant le tableau N°4 produit par la Ville de Paris, que la CRC estime lacunaire du fait des difficultés de comptage précis des entrées, met en avant une augmentation du nombre de bénéficiaire d'entrées gratuite entre 2011 et 2015. Ces chiffres sont passés en l'espace de quatre ans, de 401 728 à 414 932, soit 49,72% de la fréquentation totale des piscines parisiennes en régie. 

La CRC explique que de nombreuses dérogations au plein tarif sont délivrées directement par la Ville. Ainsi, les premiers à bénéficier de gratuité sont les parisiens demandeurs d'emploi (154 753), puis les parisiens avec pass famille (128 557) et les cartes émeraude/améthyste (61 223). 

On observe aussi qu'une gratuité a été mise en place en 2015 pour les militaires de l'opération sentinelle mais qu'ils n'ont été que 33 à en bénéficier en 2015. 

Une nouvelle hausse des prix probable

Une phrase, qui ne laisse que peu de place à l'ambiguïté, glissée entre les constats du rapport nous interpelle : "les tarifs d'accès au bassin sont faibles à Paris, qu'il s'agisse du tarif plein ou réduit." Trop faible pour la CRC ?

Le rapport détaille aussi la mauvaise gestion des équipements, avec un focus particulier sur la piscine flottante Joséphine Baker. Censée être une installation aux bénéfices incroyable, elle apparaît surtout comme un énorme gouffre financier. 

De base, l'investissement de la Ville était de 18 399 040€, auquel il faut rajouter les coûts d'entretien et ceux attrayant à la consommation en électricité et en gaz. "Il en résulte un coût net moyen de 21,69€ par usager individuel, soit un coût net proche du double de la moyenne des 39 piscines parisiennes."

Avec tous ces investissements et des recettes qui se réduisent, il n'est pas impossible que les baigneurs voient le prix de leur entrée augmenter très prochainement. Sachant que le tarif d'entrée des 39 piscines municipale avait augmenté de 17% (de 3€ à 3,50€ pour un plein tarif) en juillet 2017, on se dit que la pilule risque d'être grosse à avaler.

Les conditions tarifaires ayant été constantes sur la période, la baisse de recettes constatée, de 10,72 %, reflète l’érosion de la fréquentation du public payant ( -9,3 % de recettes d’accès aux bassins) et l’évolution du panier par usager (-13,35 % de recettes de leçons et d’activités).

La Ville a souligné l’incidence des mouvements de grève de 2013, 2014 et 2015 sur les résultats analysés par la chambre. « Cette situation a pesé, en 2016 avec l'octroi de nombreuses entrées gratuites du fait des contremarques de substitution aux titres antérieurs périmés du fait des grèves et des prolongations d'abonnement. Les recettes tarifaires progressent malgré tout de façon dynamique, passant de 6,1 M€ en 2015 à 6,9 M€ en 2016 (+12 %). En 2016, la part des entrées plein tarif dans le total des recettes est en nette augmentation passant de 44 % à 56 % en 2016. Cette augmentation se fait au détriment des activités qui ne représentent plus que 30 % des recettes en 2016 contre 40 %

Cet article a été initialement publié sur le site Décider & Entreprendre

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