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Les candidats à l'investiture Les Républicains, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Eric Ciotti, Philippe Juvin, Michel Barnier, lors d'un débat sur CNews et Europe 1.
Les candidats à l'investiture Les Républicains, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Eric Ciotti, Philippe Juvin, Michel Barnier, lors d'un débat sur CNews et Europe 1.
©JULIEN DE ROSA / AFP

Les Républicains

La diplomatie des cheveux blancs

La question de l’immigration, au coeur des débats des Républicains, est avant tout une question humaine. Elle nécessite de ne pas confondre vitesse et précipitation.

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Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr
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Lors du Conseil National des Républicains samedi 20 novembre, les 5 candidats de la droite à l’investiture pour la présidentielle ont fait montre d’un grand respect mutuel et si sur le fond les propositions sont assez semblables, sur la forme les prétendants se différencient très fortement.

Pécresse, Bertrand et Ciotti font la course aux échalotes avec Zemmour sur les questions de sécurité, de justice ou d’immigration et durcissent le ton quand il s’agit de vouloir renvoyer les immigrés illégaux dans leur pays d’origine. Parfois cela sonne faux, se donner des accents très droitiers est difficile pour qui est bonhomme et maladroit pour une grande bourgeoise.

Lors de cette audition, Barnier et Juvin sont restés modérés tout en défendant l’autorité. La droite c’est une certaine idée du respect de l’autre, l’autorité doit être naturelle et c’est incontestablement Barnier qui l’incarne. Notre « Sleepy Jo » national n’a pas besoin de vociférer pour défendre ses idées, il le fait calmement avec sérénité et détermination. Il a la stature de l’homme d’Etat, les réseaux d’un chef d’Etat.

Rarement sous la Vème République la France n’a été aussi explosive, jamais depuis la fin de la guerre froide le monde n’a été dans une extrême tension. Dans ce contexte, les pyromanes ne peuvent que nuire à l’équilibre précaire de notre époque ; en dénonçant, en attisant, ils entretiennent les peurs. La France et les grandes puissances ont la responsabilité de maîtriser les crispations entre nations, entre communautés. De Washington à Moscou en passant par Pékin, Ankara ou Rome, les dirigeants des grandes puissances sont des septuagénaires, des hommes qui ont connu les privations de l’après-guerre, la reconquête, la guerre froide et l’effondrement d’un modèle bipartite. Ils ont les mêmes repères, les mêmes références et savent que les crises ne se résolvent pas à coup de provocation. La crise des missiles de Cuba est antédiluvienne pour les jeunes générations mais elle a marqué durablement la diplomatie, les populations des deux camps ont retenu leur souffle.

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Au moment où les états construisent des murs à leurs frontières, que les supers puissances veulent récupérer leurs territoires perdus, que le réchauffement climatique et l’extrémisme religieux jettent sur les routes les plus fragiles, nos dirigeants ne doivent pas être des rocket-men dont la moindre surenchère risquerait d’être explosive. Le monde a besoin de sagesse et d’expériences.

Aucun pays ne doit être menacé de « récupérer » ses ressortissants que nous ne voulons pas.

L’immigration est devenue le sujet central de la campagne des leaders de la droite mais la réponse à l’immigration n’est pas l’expulsion, la réponse est l’intégration. Dans nos villes, sans immigration il n’y aurait plus de livraison à domicile, plus de collecte des ordures ménagères, plus de VTC, plus de petites mains dans les cuisines des restaurants, plus d’ouvrier dans le bâtiment, plus d’ouvrier  sue les chantiers publics, il n’y aurait plus de main d’œuvre tout simplement.

La question de l’immigration est avant tout une question humaine, elle nécessite de ne pas confondre vitesse et précipitation, elle ne peut se traiter que par la sagesse, elle ne peut être gérée que par un moratoire.

Michel Barnier, s’il n’est pas le chouchou des commentateurs et journalistes parce qu’il n’est pas un snipper, il est incontestablement le favori de la raison, de l’expérience et de l’Europe sans laquelle rien n’est possible.

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