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Il existe clairement de nombreux scénarios assurant Hillary Clinton de devenir la première femme présidente des États-Unis. Pour Donald Trump, les choses sont beaucoup plus difficiles. Il n’a pas, ou très peu, droit à l’erreur.
Il existe clairement de nombreux scénarios assurant Hillary Clinton de devenir la première femme présidente des États-Unis. Pour Donald Trump, les choses sont beaucoup plus difficiles. Il n’a pas, ou très peu, droit à l’erreur.
©Reuters

Cartographie électorale

Jour J aux Etats-Unis : et voici quels Etats Donald Trump et Hillary Clinton ont besoin de remporter pour conquérir la Maison Blanche

Celui de Donald Trump ou d’Hillary Clinton qui réunira 270 grands électeurs sera le prochain président des États-Unis. Pour parvenir à ce seuil victorieux, il va leur falloir arriver en tête dans un certain nombre d’États. Voici les différentes combinaisons et scénarios possibles.

Gérald Olivier

Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est aussi chercheur associé à  l'IPSE, Institut Prospective et Sécurité en Europe.

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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Cette fois, finis les spéculations et pronostics ! Les citoyens américains vont se prononcer. Il va s’agir de compter leurs voix. Au-delà du vote populaire (qui n’est pas déterminant - voir article du 7/11/2016), c’est le résultat au sein du Collège électoral qui est primordial. Il faut réunir la moitié des membres de ce collège, plus un, soit 270 personnes appelées "grands électeurs", pour être élu.

Les votes et les voix s’additionnent État par État selon le candidat arrivé en tête. Voici donc comment les deux candidats espèrent parvenir au seuil victorieux de 270.

Pour Hillary Clinton, plusieurs chemins sont possibles. Elle peut emprunter de nombreux détours et parvenir à son but. Pour Donald Trump au contraire, il n’y a pas d’itinéraire de délestage. Sa route est étroite et le moindre écart lui sera fatal.

Ces routes passent par des États "acquis" aux candidats ; par d’autres ou leur victoire est "probable" et enfin par un petit nombre qu’ils devront absolument emporter pour espérer franchir en vainqueur la ligne d’arrivée.

Hillary Clinton part avec un avantage considérable car les États qu’elle est sûre de gagner lui offrent une base plus élevée que celle de Donald Trump. Il s’agit des Etats suivants (par ordre alphabétique) : la Californie (55), le Connecticut (7), le Delaware (3), Hawaï (4), l’Illinois (20), le Maryland (10), le Massachusetts (11), le New Jersey (14), New York (29), le Nouveau-Mexique (5), l’Oregon (7), le Rhode Island (4), le Vermont (3), Washington (12), et le District of Columbia (3). Soit 187 grands électeurs.

Il lui faudra donc trouver 83 autres grands électeurs pour l’emporter. Pour cela, elle peut compter sur les États où sa victoire est "probable", mais pas assurée. Il s’agit du Colorado (9), du Minnesota (10), de la Virginie (13), du Wisconsin (10), du Michigan (16) et de la Pennsylvanie (20). Soit 78 sièges supplémentaires au Collège électoral.

Dès lors, Hillary ne serait plus qu’à 5 sièges de la victoire (187 + 78 = 265).

Le Nevada (6) pourrait alors la placer "over the top" comme disent les Américains, c’est-à-dire au-delà du seuil nécessaire. Une victoire dans le New Hampshire (4) et dans au moins un des districts du Maine (4) aurait le même résultat. Tandis qu’une victoire en Caroline du Nord (15) lui donnerait une marge de victoire de 10 voix. Remporter la seule Floride (29) lui assurerait une marge de vingt sièges. Quant à gagner tous ces scrutins, ce qui est parfaitement envisageable, elle aurait alors 323 sièges (265 + 58) et son élection prendrait l’allure d’un triomphe.

Il existe clairement de nombreux scénarios assurant Hillary Clinton de devenir la première femme présidente des États-Unis.

Pour Donald Trump, les choses sont beaucoup plus difficiles. Il n’a pas, ou très peu, droit à l’erreur. Et pourtant, la carte électorale lui est plus favorable aujourd’hui qu’à la mi-octobre. Le candidat républicain, considéré comme à la dérive quatre semaines avant le scrutin, a opéré une remontée de dernière minute dans les sondages, profitant à la fois du recul d’Hillary, consécutif à la réouverture de l’enquête du FBI sur ses emails, d’un regain de discipline dans sa campagne, ainsi que d’une volonté tardive mais perceptible des Républicains de serrer les rangs derrière leur candidat, malgré ses innombrables défauts…

Comme tous les candidats républicains depuis Ronald Reagan, Donald Trump peut compter sur la plupart des États des Montagnes Rocheuses et du Sud. Lui sont acquis (par ordre alphabétique) : l’Alabama (9), l’Arkansas (6), le Dakota du Nord (3) et du Sud (3), l’Idaho (4), le Kansas (6), le Kentucky (8), la Louisiane (8), le Mississippi (6), le Missouri (10), le Montana (3), le Nebraska (5), l’Oklahoma (7), le Tennessee (11), la Virginie-Occidentale (5) et le Wyoming (3). Soit 16 États, mais seulement 97 voix au Collège électoral, car il s’agit d’États très peu peuplés.

Cette liste compte néanmoins des absents de marque, tels le Texas, l’Utah ou l’Indiana. C’est d’ailleurs une mesure du trouble jeté par Donald Trump dans les rangs du parti républicain que de constater que certains bastions républicains historiques ne lui sont pas totalement acquis. Certes, il demeure le vainqueur "probable" de ces États et de quelques autres, mais son avantage n’est pas tel à rendre sa victoire assurée. Les États de cette seconde catégorie sont donc (toujours par ordre alphabétique) : l’Alaska (3), l’Arizona (11), la Caroline du Sud (9), la Géorgie (16), l’Indiana (11), le Texas (38) et l’Utah (6), soit 94 voix supplémentaires au Collège électoral.

De sorte qu’entre les États "sûrs" et les États "probables", Donald Trump peut envisager de se retrouver avec un total de 191 (97 + 94 = 191) "grands électeurs". Ce qui signifie qu’il lui manquera encore 79 voix pour parvenir à 270. D’où l’extrême difficulté de la tâche. Une tâche qui serait rendue quasi impossible s’il venait à ne pas remporter tous les États précités. Une défaite en Géorgie par exemple serait à la fois humiliante et mathématiquement rédhibitoire. D’autant qu’elle augurerait sans doute d’autres défaites ailleurs.

Mais à supposer que Trump remplisse son quota d’États acquis et d’États probables. Il lui faudra ensuite remporter pratiquement tous les "Etats-clés" (swing states) pour être élu. Il s’agit de la Caroline du Nord (15), de la Floride (29), de l’Iowa (6), du New Hampshire (4), du Nevada (6) et de l’Ohio (18). Ces six États totalisent 78 sièges. Ce qui le porterait à 269 et une égalité parfaite avec Hillary Clinton si elle remportait tous les autres États. Trump pourrait espérer se retrouver "over the top" en remportant au moins un district du Maine (car cet État n’accorde pas tous ses grands électeurs au vainqueur, mais comporte un élément de proportionnelle dans sa répartition des grands électeurs). Ainsi, avec une voix supplémentaire glanée dans le Maine, Trump aurait 270 grands électeurs et serait élu président des États-Unis.

Il existe pour lui deux scénarios alternatifs, même s’ils demeurent peu probables. Si Trump parvenait à créer la surprise en remportant soit le Wisconsin (10), soit le Michigan (16), deux États de la ceinture de rouille où il espère rallier des électeurs démocrates avec son message protectionniste et nationaliste, alors il pourrait se permettre de ne pas gagner en Caroline du Nord, au New Hampshire ou au Nevada. A la surprise de pas mal d’observateurs, Trump s’est d’ailleurs déplacé dans ces deux Etats, ainsi qu’au New Hampshire, dans les derniers jours de la campagne. Alors même qu’il y accusait de 5 à 7 points de retard sur Hillary Clinton. D’où des interrogations. Soit Donald Trump avaient d’autres sondages en main, soit il bluffait, soit il perdait son temps…

Une victoire de Donald Trump, si elle se concrétise, sera acquise à l’arrachée. Et peut-être sans la majorité du vote populaire. Hillary Clinton, au contraire, peut l’emporter de très peu, ou très largement.

Et il existe bien un scénario où les deux candidats se retrouveraient à égalité avec 269 grands électeurs chacun. Dans ce cas de figure, la décision reviendrait à la Chambre des Représentants. Or, celle-ci est dominée par les Républicains qui y disposent d’une majorité de trente sièges (247 contre 188). Même en tenant compte de l’abstention possible des élus républicains ayant pris leurs distances avec Donald Trump, on imagine mal le candidat républicain ne pas remporter ce scrutin si les choses en arrivaient là…

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