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Selon cette hypothèse, l’univers lui-même pourrait être un hologramme.
Selon cette hypothèse, l’univers lui-même pourrait être un hologramme.
©Reuters

Hypothèse

Inoffensifs ? Une nouvelle théorie indique que nous pourrions être engloutis par un trou noir sans même le remarquer

Selon l’hypothèse du Dr Mathur, les trous noirs seraient bien moins effrayants que le commun des mortels ne peut l’imaginer. D'après lui, le trou noir ne serait pas un assassin mais une sorte de photocopieuse d’un genre nouveau.

Olivier Sanguy

Olivier Sanguy

Olivier Sanguy est spécialiste de l’astronautique et rédacteur en chef du site d’actualités spatiales de la Cité de l’espace à Toulouse.

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Selon la théorie du "fuzzball" développée par un scientifique de l’université de l’Ohio, les légendaires trous noirs ne produiraient pas d’effet destructeur, mais parviendraient plutôt à créer des reproductions ou des hologrammes de tout ce qu’ils touchent. Au regard de cette théorie, l’univers lui-même pourrait être un hologramme. Contrairement à ce que l’on peut penser, l’étrange théorie du "fuzzball", affirme que la zone d’amplitude d’un trou noir ne fait pas disparaître tout ce qu’elle touche, bien au contraire. 

D’après l’hypothèse du Dr Mathur, les trous noirs seraient donc bien moins effrayants que le commun des mortels ne peut l’imaginer. Selon lui, le trou noir ne serait pas un assassin mais une sorte de photocopieuse d’un genre nouveau.

Spécialiste de l’astronautique et rédacteur en chef du site Enjoy Space, Olivier Sanguy revient sur les conclusions ce cette théorie : "L'hypothèse de Samir Mathur de l'Ohio State University semble en effet aller à l'encontre de l'image que l'on se fait des trous noirs. Par essence, on ne peut pas observer un trou noir puisque la lumière ne s'en échappe pas. En revanche, ce qu'on observe, c'est le disque d'accrétion autour du trou noir, un disque où la matière se concentre en rotation autour du trou noir avant de "tomber" dedans. Le problème est que les conditions qui règnent dans un tel disque sont incompatibles avec la survie de la Terre puisque les températures y sont considérables et que les effets de marée gravitationnels finiraient par disloquer notre planète... Il faut comprendre que Samir Mathur est un spécialiste reconnu de la théorie des supercordes, plus particulièrement appliquée aux trous noir. Il s'agit là d'un puissant outil mathématique et théorique qui est employé pour tenter de résoudre les incompatibilités entre les équations d'Einstein et la physique quantique. Certains physiciens espèrent ainsi unifier les deux théories en apparence inconciliables ".

En 2003, le Dr Mathur avait soutenu que la matière n’était en fait pas avalée par les trous noirs, mais avait plutôt tendance à se déverser sur eux. L’un des aspects les plus intéressants de cette théorie est que celle-ci permet d’en formuler une nouvelle, selon laquelle l’univers lui-même est un hologramme. 

"Dans cette théorie, l'information des objets aspirés par un trou noir n'est plus ‘détruite’ (cette destruction pose d'ailleurs un énorme problème théorique appelé paradoxe de l'information), mais ‘dupliquée’ selon le principe holographique (des informations sur une surface en 2 dimensions peuvent décrire un objet en 3 dimensions). A partir de là, on imagine cette histoire de Terre copiée. Avec des imperfections cependant, car cela résout d'autres problèmes théoriques" poursuit Olivier Sanguy.

Comme pour la puce de sécurité d’une carte de crédit, le principe de l’hologramme suggère l’existence d’une surface dans une autre dimension (peut être une 4ème dimension, ou au-delàs), que ne nous pouvons évidemment pas voir. Cette surface contiendrait alors toutes les informations nécessaires pour décrire un objet en trois dimensions, qui, en l’occurrence, serait notre univers. 

"Je pense qu'il s'agit là surtout d'une image de vulgarisation destinée à faire comprendre des travaux théoriques de pointe qui reposent sur un formalisme mathématique complexe, celui de la théorie des supercordes. Dans ce cas, le but est de résoudre théoriquement des problèmes physiques certes fondamentaux (paradoxe de l'information des trous noirs) et qui peuvent un jour nous permettent de mieux comprendre l'Univers, mais qui restent très pointus" commente le rédacteur en chef du site Enjoy Space.

Mais selon le Dr Mathur, si la théorie la plus populaire sur les trous noirs (celle du firewall) est exacte, alors l’idée selon laquelle l’univers est un hologramme est forcément fausse. Depuis dix ans, il tente de défendre corps et âme sa théorie, mais en 2003, les spécialistes ont rapidement contesté le bien-fondé de son argumentation, assurant que des "copies parfaites" ou des hologrammes ne pouvaient pas être réalisées. Le Dr Mathur a donc désormais affiné sa théorie, en modifiant un de ses axes principaux : les copies de matières engendrées par un trou noir seraient imparfaites. 

Pour Olivier Sanguy, cette imperfection est bien l’un des vecteurs essentiels de la création de l’univers : "Le rayonnement fossile en est un exemple. Il s'agit de la lumière émise 380.000 ans après le Big Bang et qu'on observe dans le rayonnement des micro-ondes car cette lumière a été décalée bien au-delà de l'infrarouge par l'expansion de l'Univers. Cette lumière nous montre la ‘soupe primordiale’ qui devrait être homogène. Mais ce n'est pas le cas : il y a d'infimes irrégularités de températures qui sont interprétées comme autant de "grumeaux" qui ont favorisé la concentration de matière. Si matière et énergie étaient réparties de façon parfaitement uniforme, il n'y aurait ni étoiles, ni galaxies, ni planètes... ni êtres humains pour en parler !". 

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