Il n'y a pas de théorie du genre à l'école... mais c'est bien pire | Atlantico.fr
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Il n’y a pas de théorie du genre à l’école.
Il n’y a pas de théorie du genre à l’école.
©Reuters

Peillon a raison !

Il n'y a pas de théorie du genre à l'école... mais c'est bien pire

Cela s’appelle l’« ABCD de l’égalité des sexes ». Et c’est disponible sur le site du Centre national de documentation pédagogique.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Ça fait six pages bien tassées. Des fiches pour les profs. Des fiches pour les élèves. Schémas. Argumentaires. Questions. Réponses. Mais pour comprendre (à supposer qu’il y ait quelque chose à comprendre), il faut aller de lien en lien. Cliquer et cliquer. Une tâche prométhéenne et donc impossible. Heureusement, sur le site de Causeur, un esclave masculin d’Élisabeth Lévy s’y est collé après avoir été préalablement fouetté par la susnommée, tout habillée de cuir pour la circonstance.

C’est ainsi que grâce à cette redoutable maîtresse dominatrice on a pu apprendre deux ou trois choses sur la méthode préconisée pour enseigner aux petits l’égalité des sexes. Haro sur les héroïnes de contes de fées, la Belle au bois dormant, Blanche-Neige, Cendrillon, etc. : des connasses « qui ont un rôle passif de faire-valoir du héros » et qui ne se définissent que « par leurs critères de beauté ». Il leur sera préféré des « princesses qui ne veulent pas se marier », loin, « loin des princesses sages et conventionnelles ».

Il est également suggéré de « déconstruire la figure du Petit Chaperon rouge ». Dans une « danse scolaire », les filles seront incitées à jouer le loup et les garçons, le Petit Chaperon rouge. Car « la lutte contre les stéréotypes passe d’abord par la mixité des rôles loup-Chaperon ». C’est bien, ça ? Non, pas du tout. Car les écologistes, ardents défenseurs du loup, militeront certainement pour une autre version. C’est le loup, animal inoffensif et innocent, qui devra être mangé par le Petit Chaperon rouge, fille ou garçon. Et c’est une Amazone, intrépide chasseresse, qui ouvrira le ventre de la monstrueuse créature pour délivrer l’adorable petite bête.

À les suivre, il n’y a aucune raison pour que nos vaillants pédagogues s’arrêtent à mi-chemin. Dès les premières années du collège, on « déconstruira » les cours d’éducation sexuelle encore influencés par une inacceptable valorisation du mâle. La position dite « du missionnaire » (d’essence coloniale et dont tant de femmes noires ont souffert) sera ainsi vilipendée et décriée. Les professeurs et les élèves seront incités à chercher dans le Kamasutra des positions plus neutres et plus égalitaires. Celles qui montrent quelqu’un au-dessus et quelqu’une au-dessous seront proscrites. Et puis, tant qu’à délirer avec les auteurs de l’« ABCD », on proposera au CNC (Centre national du cinéma) d’accorder des aides spécifiques aux films qui montreront tout nus, et de préférence allongés sur le dos, des sex-symbols tels que George Clooney ou Mathieu Amalric.

Pour les élèves un peu plus mûrs, fin des années collège, début des années lycée, il faudra pousser la « déconstruction » beaucoup plus loin. Dans nombre de CDI, il y a des CD de Brassens. Ses chansons seront épurées. Celle où il est question de sa femme, une fieffée salope, qui « a le feu au cul », ce qui l’incite à se coucher nue sous le premier venu, sera impitoyablement retirée des rayons. On lui préférera « le Gorille », où l’animal en rut dédaigne les avances des guenons et les charmes d’une grand-mère pour se taper un juge…

Pour rester dans le domaine de nos ancêtres (les singes, pas les Gaulois), une très célèbre histoire, qui se raconte entre deux joints, sera opportunément modifiée. La voici. Cela se passe au Kenya, au pied du Kilimandjaro. Sur la véranda d’une maison coloniale, trois vieilles Anglaises prennent le thé. Surgi de la jungle, un énorme gorille, à peu près dans le même état que celui de Brassens, s’approche d’elles. Il en prend une sous son bras puissant et l’emporte vers la forêt en poussant des cris de bête. Les deux Anglaises restées sur la véranda se regardent et, en chœur : « Qu’est-ce qu’elle avait de plus que nous ? » Eh bien, dans la version relookée par les auteurs de l’« ABCD », les trois vieilles Anglaises seront remplacées par trois vieux Anglais.

Un programme spécifique devra également être élaboré pour les populations scolaires « issues de la diversité ». Il leur sera demandé de remplacer le « nique ta mère » par « nique ton père ». Aucun substitut n’ayant été trouvé à « fils de pute », ce dernier terme sera lourdement sanctionné. En revanche, « enculé », dépourvu de toute connotation sexiste et antiféministe, sera vivement encouragé. Enfin, tout en continuant à interdire le port du voile pour les filles, il sera exigé des garçons qu’ils viennent voilés à l’école.

À droite, certains malveillants s’insurgent contre cet « ABCD ». Ils s’indignent qu’on ait dépensé les deniers de l’État pour des expériences pédagogiques qu’ils jugent ubuesques. Non seulement ils sont malintentionnés, mais en plus ils sont mal informés. Car, pour écrire l’himalaya de conneries que constitue l’« ABCD », il faut être vraiment, mais vraiment bénévole.

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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