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Hermès résiste bien aux crises
Hermès résiste bien aux crises
©Joël SAGET / AFP

Atlantico Business

Hermès : dans le monde de l’ultra luxe, le sellier continue de faire cavalier seul…

Hermès n’était pas, au départ, destiné à faire du luxe. Mais, par la force de son savoir-faire, de ses traditions et de son management, la marque a gagné ses galons dans le monde très fermé de l’ultra luxe.

Aude Kersulec

Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

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C’est à Pont Audemer, en Normandie, où les haras sont nombreux, que Thierry Hermès fait ses premières armes en tant que sellier. 

La grandeur parisienne gagne vite le jeune entrepreneur, qui ouvre sa première manufacture dans la capitale en 1837, rue du faubourg saint-honoré, pour être au plus près des clientèles aisées.

En 1867, lors de l’exposition universelle de Paris, Thierry Hermès remporte une médaille d’argent. Le début de la notoriété… A l’époque, ça lui permet d’être connu jusqu’au tsar de Russie qui lui commande des produits.

Si lui ne vend que des harnais ou des selles, bien vite, ses héritiers - fils et petit-fils - vont élargir l’offre. Après avoir équipé le cheval, Hermes habille le cavalier. De la casaque de course au sac de transport, les nouveaux produits sont nombreux. Dans ces années-là, les élites ont pris goût aux voyages et aux loisirs, ce qui crée de nouvelles envies. 

L’horlogerie, la bijouterie et la décoration apparaissent ensuite, tout comme le fameux carré de soie, le carré Hermès qui nait en 1937, 100 ans après le premier atelier. Autre icône Hermès, le sac Kelly, qui sera adopté par l’actrice et fera le tour du monde.

Les produits sont essentiels mais dans la famille Hermès, les visages sont aussi importants. 

Une figure marquante, c’est Jean Louis Dumas ; arrière petit-fils de Thierry Hermès. C’est lui qui va s’occuper de la maison de luxe, aussi bien économiquement qu’artistiquement. 

Il dessine le fameux Birkin après avoir rencontré la jeune femme dans un avion, désespérée de ne pas trouver de sac adapté à sa vie de jeune maman….

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Il lui conçoit un grand cabas, élégant, avec des fermoirs - les fameux fermoirs Touret - et des sanglons, dans la plus pure tradition Hermès... 

Pour développer le chiffre d’affaires, Jean-Louis Dumas va notamment jouer la carte de la croissance externe, ce qui restera une exception pour le groupe. Rejoignent Hermès les souliers John Lobb ou encore Puiforcat, la marque d’orfèvrerie 

Solide financièrement, coté en bourse, Hermès se paie même le luxe de résister dans les années 2010 à l’assaut de LVMH. La famille reste unie face au numéro un mondial du luxe.

 Aujourd’hui, l’indépendance est assurée et assure la perennité de l’entreprise. La sixième génération d’artisans et de dirigeants est aux manettes. Trois familles issues de leur ancêtre commun dirigent encore Hermès : les Puech, les Guerrand et les Dumas. 

Axel Dumas, neveu de Jean-Louis, est l’actuel dirigeant d’Hermès. Très discret, comme tous les Hermès, dans cette famille, on oeuvre surtout pour le bien commun. 

La crise sanitaire ou l’inflation n’ont pas fait de mal à l’entreprise ; les listes d’attente pour se procurer un sac sont toujours aussi longues. La rareté crée l’envie et ça marche toujours autant. 

Finalement, les coups durs ont toujours réussi au sellier. Comme, pendant la Seconde Guerre mondiale… A cause d’ une pénurie de couleur marron, le sellier avait alors du utiliser, pour ses boites en carton de l’orange. Un orange Hermès devenu iconique...

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