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Le gardien de but français Hugo Lloris commet une faute sur le milieu de terrain portugais Danilo Pereira lors du match de l'UEFA EURO 2020 entre le Portugal et la France à Budapest, le 23 juin 2021.
Le gardien de but français Hugo Lloris commet une faute sur le milieu de terrain portugais Danilo Pereira lors du match de l'UEFA EURO 2020 entre le Portugal et la France à Budapest, le 23 juin 2021.
©Darko Bandic / POOL / AFP

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France Portugal : pour les Bleus, tous les espoirs sont désormais permis (mais tous les doutes pas levés)

Euro 2021 - Portée par un Karim Benzema retrouvé et auteur d'un doublé, l'équipe de France achève la phase de poules en concédant un nul logique face à des Portugais accrocheurs. Un match nul à deux gagnants puisque les Bleus, premiers de leur groupe, affronteront la Suisse en huitièmes de finale à Bucarest et que les Portugais, troisièmes, iront défier les Belges à Séville.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Après avoir vu leur équipe éprouver les pires difficultés dans la fournaise Hongroise, c'est peu dire que les supporters français avaient un peu accusé le coup. La déception ayant été à la hauteur de leurs attentes, certains avaient même le front barré d'un pli soucieux et la lippe boudeuse. Il est vrai qu'il n'y avait vraiment pas de quoi "tricolorer" de joie... La faute, principalement, à un collectif souffreteux et à une absence de complicité à la pointe de l'attaque qui donnait l'impression qu'Mbappé et Benzema ne se donnaient rendez-vous qu'en paire inconnue... Dans ces moments-là on connait la rengaine : comme un boomerang revenant des jours passés, le doute revient toujours en hâtant le pas. Les Bleus devaient donc régler la mire pour rectifier les tirs. Mais contre des Portugais qui devaient se racheter de leur échec cinglant face aux Allemands et jouer leur qualification sur un match sec, on se doutait bien que ça n'allait pas être du millefeuille...
Et ça ne l'a pas été. Sauf pour les téléspectateurs, car ce choc opposant le champion de monde au champion d'Europe a accouché, contre toute attente, d'un match aussi fou qu'illogique. On se disait qu'avec deux équipes à vocation défensive et de tels enjeux, le jeu serait fermé, cadenassé... Mais même si ce fut le cas jusqu'à la fin de la première mi-temps et l'égalisation de Karim Benzema sur pénalty, on se trompait. Parce qu'après, attention ! Ce fut autre chose ! De quoi se lever de bonheur ! De quoi avoir envie de chanter du François Valéry ou de guérir par simple apposition des mains ! Oui, bon, j'exagère un peu... mais gardez tout de même l'idée que le match fut particulièrement riche en rebondissements. Il faut dire que l'affaire était mal engagée lorsque Lloris a confondu le ballon avec la tête de Danilo à la 29ème minute...
Résultat : pénalty transformé par Ronaldo. Ensuite, pas grand-chose ou presque jusqu'à une faute très discutable sur Mbappé qui donnait à Karim Benzema l'occasion, sur pénalty, de débloquer enfin son compteur en bleu (47e). Le plus beau restait à venir quand le Madrilène réussissait à doubler la mise une minute plus tard... avec un quart d'heure d'écart ! Si, c'est possible. C'est ce qui arrive lorsque l'on marque juste avant et juste après la mi-temps... Nous y reviendrons. Nous aurions pu en rester là si Jules Koundé n'avait pas eu une main jugée baladeuse sanctionnée par un nouveau pénalty transformé par l'inévitable Ronaldo (60e). Un énième but en sélection (nous y reviendrons également) qui soldait les comptes et accouchait au final d'un partage des points équitable sur l'ensemble de la rencontre. 
Pour tenter d'analyser le match, nous pourrions évidemment souligner le poids de l'arbitrage dans le résultat final (Lloris échappant au rouge par miracle sans que l'on sache s'il fallait remercier la VAR ou le préposé à l'arbitraire), la différence de production des Bleus sur les deux mi-temps ou encore la bonne entrée de Coman... Nous pourrions... Mais il est certainement préférable de resserrer la focale sur les deux cadors de la soirée : Karim Benzema et Cristiano Ronaldo. 
Concernant le premier, cet artisan d'élite, le voir marquer deux fois en bleu après cinq ans et 258 jours à poireauter dans une salle d'attente éclairée au néant aura fait plaisir à tout le monde. Son second but est un modèle du genre à voir et à revoir : avec un appel magnifique, une passe lumineuse de Pogba et une frappe croisée sans retenue d'un joueur retrouvé. Un but d'école. Dans une soirée qui aura dit beaucoup sur sa force mentale, Karim Benzema a tout simplement remis l'équipe de France sur les rails. À toutes les questions données, voici la réponse qu'il nous pose. Désormais, on peut dire que son Euro est certainement lancé.
Avec le second, c'est encore différent, puisqu'avec un tel cador, il convient de faire dans le "génuflexif". Car ce joueur, multimédaillé du travail et prix Nobel du physique, peut figurer en allégorie de quelques-unes des vertus les plus représentatives de son sport. Dieu du football pour certains depuis ses dix-sept ans, à un âge où d'autres n'auraient pas cru s'y fier, ce monstre sacré vient tout bonnement de rentrer dans sa trente-sixième année sans frapper. Fort de ses états de service, trop longs pour être énumérés ici, on peut presque dire qu'il a mérité le droit de profiter de son immortalité de son vivant. Ses 108 et 109èmes buts sous le maillot Portugais ne font pas que l'installer (provisoirement) co-meilleur buteur dans l'histoire des sélections nationales, ils disent aussi presque tout : chapeau bas.
À l'issue d'une soirée folle, avec deux doublés et trois pénaltys, les Bleus terminent à la première place du groupe F. Ils ont donc gagné le droit de défier la Suisse dans un huitième de finale dont ils seront les favoris logiques. Ce sera lundi prochain à Bucarest. Au classement final, ils devancent l'Allemagne, pourtant tenue en échec en Hongrie (2/2), et le Portugal. Puisqu'une autre compétition commence, l'équipe de France est arrivée à un nouveau point de départ qui autorise tous les espoirs sans lever tous les doutes. Avec des prestations inégales, une identité de jeu pas toujours lisible, un flanc gauche décimé par les blessures et un côté droit qui interroge, on peut dire que les chantiers ne manquent pas. Mais hier soir, juste après le coup de sifflet final, tout cela n'avait pas beaucoup d'importance. Plus question de système... de 4-2-3-1 ou de 4-3-3... L'essentiel était ailleurs puisque tout le monde était content... Le match avait été aussi fou que débridé et voir l'horloge indiquer 23h n'avait même plus la moindre importance... C'est toujours comme ça quand deux équipes voient midi à leur porte... 

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