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©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Tribune

Eric Schahl : « Tout ne s’achète pas. Mais il est temps de mettre nos idées en vitrine ! »

Une tribune d’Éric Schahl, délégué général de l’UDI.

Eric Schahl

Eric Schahl

Eric Schahl est délégué général de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). 

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Sept membres de la nouvelle garde des Républicains viennent de signer une tribune rappelant opportunément au Président de la République que « tout ne s’achète pas ». Ils ont raison d’affirmer que le débauchage d’individualités – s’il dessine un costume d’Arlequin –ne fait en aucun cas celui d’un Président.

Il y a une question, toutefois, à laquelle leur tribune ne répond pas. Emmanuel Macron est florentin et son cynisme n’égale que celui-ci de François Mitterrand ?Donc acte. Il se met en scène dans un combat prétendument inéluctable contre l’extrémisme pour mieux asphyxier la droite et le centre ? Dont acte. Mais nous sommes les seuls fautifs de notre difficulté à redevenir audibles auprès de nos concitoyens.

Si nous voulons cesser de retomber dans le même piège de notre positionnement par rapport à Emmanuel Macron ou Marine Le Pen, il faudra commencer par dire enfin qui nous sommes. En effet, pour éviter de mettre dans la lumière nos divergences, nous avons sans cesse reporté le débat de fond sur le projet politique que la droite et le centre veulent porter.

Quels que soient le talent indéniable et les convictions sincères de chacun des signataires, qu’est ce qui les rapprochent entre eux sur l’économie ou sur l’Europe ? Quelle ligne dégagent-ils ? Celle des souverainistes qui appellent au retour des frontières ou celle des fédéralistes qui veulent plus d’intégration européenne ? Celle des étatistes qui veulent financer des emplois aidés ou celle des libéraux qui veulent créer des richesses avant de les distribuer ?

Certes, pour le Cardinal de Retz – source inépuisable d’inspiration pour le même François Mitterrand on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. Mais nous sommes arrivés au bout de cette logique.Sans clarté, nous n’intéresserons plus les Français. Nous ne pouvons plus nous soustraire à ce débat. Chacun devra y prendre sa part en assumant ses convictions ; et les Français le trancheront.

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Le projet auquel j’aspire est libéral, européen, girondin et écologiste. Certains des signataires de cette tribune partagent cette conviction. D’autres sont aux antipodes. La confrontation d’idées n’est pas une faiblesse. Elle est une maïeutique nécessaire. Nous ne devons plus taire ces différences. Nous devons les trancher.

J’aspire à un projet de liberté autant sur le plan économique – parce qu’il faut libérer le travail et desserrer la pression fiscale sur ceux qui créent l’emploi – que sur le plan sociétal parce que je désire une société de libertés où personne n’impose une norme, même majoritaire, à autrui. Débattons-en !

J’aspire à plus d’Europeparce que, pour défendre notre souveraineté et nos modes de vie, les Etats sont devenus trop petits pour rivaliser avec les grandes puissances continentales. Si nous ne nous fédérons pas sur de grands projets structurants, nous serons balayés. Débattons-en !

J’aspire à moins d’Etat parce qu’à force de vouloir tout faire l’Etat obèse finit par faire tout mal. L’Etat doit se concentrer sur ses missions régaliennes et confier aux collectivités tout le reste selon le principe de la subsidiarité ascendante. Débattons-en !

J’aspire à une prise de conscience écologique, celle d’une écologie positive qui n’oppose pas progrès et environnement. Et je ne me satisfais ni des outrances idéologiques des Verts français ni du relativisme d’une partie de mes amis qui, s’ils ont raison de refuser l’écologie punitive, se voilent parfois la face sur l’urgence climatique. Débattons-en !

Comme les signataires de la tribune le proposent, les convictions doivent l’emporter sur les ambitions personnelles. Alors, mettons nos convictions sur la place publique et débattons-en devant les Français. Si nous ne le faisons pas aujourd’hui, nous ne gagnerons pas demain.

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