Et maintenant, un second tour Sarkozy/Le Pen ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
Et maintenant, un second tour Sarkozy/Le Pen ?
©

L'affaire DSK

Et maintenant, un second tour Sarkozy/Le Pen ?

Consternation en France : Dominique Strauss-Kahn a passé la nuit de samedi à dimanche dans un poste de police de Harlem, à New-York, accusé d’agression sexuelle. De quoi chambouler les primaires socialistes et l'élection présidentielle de 2012.

Hash H16

Hash H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

Voir la bio »

Surprise pour tous ceux qui ne connaissaient pas les frasques du patron du FMI, tristesse pour ceux qui voyaient en lui le candidat le plus solide pour la présidentielle de 2012, colère pour ceux qui croient déceler un odieux coup monté d’une droite décidément prête à tous les coups fourrés : les réactions n’ont pas manqué, et on peut parier que l’affaire sera suivie à la loupe par tout ce que le pays comprend de personnes passionnées par la politique, soit, approximativement, 65 millions de Français.

L’affaire ayant lieu sur le sol américain, pays paradoxalement à la fois pudibond et premier producteur de matériel pornographique, on comprendra que les médias locaux, particulièrement friands de tels scandales, aient déjà abondamment commenté la nouvelle en notant régulièrement, à l’instar du New York Times, l’humiliation que représente l’arrestation du Français et la déjà conséquente liste de ses frasques passées.

Le risque ici est que la communauté internationale regarde la France différemment au travers de ce lamentable épisode ; il est vrai que l’image renvoyée par cette affaire est catastrophique pour DSK, aussi bien en tant que Français, qu’en tant qu’ex-futur candidat socialiste à la présidentielle et qu’en tant que patron du FMI.

En effet, cette institution, qui impose actuellement l’austérité à certains citoyens de pays en difficultés, permet tout de même à son dirigeant de loger dans des suites dont le coût s'élève apparemment à 3 000 $. On a vu plus ascétique. Et on s’attend à un comportement, pour un potentiel président français, irréprochable ou, à tout le moins, qui ne fricote pas trop dangereusement avec le code de procédure criminel.

Les primaires socialistes et l'élection présidentielle chamboulées

Mais à présent, quoi qu’il arrive et que Strauss-Kahn soit coupable ou non, la tournure de la vie politique française vient de prendre un virage en épingle à cheveux. Il en va de la politique comme du reste : rien n’est jamais joué d’avance et il semblerait donc que la présidentielle 2012 va prendre un tout autre visage que celui que les sondages s’escrimaient pourtant à brosser avec leurs grossiers pinceaux.

Il apparaît maintenant clair que les primaires socialistes seront un tantinet chamboulées : il semble difficilement envisageable pour Strauss-Kahn de mener campagne en France alors qu’il devra aussi subir un procès qu’on imagine déjà long et pénible aux Etats-Unis. Dès lors, on retombe avec les candidats déjà déclarés dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne déclenchent qu’un enthousiasme tiédasse, même parmi les sympathisants socialistes.

On imagine assez bien François Hollande ou Martine Aubry se lançant à corps perdu dans une bataille morne et molle, ponctuée des coups bas ridicules de la droite et des réponses pathétiques de la gauche, sur le mode "demain, nous, on rase plus gratis que les autres ".

C’est, quelque part, fort dommageable : DSK en candidat socialiste aurait eu, au moins, matière à sérieusement inquiéter un candidat de droite tant la différence aurait été réduite entre les deux prétendants ; cette configuration aurait certainement amené des débats homériques.

Avec les personnages que nous propose l’actuelle gauche, cette éventualité est définitivement écartée : on aura le droit à la soupe clairette qu’on nous sert depuis 30 ans, les petites phrases en moins. La conséquence tragicomique est évidente : tout se met en place pour un joli second tour Sarkozy / Le Pen. J’en connais plus d’un qui n’iront pas voter, en ce joli mois de mai 2012…

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !