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Les professions liées au Web sont souvent mal comprises par les parents.
Les professions liées au Web sont souvent mal comprises par les parents.
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Tu fais quoi exactement ?

Dix emplois d'aujourd'hui difficiles à expliquer à ses parents

L'évolution du monde du travail et des technologies a conduit à la création de métiers qui n'existaient pas il y a encore quelques années. Et il est parfois difficile d'expliquer la nature de son travail à un repas de famille.

Il arrive de plus en plus régulièrement que le seul intitulé de notre poste ne suffise pas à expliquer clairement ce que l'on fait dans la vie. L'avènement des réseaux sociaux et l'évolution numérique ont amené à la création d'emplois qui n'existaient pas il y a quelques années. Selon une étude menée par LinkedIn sur 16 000 adultes, un parent sur trois ne comprend pas vraiment l'activité professionnelle de ses enfants. Deux tiers des parents aimeraient en savoir plus, la moitié considérant qu'ils apporteraient un meilleur soutien s'ils en savaient plus.

"Etant donné tous les nouveaux types d'emplois qui se sont créés ces dernières années, il est compréhensible que de nombreux parents ne comprennent pas ce que font exactement leurs enfants comme travail", explique Pat Wadors, l'un des vice-présidents de LinkedIn. L'étude a permis d'établir la liste des dix emplois les plus incompréhensibles de notre époque.

1. Designer interactif(74% d'incompréhension) : C'est lui qui aide à concevoir les parties d'une application Web ou un logiciel avec lesquels les gens interagissent tels que les boutons mis en place pour acheter un objet.

2. Actuaire (72% d'incompréhension) : Il utilise lesstatistiquesconcernant un individu pour comprendre son comportement passéet évaluer le coût nécessaire pour l'assurer.

3. Data scientist (62% d'incompréhension) : Il analyse lesinformations recueillies à propos d'une une entreprise, etidentifier des modèles(économiques, par exemple) qui pourraient aiderses dirigeantsà prendre de meilleuresdécisions.

4. Community manager (61% d'incompréhension) : Il assure la promotion de son entreprise à travers les différents réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter.

5. Éditeur de contenu(59% d'incompréhension) : C'est à lui de s'assurer que chaque article qui ira sur le Web ou dans une publication papier ne contient aucune erreur et qu'il n'y manque rien (titres, photos, légendes, etc). On l'appelle "secrétaire de rédaction" dans le cadre des médias.

6. Sociologue (52% d'incompréhension) : Il décryptelescroyances et les comportementsdes gens enréalisant et analysant des enquêteset des interviews.

7. Producteur d'une émission de radio (51% d'incompréhension) : Ilsuperviseune émission de radioou une partie d'une émission,en choisissantla musique,en faisant venir les invitéseten gérant les intervenants.

8. Manager en relations publiques (50% d'incompréhension) : Il coordonne les entrevues de ses clients et fournit des informations à leur sujet dans les médias, mêlant les fonctions d'un attaché de presse et d'un agent.

9. Manager d'équipe sportive (43% d'incompréhension) : Il s'assure quesonéquipe obtienne de bons résultats,en gérantles entraîneurset les athlètes, supervisant les entraînementset prenant des décisionsde jeupendant les matchs.

10. Conseiller en investissements (43% d'incompréhension) : Son rôle est de mettre en relation des personnes qui ont de l'argent avec ceux qui en ont besoin. Il aide certaines entreprises à en acheter d'autres.

Atlantico : L’évolution technologique, économique et sociétale a amené la création de nouveaux emplois et de nouvelles fonctions qui n’existaient pas forcément à l’époque de nos parents. Ce phénomène d'incompréhension est-il propre à notre époque ou a-t-il toujours existé ?

Stéphane Hugon : Il faut se rendre compte que cette incompréhension est normale tant elle relève de pratiques liées à deux mondes différents. Nous avons connu une accélération de notre histoire à partir du milieu des années 1990 qui a provoqué une accélération relationnelle, économique, politique et, d'une manière générale, de notre culture commune.

On a vécu à d'autres moments des cas similaires d'incompréhensions générationnelles. Dans les années 1950, par exemple, le développement des objets du quotidien - ce que l'on a appelé le "génie domestique" - a provoqué les mêmes réactions. A ceci près que la transformation de la société a été plus lente et axée sur la famille, permettant ainsi une meilleure compréhension et acceptation de la part des générations précédentes.

Les métiers du numérique et d’Internet ont-ils accéléré cette incompréhension entre les générations ?

Le digital a créé une différenciation. D'abord parce que le Web a touché en premier lieu des marges. Il s'agissait d'une technologie "de geeks" uniquement comprise par des geeks. Internet a en plus remis en question la culture de l'expertise, née au 19ème siècle et qui a duré jusque dans les années 1990. Le choc a été violent. Le contact entre la technologie et la culture populaire permet désormais de mener des activités sans forcément être un expert dans le domaine. On peut par exemple développer sans être développeur. C'est cette évolution qui a créé des emplois que l'on a dû exercé avant même de pouvoir y donner un intitulé.

Nos enfants n’ont-ils pas alors de grandes chances d’exercer eux-mêmes des métiers que nous ne comprendrons pas ?

J'ai le sentiment que le choc a été très fort mais de courte durée. Les emplois liés aux évolutions technologiques vont se banaliser et je pense que l'essentiel de la rupture est derrière nous. Nous nous trouvons actuellement dans une phase d'acceptation qui fait que l'évolution technologique et les métiers qui en ont découlé sont malgré tout de plus en plus compris. Un sentiment d'habitude se crée petit à petit.

Peut-on dire, à l'inverse, que l’évolution technologique a amené des jeunes travailleurs à ne pas connaître des métiers qui étaient exercés par la génération de leurs parents voire de leurs grands-parents ?

Non, je ne crois pas. Les transformations que l'on a connues par le passé ont surtout été quantitatives. On a travaillé plus et produit plus mais dans le fond, les choses sont restées les mêmes du 19ème siècle jusqu'à la fin du 20ème siècle. Les travailleurs actuels ont complètement intégré les codes des générations précédentes.

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