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Comment un pays riche comme la France peut-il fabriquer autant de pauvres ?
©Reuters

Bonnes feuilles

Comment un pays riche comme la France peut-il fabriquer autant de pauvres ?

Comment et pourquoi la pauvreté ne cesse de se renforcer en France et comment ne pas vous faire prendre dans l’engrenage. Extrait de "La Fabrique de pauvres", de Simone Wapler, publié chez Ixelles éditions (1/2).

Simone Wapler

Simone Wapler

Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).

Elle est l'auteur de "Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent: ... et ce que vous devez faire pour vous en sortir !", paru chez Ixelles Editions en mars 2013.

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La France : un pays riche d’une situation géographique enviable, d’une rare variété de paysages, jouissant d’un climat tempéré, avec un patrimoine historique qui attire des hordes de touristes, une gastronomie qui fait saliver d’envie le monde entier, pléthore de routes et de voies ferrées encore en bon état, eau-gaz-électricité-téléphone-Internet à tous les étages, y compris dans les bergeries les plus reculées, un peuple alphabétisé.

La France : le plus fort taux de chômage des pays développés (hormis les pays déjà en faillite déclarée), une consommation d’antidépresseurs par habitant parmi les plus élevées au monde19, un système d’enseignement dont les performances se dégradent20, une part toujours croissante de la population incapable de vivre dignement sans assistanat.

La France est la fabrique de pauvres la plus performante du monde. Notre pays si riche d’atouts est incapable d’égaler en termes de richesse par habitant le Danemark ou Singapour ; pire, il régresse au point de faire maintenant partie des États à problèmes dits « trop gros pour faire faillite ». Comment en sommesnous arrivés à faire si bien fonctionner cette fabrique de pauvres ?

Quelques chiffres et ratios clés de la fabrique de pauvres

• La France consacre 32 % de son PIB aux dépenses sociales, premier rang parmi les 34 pays de l’OCDE qui y consacrent en moyenne 22 %.

• 70 % d’une classe d’âge obtient son baccalauréat, alors que ce chiffre n’était que de 35 % il y a trente ans. Mais le chômage des jeunes atteint 25 %21.Les entreprises subissent des prélèvements record de 66,6 % de leurs résultats comptables (contre 29 % en Suisse, 33,7 % au Royaume-Uni et 48,8 % en Allemagne)22.

• Entre 1990 et 2012, le nombre d’agents publics a augmenté de 26,2 % tandis que l’augmentation de la population n’était que de 12,5 %. La France compte 5,6 millions d’agents publics dont la masse salariale représente 22 % du budget de l’État et 13,5 % du PIB, un des niveaux les plus élevés des pays développés.

• Les chômeurs s’ajoutant aux retraités et aux assistés, à peine 40 % des Français produisent par leur travail les ressources qui font vivre l’ensemble de la population23.

• En 2014, la dette publique a dépassé 92 % du PIB et 2 000 Mds€, le déficit a atteint 4,4% du PIB et 85,6 Mds€.

• Le déficit commercial est de 4,6 Mds€.

• Un pays qui consomme plus qu’il ne produit s’appauvrit. La fabrique de pauvres empile consciencieusement chaque année déficit budgétaire (depuis quarante ans) et déficit commercial (depuis dix ans).

Encore plus de chômage, d’exclus, de pauvres, mais toujours plus d’impôts, de taxes, de charges, de dettes, censés justement lutter contre les inégalités, faire régner la « justice sociale ». Et si c’était voulu, politiquement planifié ?

Il est de l’intérêt des politiciens de créer la dépendance

L’influence d’un homme politique est proportionnelle à la masse d’argent qu’il distribue. Plus de nécessiteux, c’est plus de dépendance à la redistribution et plus de voix faciles à conquérir. Cynique, pensez-vous ? Mais comment expliquer que depuis au moins vingt ans les commissions, observatoires, rapports, livres blancs, propositions s’enchaînent sans que rien ne change ? Si rien ne change, c’est que l’ordre établi satisfait ceux qui nous gouvernent. Tout a très bien été organisé, pensé, gravé dans le marbre de la loi et de la réglementation.

La fabrique de pauvres est donc voulue et assumée par la classe politique quel que soit le bord dont elle se réclame. Lorsque l’environnement économique international était particulièrement porteur, la France aurait pu s’enrichir. Qu’à cela ne tienne, à ce moment-là, la parade a consisté à importer des pauvres et à taxer plus. « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » indiquait Michel Rocard en 1989 avant de se reprendre et de préciser : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part. » Manuel Valls dévoilait que 35 000 étrangers en situation irrégulière (des clandestins qui bafouent la loi) avaient été régularisés en 201324, une augmentation de plus de 50 % par rapport à 2012. C’est ainsi que même en période économique faste, la France arrive seulement à conserver son rang dans les pays développés, en ne réussissant jamais à faire mieux. Les assistés et les dépendants se multiplient, justifiant ainsi toujours plus d’État, d’interventions, de redistributions et de zélés élus et serviteurs publics.

Extrait de "La Fabrique de pauvres", de Simone Wapler, publié chez Ixelles éditions, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

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