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Un membre du personnel soignant vaccine un homme contre la Covid-19. Selon Nature, les vaccins réduisent bien le risque de développer la Covid-19 mais des questions se posent sur le Covid long.
Un membre du personnel soignant vaccine un homme contre la Covid-19. Selon Nature, les vaccins réduisent bien le risque de développer la Covid-19 mais des questions se posent sur le Covid long.
©Lionel BONAVENTURE / AFP

Freiner les contaminations

Cet article de Nature qui pose la question de la faible efficacité des vaccins contre les Covid longs

Selon une nouvelle étude publiée dans Nature, les vaccins réduisent bien le risque de développer le Covid-19 mais les résultats sur leur effet protecteur et contre les formes de Covid longs sont au coeur des débats de la communauté scientifique.

Antoine Flahault

Antoine Flahault

 Antoine Flahault, est médecin, épidémiologiste, professeur de santé publique, directeur de l’Institut de Santé Globale, à la Faculté de Médecine de l’Université de Genève. Il a fondé et dirigé l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (Rennes, France), a été co-directeur du Centre Virchow-Villermé à la Faculté de Médecine de l’Université de Paris, à l’Hôtel-Dieu. Il est membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine. 

 

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Atlantico : C’est un fait, les vaccins réduisent le risque de développer des formes graves du Covid-19. Mais les infections à la Covid-19 peuvent aussi déboucher vers des symptômes sur une longue période dit « Covid long ».  À l’heure actuelle, que savons-nous de la protection des vaccins sur les Covid-long

Antoine Flahault : La question des Covid longs est l’une des plus complexes de cette pandémie. Elle renvoie aux limites mêmes de la médecine moderne qui ne sait pas bien sous quel angle s’attaquer à des problèmes de santé qu’elle a du mal à comprendre et même à seulement définir. Il y a d’autres groupes de maladies comme cela, par exemple les myofasciites à macrophages ou peut-être aussi la maladie de Lyme. Il semble assez clair que des personnes rapportent des symptômes qui persistent au-delà de cinq à six semaines après une infection Covid diagnostiquée. Ce peut être par exemple une séquelle de perte du goût ou de l’odorat et alors c’est relativement simple à établir. Mais ce peut être aussi des pertes cognitives, une dépression, une incapacité à retourner au travail, une perte de l’équilibre en position debout, voire des troubles cardiaques ou même une insuffisance respiratoire. Bref le cadre nosologique de ces symptômes est vaste et parfois leur absence de cohérence apparente ne renvoit pas, le plus souvent, à un mécanisme uniciste de leur origine. Les médecins s’y perdent et, démunis, parfois jettent l’éponge et renvoient le patient à la solitude de ses symptômes, sans solutions thérapeutiques satisfaisantes. Face au flou des contours du Covid long, l’épidémiologie du phénomène est incertaine, des séries avançant que 10 à 20% des infections présenteraient des signes ou des symptômes persistants au-delà de cinq à six semaines. Les Covid longs peuvent survenir aussi bien après des formes bénignes que sévères de Covid, aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Pour revenir à votre question, dans ce cadre incertain, que fait la vaccination du Covid contre les Covid longs ? Eh bien, sans grande surprise, certaines études affirment qu’elle réduit de moitié les signes du Covid long et d’autres qu’elle n’a aucun bénéfice sur ces pathologies post-infectieuses. Il a été constaté des Covid longs survenant chez des personnes vaccinées ayant fait par la suite une infection Covid.

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À nouveau, certaines études évoquent une réduction significative de la symptomatologie des Covid longs après vaccination, d’autres ne voient pas d’efficacité de la vaccination post-infection sur les Covid longs.

Une couverture vaccinale complète est-elle la seule manière de se protéger et de guérir des Covid longs ? 

Je n’ai pas connaissance d’aggravation de Covid longs à cause de la vaccination mais les seules contradictions que j’ai pu lire dans la littérature sur le sujet du vaccin et des Covid longs portaient sur le niveau de protection des vaccins en la matière, allant de zéro à 50%. Je conseillerais donc de toujours tenter la vaccination, d’une part préventivement, puisqu’elle limite les infections Covid, même imparfaitement, alors elle devrait réduire, même partiellement les Covid longs. D’autre part, en post-infection, si elle réduit les signes de Covid longs chez certains patients, sans être connue pour les aggraver, alors cela vaut la peine de la tenter.

Pour retrouver l'article de Nature, cliquez ICI

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