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Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, prononce une allocution lors de la 27e édition du "Salon des Entrepreneurs", à Paris, le 6 février 2020.
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, prononce une allocution lors de la 27e édition du "Salon des Entrepreneurs", à Paris, le 6 février 2020.
©©ÉRIC PIERMONT / AFP

Les entrepreneurs parlent aux français

Ce que des entrepreneurs feraient mieux que les candidats à la présidentielle

Dans la vie rien ne sert d’être modeste. Il faut juste éviter la prétention gratuite, celle de l’arrogant qui pense tout faire mieux que tout le monde. Être le « Captain America » de tout sujet est réservé aux comics de Marvel.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Ceux d’entre vous qui restent (terrible erreur) en permanence derrière leur poste TV doivent pourtant avoir la sensation que tous ces experts qui défilent sur les plateaux auraient bâtis un monde parfait si seulement on les avait écoutés. Car ils savaient, eux ! Mais la plupart refont l’histoire après la guerre, ce qui est classique, mais ils le font avec un tel aplomb que l’on arrive parfois à se demander pourquoi on n’écoute jamais la voix des sages. Ils ne sont pas sages, mais simplement opportunistes, et n’ont pour talent que de savoir se faire inviter par des journalistes souvent dépassés.

La modestie empêche l’ambition, et l’ambition n’a rien d’arrogante, elle est la manifestation de l’estime que l’on a pour soi, pour son prochain et la place que l’on veut y jouer, le rôle de moteur dont on rêve pour mettre les autres rouages en place, car pour qu’un moteur démarre, pour que chacune de ses pièces se mettent à jouer à l’unisson, il faut que quelqu’un ait tourné la clé du contact. C’est ce que devrait faire les entrepreneurs. Ils ne sont pas plus importants, ni plus intelligents, ni plus essentiels (important ce mot d’essentiel, depuis que l’arrogance de ce gouvernement ait tenté de distinguer entre ceux qui méritent ce terme et ceux qui peuvent crever). Mais ils peuvent savoir, mieux que d’autre, où est la clé qui met le moteur en route. Ou le réanime. L’entrepreneur a l’ambition, mais ne peut rien faire seul. Il ne doit pas être modeste, mais avoir l’humilité de réaliser que sa soif de réussite ne peut être que collective. J’ai toujours répété que l’entrepreneuriat était un égoïsme d’utilité collective, et la présidentielle devrait être l’occasion de le prouver. 

Malgré cela, sur les plateaux, on continue à donner la parole à des perroquets qui débitent des promesses aussi anciennes que déconnectées de la réalité et surtout de la vérité. Cette longue introduction, pour vous dire à quel point, à ce moment de l’histoire, notre voix devrait prendre le pas sur des débats menés essentiellement par des candidats dont la carrière a suivi une courbe d’échec qui nous a amené à ce qui caractérise notre pays et notre continent (l’Europe) aujourd’hui : Le déclin.

Alors je vais tenter de vous dire, ce que nous nous disons, nous, clés de contact, avec ou sans fil, quand nous pensons à l’avenir de nos pays.

Il y a 3 termes essentiels pour la réussite d’un pays, et pour chacun d’entre eux, nous sommes la clé de leur réussite et de celle du pays.

Territoires

Nous avons en France, 36000 communes. 90% d’entre elles voguent entre désespoir et faillite. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi ajouter une pelletée de terre supplémentaire sur la tombe, chaque jour que les Gouvernements font ? Pourquoi ces territoires qui font notre richesse sentent le poids de la terre presser, un peu plus chaque jour sur leur caveau, promettant asphyxie et oubli ? Je vous épargnerai le pourquoi, pour aller directement à la solution.

Nos politiques se gargarisent d’un vocabulaire bourré d’hormones et d’OGM, d’arômes artificiels : Développement durable. Circuits courts. Réindustrialisation. La recherche du mieux pour remplacer la culture du toujours plus. L’identité. La diversité. Ces mots sont beaux. La réalité révèle la laideur de l’expérience sur le terrain. 

Terrorisés par l’idée que l’on arrache une couche au mille-feuille administratif, les Maires des grandes villes se sont empressés d’ajouter une grosse couche bien grasse et protectrice au mammouth : Les métropoles. Ainsi, s’il venait à l’esprit de certains politiques clairvoyants de reparler de simplification et de supprimer le département, la métropole aura entre temps remplacé la feuille supprimée. +1/-1. Le compte est nul, comme nos décideurs, et le mille-feuille toujours aussi imposant. En réalité personne n’en parle plus, et nous avons ainsi une couche de plus. Brillant ! Les métropoles sont la chambre à gaz des territoires, asséchés sans pitié au profit de la grande ville. Les hommes et les biens perdent leur vie et leurs biens, leurs emplois et leurs entreprises, services publics inclus, santé, éducation, communication. Tout y est systématiquement supprimé au profit du centre urbain.

Les entreprises ont une autre proposition à faire. Sauter dans le plateau vidé de la balance des territoires et redonner aux petits et moyens, les non essentiels, le soin de réanimer notre pays. Comment ? C’est assez simple.

Qualité de vie, circuits courts, écologie ? Elle appartient aux « petits territoires ». Alors injectons y de l’ambition et de la technologie. 30% des emplois peuvent se faire à distance. Aidons à la relocalisation des salariés chez les « petits ». 

Pour cela il faut y trouver éducation, santé, logistique et technologies. L’éducation et la formation supérieure et professionnelle, pourraient être en partie distantes, comme la médecine. Un monde d’équilibre entre le distant et le présentiel. Les technologies le permettent aujourd’hui. Leur arrivée redonnera de la valeur à l’immobilier, et donc à l’avenir de ses habitants, par la transmission, qui devait être dépourvue de droits de succession.

Il faut des gros tuyaux, afin que l’internet puisse tenir ses promesses. Et non pas des zones blanches qui sont une honte pour un pays développé. Il faut des imprimantes 3D, qui permettent de délocaliser la production afin d’alimenter son territoire. Circuits courts, écologies en seront les principaux bénéficiaires. Plus efficace et surtout plus réaliste que l’impossible relocalisation, que la chimère de la réindustrialisation. Il ne faut pas tenter de ramener nos industries, il faut créer celles du 21ème siècle. 

Chaque Français peut devenir un producteur de bien, de la gaufre Lilloise, à la pièce détachée automobile. Des tiers lieux de production qui alimentent un territoire tout entier. Avec la souplesse et l’adaptabilité que cela suppose. Avec la baisse des coûts que cela permettrait. Tout le monde y gagnerait. Même la production agricole s’en trouverait révolutionnée, permettant à des agriculteurs d’un siècle nouveau de pouvoir espérer plus que les 600eur de retraite qui les condamnent souvent (statistiques terrifiantes à l’appui) au suicide. Labourer la technologie pour y faire pousser une croissance responsable. Voilà une bien belle promesse. Donnez aux entrepreneurs l’investissement et la fibre et ils redonneront leur valeur aux territoires.

Nous transformerons ainsi nos gilets jaunes en or vert.

Sécurité

Je ne passerai pas trop de temps sur ce sujet glissant mais essentiel qu’un seul candidat aborde de façon éduquée la plupart du temps, malgré quelques accrocs et erreurs. Une équipe ne fonctionne que si elle a un but commun et un accord sur la façon de l’atteindre. Si une minorité forte vient saboter l’effort de la majorité, la machine ne vibre pas à l’unisson et le moteur s’enrhume ou pire, s’arrête. 

On a voulu depuis 20 ans ou plus, « refiler » aux entreprises le soin de faire le bien de la société à la place du politique. Il faut mettre fin à cette lâcheté. Les entreprises ne sont pas là pour mettre en œuvre une mission impossible ou des promesses démagogiques. SI l’État doit rester laïque, l’entreprise doit rester agnostique. Elle n’est pas là pour devenir un comptoir à promesses politiques mais pour réussir un objectif économique, avec un niveau de responsabilité qui lui permette d’apporter sa pierre à la cohérence sociétale. Pas pour le faire à la place du politique. 

La montée de la « woke culture » à laquelle tant d’entreprises cèdent pour éviter d’être lynchées sur les réseaux sociaux, le nouveau tribunal de la conscience facile, est un fléau pour la réussite collective. L’unité ne s’obtient pas en servant une messe différente à chaque particularisme. On se fiche de savoir dans une entreprise si la personne veut des WC pour un soi-disant 3ème sexe ou une absence d’appartenance sexuelle, on a besoin de personnes compétentes et motivées qui ont envie de s’épanouir en apportant leur pierre à un édifice qui leur profite en retour. Une entreprise n’est pas là pour que s’expriment des cultes et que s’y répandent des salles de prières, quel que soit le culte. Elle doit prier pour être toujours là le lendemain. C’est la seule religion qui compte. Un entrepreneur et les salariés qui y collaborent ne sont ni hommes, ni femmes, ni d’une couleur ou d’une religion. Ils sont des travailleurs.

Il faut donc reprendre la maison en main, accepter que chacun fasse ce qu’il souhaite dans sa sphère privée, et le respecter et le garantir, mais tout cela reste à la maison. Pas au boulot. Il faut que tous ceux qui n’aiment pas notre modèle, aillent retrouver un lieu, une terre, une culture qui leur conviennent et cessent d’imposer à la majorité des pièces du moteur, un échec couru d’avance sous prétexte de diversité. En contrepartie, l’entreprise ne doit pas discriminer sur d’autres critères que celui de l’envie et de la compétence. Et sur ce terrain, rien que sur le sujets du rôle des femmes, nous avons encore du chemin à faire.

Numérique et souveraineté 

L’avenir appartient à l’ambition. Au pouvoir, responsable, mais pas niais. Pas naïfs. Les USA, la Chine, ne sont pas naïfs. L’Europe l’est. Les USA et la Chine sont conquérants, ce sont des attaquants. Nous sommes des défenseurs. Ils ont les outils, nous sommes leurs consommateurs. Il faut changer cela, maintenant. Dans 5 ans, 10 ans, peut-être même aujourd’hui, il sera, il est, trop tard. Il faut un plan massif, 100 milliards à minima, afin de se doter des technologies qui donneront le pouvoir à certains, et la résignation aux autres. C’est maintenant. C’est la seule chose qui permettra de réanimer le rêve Européen, et non, une pseudo unité de façade face à la Russie.

Espace, data, quantique, maillage internet mondial, cyber sécurité, IA, préférence Européenne, transition digitale des PME (encore les petits et moyens), transformation de nos navires amiraux, efficacité des Etats et de l’administration. Tout ce qui fait la puissance de la Chine et des USA doit être mis à disposition pour assurer la nôtre, au service d’un modèle de société, celui qui fait briller l’histoire dans les yeux des touristes du monde entier qui nous visitent. Un passé qui loin d’être un terrain sur lequel nous capitalisons, afin que l’avenir ne soit pas une insulte au passé, mais que ce soit le passé et ses valeurs qui remontent à la surface. Un passé qui désormais garantit une partie de notre présent en transformant nos économies Européennes en musées, en rétroviseurs qui marquent à quel point nous avons perdu ce qui a fait notre gloire. Les Lumières revisitées, et une lumière sur l’avenir.

La mondialisation ne décapite que ceux qui ont perdu leur identité. Ceux qui se sentent forts n’ont pas peur d’être dans le monde. Ils l’affrontent avec confiance et profit.

Voilà pour cette semaine. 3 mots, c’est peu, mais leur donner une réalité, plutôt que de les prononcer pour briller dans les titres des journaux et magazines, nous offrira une chose qui échappe à ceux qui préfèrent le vernis à la substance : l’AVENIR. 

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