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Bourse : la grande braderie
©Reuters

Edito

Bourse : la grande braderie

Ce jeudi, les bourses ont une nouvelle fois chuté fortement, Le Dow Jones a perdu 4.31%, le Nasdaq 5%, Paris 3.90 % ... L'annonce de la BCE n'a apparemment pas rassuré les opérateurs de marché. La panique s'installe-t-elle ?

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Dans le monde de la finance, l’été fait renaitre les grandes peurs et le mois d’août a souvent des odeurs de krach. 2011 n’échappe pas à la tradition et s’inscrit dans la longue série des convulsions qui  saisissent régulièrement les marchés avec cette fois une violence particulière qu’ils n’avaient pas connue depuis neuf ans. Elle emporte aussi bien les matières premières que les actions, à l’exception de quelques valeurs refuges comme l’or ou le franc suisse. Pourtant, il y a quelques semaines, les augures des principales maisons de la place annonçaient doctement « la hausse d’été », en se fiant aux prévisions optimistes de croissance du FMI et aux résultats prometteurs des grandes sociétés cotées.

Cette vision idyllique vient d’être balayée par une véritable tornade qui a fondu sur les marchés obligataires des petits pays, comme la Grece, l’Irlande et le Portugal, pour s’étendre à l’Italie et à l’Espagne avant de gagner ensuite l’ensemble des bourses de la planète. Un véritable psychodrame s’est noué. Il a suffi de quelques statistiques indiquant un ralentissement de la croissance aux Etats –Unis, pour que les pythonisses y décèlent l’amorce d’une récession. Les fondamentaux n’ont pas changé, ce sont les vents qui ont tourné. L’heure est au pessimisme le plus noir. L’économie mondiale vogue pourtant depuis des années sur un océan de dettes, mais subitement elle a le sentiment qu’elle est en train de couler, d’où le sauve qui peut général. Le fameux « consensus » recherché par les acteurs de la finance n’est que la forme moderne de la politique des moutons de Panurge et opère à fond dans le sens de la baisse. Les analystes révisent à toute allure leurs prévisions, pour tenter de suivre le rythme des ventes automatiques déclenchées par des ordinateurs aveugles, qui poussent les tendances à l’extrême.

Les acteurs de cette grande braderie ont conscience des erreurs qu’ils sont en train de commettre pour rester dans le  moule commun. Ils savent  que l’angoisse des opérateurs relève avant tout de la psychologie et qu’il suffirait de peu de choses pour renverser la tendance. Mais le temps des marchés n’est pas celui des politiques. Les premiers réclament des décisions immédiates, alors que les seconds se perdent en réunions et  conciliabules faute d’avoir une autorité commune susceptible de prendre des décisions. L’Europe est à cet égard une caricature avec son attelage à dix-sept voix qui répond à l’urgence par une cacophonie émaillée de propos contradictoires, tel un attelage qui tire à hue et à dia dans une sorte de pétaudière générée par l’absence de boussole.

Les plus vieux boursiers estiment que, lorsqu’on arrive à des errements aussi irresponsables, marqués du sceau de la panique, on est  au paroxysme de la crise et que la sortie n’est pas loin. Peut-être faudra-t-il passer par une fermeture temporaire des marchés avant de trouver le deus ex machina, qui ramènera le monde de la finance à la raison. 

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