Fatigués de l'hiver en France ? Bienvenue à Verkhoyansk, la ville la plus froide du monde | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Fatigués de l'hiver en France ? Bienvenue à Verkhoyansk, la ville la plus froide du monde
©

Glaglagla

Fatigués de l'hiver en France ? Bienvenue à Verkhoyansk, la ville la plus froide du monde

Dans cette localité de 1 400 habitants, la température moyenne annuelle est de -14,7°C. Et les suicides y sont nombreux.

Voilà un endroit où il ne fait pas bon vivre. Située en Iakoutie, au nord-est de la Sibérie, en Russie, Verkhoyansk est la ville la plus froide au monde. Dans cette localité de 1 400 habitants, la température moyenne annuelle est de -14,7°C. Elle est de -45°C en hiver et ne dépasse jamais les 16°C en été. Un enfer gelé dont le gouvernement a toujours su tirer profit puisque Staline y envoyait ses exilés politiques, et les tsars le faisaient avant lui.

Quelques témoignages nous sont parvenus de la vie dans cette contrée glaciale. En 1994, Michael Specter publiait dans le New York Times son "Journal de Verkhoyansk". "Pour réfrigérer la nourriture, il suffit d’une cave. Tout ce qui fait plus de 50 centimètres de profondeur n’est plus qu’un solide bloc de glace", écrivait-il.  

Dans cet article, il évoquait également les suicides, très fréquents à Verkhoyansk. "Je quitte cet endroit pour toujours", écrivait Pavel T. Shvetsov avant de se suicider en 1801. "Sans pensées, sans espoir, sans travail, dans la noirceur de la nuit. La neige recouvrira mes empreintes de pied". Monsieur Gorokhov, le maire, avait déclaré qu’il ne savait pas quel était le taux de suicide "normal" dans les villes arctiques mais qu’à Verkhoyansk, plusieurs personnes s’ôtaient la vie chaque hiver. "Il ne doit pas y avoir beaucoup d’endroits où il soit aussi difficile de survivre. Rien ne pousse, alors tout doit être importé très chèrement", notait encore Michael Specter.

Une dure réalité soulignée par le témoignage de Walter Mayr dans le Der Spiegel, en 2006. "Dans la vie moderne à Verkhoyansk, un tiers des revenus part dans l’entretien de la cheminée, bien que le gouvernement donne déjà de l’argent pour cela. On boit de l’eau de la rivière Iana, apportée par tracteur sous forme de blocs de glace, en échange de paiement immédiat en liquide. La plupart des vêtements des habitants sont faits à base de fourrure de renne dont les prix peuvent aller jusqu’à 500 euros". 

"Avec de telles températures, personne ne peut rester dehors plus de 15 minutes. Le seul moyen de ne pas mourir quand on est dehors est de porter des peaux d’animaux qui vivent dans le cercle arctique. Et, surtout, de continuer à bouger."

Et pour conclure ce tableau de rêve : en 2012, Verkhoyansk a été attaquée par une meute de 400 loups, "obligeant les locaux à organiser des patrouilles en motoneiges en attendant que le gouvernement leur vienne en aide", selon Roland Oliphant, du Telegraph. Cette année là, les loups auraient tué 313 chevaux et 16 000 rennes, selon le ministère de l’Agriculture.  

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !