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Après le terrorisme, les émeutes… et toujours le même ressentiment anti-français : mais en quoi la France est-elle vraiment raciste ?
©Reuters

#BLMFrance

Après le terrorisme, les émeutes… et toujours le même ressentiment anti-français : mais en quoi la France est-elle vraiment raciste ?

Suite au décès en garde à vue d'Adama Traoré, plusieurs émeutes ont éclaté en banlieues pour dénoncer la "négrophobie" et le racisme. Pourtant les études montrent que les Français font figure de bons élèves par rapport aux autres citoyens européens.

Zohra Bitan

Zohra Bitan

Membre fondatrice de La Transition, Zohra Bitan est cadre de la fonction publique territoriale depuis 1989, ancienne conseillère municipale PS de l'opposition àThiais (94), et était porte-parole de Manuel Valls pendant la primaire socialiste de 2011. Militante associative (lutte contre la misère intellectuelle et Éducation), elle est l'auteur de Cette gauche qui nous désintègre, Editions François Bourin, 2014.

 
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Guylain Chevrier

Guylain Chevrier

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.

Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.

Dernier ouvrage : LAÏCITÉ, ÉMANCIPATION ET TRAVAIL SOCIAL
 
L’Harmattan, Sous la direction de Guylain Chevrier, Les Ecrits de BUC Ressources SOCIOLOGIE TRAVAIL SOCIAL, juillet 2017, 270 pages.
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Atlantico : Le décès d'Adama Traoré au cours de sa garde-à-vue pour une affaire d'extorsion de fonds a déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et de la part d'associations de lutte contre le racisme et les violences policières. Plusieurs associations françaises ont d'ailleurs appelées à manifester contre les violences policières en reprenant les arguments du mouvement américain black lives matter. Quelle est selon vous la réalité de cette idée au sein de la société française ? Comment se positionne-t-elle en comparaison avec les autres pays européens par exemple ?

Zohra Bitan : Je préfère ne pas poser la question en ces termes car comparaison n'est pas raison. Je ne souhaite pas minimiser ce qui se passe en France, mais le rapport aux populations de couleurs ou issues de l'immigration n'est pas du tout le même. 

Le problème avec la police ne date pas d'aujourd'hui, on se souvient que cette idée existe depuis les années 1980, où plusieurs affaires avaient donné lieu à la fameuse "marche pour l'égalité". En 2005 aussi, le thème des violences policières et des discriminations avait été avancé. Et c'est bien sûr un problème, mais la réalité que certaines personnes ne veulent pas voir, c'est que la police, tout comme n'importe quel corps de métier n'est pas parfaite. Il existera toujours des gens qui outrepasseront leurs fonctions, leurs droits.

On assiste à deux mondes qui s'opposent. Le problème des quartiers populaire n'est pas réglé, on se souvient de la déclaration de Manuel Valls sur l'apartheid social et ethnique qui existe. Ces propos sont forts et violents, mais ils sont intéressants car ils représentent un aveu de la part de l'Etat celui qui consiste à admettre qu'il aurait organisé la relégation de millions de personnes. 

On avait pu noter un progrès avec la police de proximité, mais elle a été supprimée. C'était une bêtise, car derrière un policier il y a un citoyen et derrière un jeune de cité il y a un citoyen aussi. Et à un moment il faut faire en sorte de lever les malentendus sur l'un et sur l'autre. Puis, certains mouvements comme le PIR ont organisé une exacerbation de la question raciale en banlieue.

Et si je peux être d'accord avec certains constats qu'ils font, je rejette la réparation qu'ils souhaitent obtenir. Car dire qu'il y a un racisme d'Etat, que la France doit 132 ans de colonisation, c'est condamner toute une génération à flinguer leur avenir. On leur met dans la tête des ressentiments extrêmement négatifs qui ne leur permet plus de voir la société, la France ou la République avec la moindre once de positivité. Ils accentuent la division de la société, et ils ne laissent aucune chance à ces jeunes de s'intégrer dans la communauté nationale, et par-dessus le marché, ils ne leur proposent aucun projet alternatif, pas d'insertion, pas de démarche positive, pas de réponse. Il est facile de remplir le cerveau de jeunes déjà en situation d'échecs scolaires, qui vivent dans des lieux éloignés des centres villes, en mauvais état etc. 

Pour revenir à votre question, ceux qui utilisent ce fait pour mettre le doigt sur le racisme et la "négrophobie" -dont la justice n'a pas fait lumière- pour monter des jeunes contre l'Etat et la société, alors qu'ils sont déjà compromis par leur situation territoriale et sociale, sont pour moi de la même nature que ceux qui vendent l'islam radical. Ils participent à la même gangrène.

Il faut au contraire défendre le progrès, apaiser, trouver des solutions pour que police et jeunes se parlent : oui il y a de la discrimination et du racisme mais il y a aussi une grande force d'intégration dans ce pays. Ceux qui ne veulent pas le voir ont le projet de commercer ces maux. 

Une tolérance zéro vis-à-vis de ces populations ferait certainement mal, serait vu comme politiquement incorrect, mais cela ferait du bien à tous ceux qui ne méritent pas de subir les discriminations.

Guylain Chevrier : Cette vision victimaire, sur le mode d’une identification à des minorités opprimées, est à la fois erronée et savamment entretenue. Tout d’abord, la situation de ce jeune décédé n’a rien à voir avec les événements auxquels on entend l’assimiler. Comment peut-on, sans une dose incroyable de mauvaise foi, sinon de volonté de pousser certaines populations à la violence gratuite en s’en prenant à l’ordre public et aux biens, comparer ce qui se passe là avec les événements américains ? Qu’est-ce que cela peut-il avoir comme lien, avec le fait que des personnes noires aux Etats-Unis puissent être abattues par arme à feu par des policiers, dont le caractère de légitime défense puisse être contesté, dans le contexte d’une société qui reste largement marquée par la ségrégation avec une séparation sur le fondement de la couleur, et de façon plus générale, des différences ? Il s’agit là semble-t-il, avec ce jeune qui est malheureusement décédé, non d’une agression délibérée mais d’un accident cardiaque, dont les circonstances seront déterminées par une enquête en cours. Un fait qui a lieu dans un pays qui est le notre où le mélange des populations, la mixité est une réalité, en raison du principe de laïcité qui caractérise notre République, avec un égal accès aux mêmes droits, protections collectives.

Nous sommes un des rares pays en Europe à ne pas être organisés sur le mode du multiculturalisme, comme c’est le cas en Allemagne et en Grande-Bretagne où les populations sont prédestinées à être séparées selon leurs différences, et les individus à subir l’arbitraire de leur communauté de référence. En France, c’est la citoyenneté qui prime sur le reste et protège tous nos concitoyens de l’arbitraire des groupes de pression, culturels ou religieux. C’est en raison de cette égalité inscrite comme principe fondamental à l’article premier de notre Constitution, que nous donnons les mêmes droits à tous indépendamment de la couleur, de l’origine ou de la religion, appliquons le droit du sol intégral. Cet état d’esprit nous le retrouvons dans le fait que nous intégrons massivement les étrangers par l’accès à la nationalité par acquisition, environ 100.000 par ans, un chiffre qui a doublé en 20 ans.

Selon une étude du Pew Research Center publiée la semaine dernière, seulement 29% des Français ont une vision défavorable des musulmans, soit l'un des taux les plus bas de toute l'Union européenne. Il n’y a pas, contre toute idée reçue, d’opinion défavorable de l'islam, l’inquiétude porte sur les manifestations identitaires. Ceci est le reflet d’une population française habituée au mélange, qui a relativement confiance dans son modèle d’intégration, mais rejette le principe des minorités qui mettrait en péril une façon de vivre en société débarrassée des références identitaires, devenues secondaires. On s’y considère d’abord comme des citoyens.

Nous sommes dans une démocratie, et l’on n’a pas l’habitude de fermer les yeux en cas de « bavure policière ». On peut comprendre l’émotion de la famille, mais faire immédiatement circuler la rumeur selon laquelle il serait mort suite à un passage à tabac, sans aucune vérification, relayée par des associations et les réseaux sociaux, pour embraser la situation, relève d’une stratégie qui d’emblée crée le trouble, et participe de discréditer l’Etat à travers sa police. On a appris par les résultats de l’autopsie, que l‘individu « avait une infection très grave » au moment de l’arrestation, et qu’il n’y avait « aucune trace de violences significatives ». Il est certain qu’une arrestation n’est jamais un moment de plaisir, et peut même se faire dans des conditions difficiles à la fois pour le mis en cause et pour la police.

On notera que l’on joue ici véritablement avec le feu, dans le contexte de développement dans les quartiers de la radicalisation, avec la volonté en toile de fond d’imposer une logique identitaire à résonnance religieuse, par des forces obscures qui sont en embuscade. Les appels à manifester au mot d’ordre d’« Assassins », qui rejoint d’autres comme celui entendu sur les manifestations contre la loi El Khomri, tel que « Tout le monde déteste la police » avant de l’attaquer, mériterait pour le moins plus de retenue et de responsabilité.

Jeudi 21 juillet, le médecin légiste chargé de déterminer la cause du décès d'Adama Traoré a déclaré ne pas avoir trouvé de "traces de violences significatives", mettant à mal l'idée d'un décès qui aurait fait suite à des violences policières. De quoi l'importance accordée à l'idée qu'il existe un racisme massif en France contre les minorités est-il le symptôme ? Quelles sont les responsabilités à pointer dans ce phénomène, entre les partis politiques et le monde intellectuel ? 

Guylain Chevrier : Elle fait symptôme d’un malaise grandissant où la confusion domine. L’intégration connait des ratés en raison des orientations menées depuis des années dans ce domaine, qui favorisent une lecture qui fait prévaloir de plus en plus la logique de différence sur celle d’égalité. C’est le fait de toute une classe d’intellectuels bienpensants qui nourrissent cette victimisation, qui est leur fond de commerce en même temps que l’expression d’une gauchisation de l’analyse politique qui arrange bien des gouvernants et des élus, justifiant leur clientélisme politico-religieux, en vu de leur réélection. L’exemple de l’Observatoire de la laïcité, organisme installé par le président de la République, est de ce point de vue éloquent. Il encourage régulièrement cette tendance par l’interprétation d’une laïcité dite « ouverte » qui devrait s’adapter aux exigences religieuses tous azimuts. Un organisme placé sous l’autorité du Premier ministre, et qui vient rien de mois que d’entendre s’opposer à l’article de la loi El Khomri qui introduit la possibilité pour les employeurs, selon certaines conditions, d’imposer la neutralité en matière de convictions philosophiques et religieuses dans l’entreprise, et donc un projet de loi du gouvernement, un gouvernement pour lequel il travaille. On voit là l’exemple de confusion des valeurs qui règne au regard du respect des principes républicains mis à mal. Ils l’ont aussi été après les premiers voiles apparus dans une école à Creil en juin 1989, alors qu’il a fallu attendre 15 ans pour obtenir qu’une loi interdise les signes religieux ostensibles dans l’école publique, pour simplement faire respecter la loi par tous et réagir enfin à la poussée du communautarisme. 

Il y a un exemple éloquent de cette dérive des milieux intellectuels et journalistiques à ce sujet. France 2 a diffusé le 24/11/2014 un reportage présenté par le journaliste John Paul Lepers, qui entendait prouver qu’il n’y avait aucun lien entre « immigration et délinquance ». Pour prouver cette démarche, on expliquait qu’il n’existait aucun chiffre susceptible d’accréditer un tel lien. Si on le pensait, on était donc nécessairement victime de préjugés racistes. Sauf que c’était faux ! Selon le ministère de l’intérieur, 18,7% des écroués sont étrangers, donc surreprésentéspuisque selon l’INSEE ils ne représentent que 6% de la population française. Une enquête relayée par la revue Sciences humaines (Les Grands Dossiers n°18 France 2010) montre que dans « 51 % des cas, le père d’un détenu est né hors de France et plus généralement en Afrique ». Des informations qui sont pourtant facilement accessibles. Lors d’une invitation qui a suivi le reportage ayant fait événement, sur Europe 1, chez Jean-Marc Morandini, John Paul Lepers persistera, en prétendant sans sourciller que de chiffres, ils n’en existent pas, sans être contredit, alors qu’il aurait été si facile de lui opposer une réalité accessible par tous. Ce politiquement correct mine le débat public et est contre-productif pour notre démocratie.

Les étrangers ou jeunes issus de l’immigration ne sont évidemment pas prédestinés à la délinquance, encore moins selon telle ou telle origine, mais comment dénier que l’apport de population étrangère sur une longue période qui ne cesse d’augmenter, dans un contexte de chômage chronique, ne pose pas certains problèmes. La crise économique avec ses dimensions sociale et morale, a freiné le processus de l’intégration sociale de tous et plus particulièrement de ceux qui, arrivant comme étrangers, souvent peu qualifiés maitrisant mal la langue, dans un contexte de promotion sociale qui s’essouffle, avec des particularismes à adapter, ont des difficultés supplémentaires pour s’intégrer. Tout cela est nié et transformé en racisme, en soi-disant volonté de viser une population par des exclusions à répétition. On répand, derrière cette idéologie victimaire avec sa bonne conscience en prime, à coup de désinformation, du poison dans les esprits, et la justification du passage à la violence sous toutes ses formes, de la délinquance à la radicalisation.

Zohra Bitan : Il y a une forme de protectorat politico-médiatique et intellectuel qui s'est formé autour des banlieues, qui sont alors devenues intouchables car tout le monde a eu peur de passer pour raciste. Dans cette logique, nous avons fait des citoyens pourvus de droits mais pas de devoir, et donc participé à l'échec de l'intégration. Il y a en France une idée dans l'ère du temps qui consiste à penser que les enfants descendant de l'immigration doivent être traités autrement que les Français, et cela a fait des dégâts considérables. Nous l'avons organisé en ne demandant pas à ces habitants de "faire la France" avec les autres, en ne leur proposant rien d'autre que l'assistanat. Cette responsabilité date des années 1980, et concerne toutes les sensibilités politiques. 

Depuis son décès, des violences urbaines éclatent à Beaumont-sur-Oise, Persan, et Bruyères-sur-Oise. Plus globalement, en quoi le fait de voir les minorités comme des victimes peut-il s'avérer dangereux pour la cohésion de la société ? Encore une fois, quelles sont les responsabilités à trouver dans ce phénomène, agissant comme un cercle vicieux, entre une parole dénonçant un racisme ancré dans la société française, et des populations qui peuvent s'enfermer dans une telle vision ?

Zohra Bitan : La voix de l'Etat et la classe médiatique intellectuelle ont produit des sous-citoyens en préférant des politiques communautaristes, excluantes. Le statut de victime leur a permis d'avoir un statut particulier dans la société et aujourd'hui aucun homme ou aucune femme politique ne tient le discours nécessaire, signerait la fin de la récré et dirait que tous les Français sont à la même enseigne. Tout le monde souffre d'une crise qui n'est plus conjoncturelle mais qui est devenue systémique. 

Fait choquant : après les attentats de Nice certains se sont amusés à compter le nombre de musulmans tués dans les attentats, alors même que les statistiques ethniques sont interdites. On a l'impression que l'on va ainsi pourvoir calmer les tensions, parce qu'il y a une partie de la population qui se sent discriminée. Mais en agissant de la sorte et avec cette logique, on continue à perpétuer cette pratique devenue habituelle et qui consiste à différencier les citoyens entre eux. 

Guylain Chevrier : Rappelons que le dernier rapport sur « La Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie » de la Commission consultative des droits de l’homme, portant sur l’année 2015, celle des attentats, montre sans ambiguïté que la France n’a jamais été aussi tolérante vis-à-vis des étrangers. Ce qui peut surprendre certains qui cherchent toujours à se convaincre d’une France raciste, du sommet de l’Etat aux quartiers. Ce sont Omar Sy, Jamel Debbouze et autre Zidane qui font partie des personnalités les plus aimées des Français. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel constate, dans l’une de ses dernières études, l’évolution en constant progrès de la représentation des personnes perçues comme « non blanches ». Dans le divertissement, 21% en 2014 contre 14% en 2012 ; les programmes de sport, 17% contre 11% ; et les fictions, 17% contre 12%. Une surreprésentation si on compare ces chiffres au nombre de personnes étrangères ou issues de l’immigration extra-européenne. Ce qui discrédite les propos de certains quand à une volonté de la France d’empêcher sa diversité de trouver à s’exprimer et à réussir.

Il y a tout un courant idéologique en faveur de l’idée que la police serait raciste en reflet d’une prétendue République discriminatoire envers les musulmans et les « ex-colonisés », donc ceux qui vivent dans les quartiers, où se concentreraient les relégués de notre société. Vision caricaturée et exacerbée par un Parti des indigènes de la République, trop souvent partagée par la Ligue des Droit de l’Homme ou le MRAP qui se trompent de combat en étant dans cette obsession. Ce qui rejoint un projet politique fondé sur la discrimination positive, le multiculturalisme, qui est un piège pour les populations en référence, qui les enfermerait bien plus surement dans la relégation.

Si cette vision victimaire ne résiste pas aux faits, elle est dangereuse pour notre cohésion sociale, car elle pousse des populations fragiles au « coup dur » avec la République. Certains même, entendent par l’encouragement à cette violence créer des précédents à partir desquels instrumentaliser ces populations, prendre sur elles le pouvoir, avec l’objectif de les mettre en première ligne pour des projets politiques contraires à leur intérêt, qui jouent sur le repli communautaire, sur la séparation, sur des tensions raciales essentiellement fabriquées. On cherche derrière cela des départs de feu de guerre civile, entrainer la France dans des conflits entre groupes sociaux identifiés selon les différences, créant des divisions qui font avancer le projet politique d’ethnicisation de la France. Il faut déjouer ce piège en donnant plus de force à une République dressée sur ses principes, qui ne tangue pas à la première intimidation, qui défende une intégration exigeante concernant les droits et devoirs de tous les citoyens. Pour cela encore faut-il ne pas se laisser tenter par une logique des minorités à des fins électoralistes au risque que le torchon brûle, pour faire le jeu des extrêmes.

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