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"Tout peut s'oublier" d'Olivier Adam : la quête bouleversante d’un père pour retrouver son fils
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"Tout peut s'oublier" d'Olivier Adam : la quête bouleversante d’un père pour retrouver son fils

Olivier Adam a publié "Tout peut s'oublier" aux éditions Flammarion.

Claire Français

Claire Français

Claire Français est chroniqueuse pour Culture-Tops. ​Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam

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"Tout peut s'oublier" d'Olivier Adam

Flammarion - 272 pages - 20 €

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Thème

Exploitant sur la côte d'émeraude un cinéma hérité de son oncle, Nathan est un père divorcé voyant son fils, Léo, une semaine sur deux. Sur la semaine de son ex-femme, Jun, un appel de l'école l'alerte sur l'absence de son fils. Il devra constater que cette absence n'a rien d'occasionnel et apprendra que Jun est repartie au Japon, son pays d'origine, en emmenant Léo. Il découvrira toute la problématique des lois nipponnes qui ne reconnaissent aucun droit au parent étranger. Dans ce Japon où il a aimé se promener du temps de sa première femme Claire, où il a cru de nouveau à l'amour lors de sa rencontre avec Jun, il fera l'expérience violente du retour définitif en France. La rencontre avec Lise, mère rejetée par un fils en révolte, l'aidera à surmonter la douleur.

Ces deux êtres, oscillant entre tristesse et nostalgie, s'épauleront et patiemment  domestiqueront la souffrance; en choisissant de vivre, sans rien oublier.

Points forts

- Une construction en dix chapitres qui, par leurs retours en arrière, nous donnent les clés de l'histoire.

- La description de la banalité de la vie du héros Nathan avec ses  doutes, ses échecs personnels, ses questionnements nous renvoie à notre quotidien, comme une chanson d’Étienne Daho que l'on fredonne.

- La séparation du couple mixte aboutissant à la perte du fils Léo, orchestrée par Jun, la mère japonaise qui applique sans empathie les règles en vigueur de son pays d'origine, nous confronte à une justice à l'opposé de la nôtre.

- En parallèle du drame qui se joue, une ode à la beauté du Japon, à la mer bretonne, à la passion du cinéma, à l'amitié, à tout ce qui permet le dépassement de la souffrance et de la tristesse.

Points faibles

Les aspects politiques contemporains qui ponctuent le récit et le figent dans l'époque.

En deux mots ...

La perte d'un enfant est une situation dramatique dont peu se relèvent; mais que faire face à la perte d'un enfant vivant, arraché à son père qui n'a aucun droit dans le pays d'origine de la mère? Le contexte culturel, décrit avec finesse, tisse la trame de l'impossible deuil qu'il faut néanmoins apprivoiser.

Un extrait

«Tout cela prendrait sans doute des années. Tout cela ne se produirait peut-être jamais.Ou bien trop tard. Il voyait déjà les lois défiler, le visage de Léo s’effacer peu à peu de sa mémoire, et le sien de celle du gamin, le son de sa voix se perdre dans les limbes de l'oubli. Il voyait déjà le manque et la fureur s'apaiser de semaine en semaine, le deuil faire son travail, la vie reprendre le dessus. Était-ce seulement possible? Il se tourna vers Lise. Ça faisait déjà des mois qu'elle avait perdu son fils. Est-ce que la blessure se refermait? Est-ce qu'on guérissait comme on guérit d’un chagrin d'amour? Parce qu'il s'agissait bien de cela dans le fond. De perdre un être aimé alors qu'il était encore en vie. De le savoir quelque part, peut-être heureux, mais sans nous. D'être sorti de sa vie sans l'avoir désiré et de devoir en prendre acte.»

L'auteur

Olivier Adam, né en 1974 en région parisienne publie depuis 2000 un ouvrage quasi annuellement. Le premier Je vais bien, ne t'en fais pas (Le Dilettante) est remarqué par la critique et sélectionné pour le Festival du premier roman en 2001; il sera adapté au cinéma en 2006 avec un grand succès et d'autres de ses livres feront  l'objet d'adaptation cinématographique. Également scénariste, Welcome, il publie régulièrement des ouvrages jeunesse. Son recueil Passer l'hiver (Éditions de l’Olivier) a obtenu le Prix Goncourt de la nouvelle en 2004. A la fois amoureux de la Bretagne et du Japon, le thème de la fuite est particulièrement présent dans ses romans.

Le clin d'œil d'un libraire

 Librairie livres anciens LE FEU FOLLET, à Paris

Directeur fondateur : Pascal Antoine

« Le Feu Follet », petite flamme éternelle du livre rare, dotée de pouvoirs magiques, illumine depuis plus de 20 ans le Boul’Mich à deux pas du Luco (le Jardin du Luxembourg… et du Sénat !). Sis au 31 rue Henri Barbusse  et au 121 du Boulevard Saint-Michel, les deux établissements de la librairie éponyme distillent leurs bienfaits aux amoureux du livre ancien, des lettres autographes exceptionnelles, d’incunables ou même d’estampes rares, en provenance des musées, collections privées et fonds culturels du monde entier. Dans ce palais de la culture médiévale et de la culture tout court, officie un personnage passionné et passionnant, Pascal Antoine, qui a roulé sa bosse dans les mines de malachite, pierre semi-précieuse du Haut Katanga (le fameux Shaba de Mobutu), pierre verte de la persuasion très utilisée en litho thérapie, avant qu'il ne retombe, en 1998,  dans le creuset de ses amours de jeunesse, le livre.

Ici, présentés par huit libraires (record national pour ce type de librairie) 30 000 livres précieux, depuis le XVe siècle jusqu’à nos jours, attendent patiemment leurs futurs et heureux propriétaires. Qui dit livres précieux ne veut pas dire forcément livres chers : « Nous proposons des livres rares et des éditions originales de 20 € à 17 000 € (rare en effet !) couvrant 500 ans de l’histoire des idées, de l’impression de la pérennisation de la mémoire écrite » confie Pascal Antoine. Une véritable épopée de la littérature en somme « accessible à tous types de bibliophiles ». Fixons les idées, par curiosité : un grand auteur «moderne» sinon le plus grand ? « Je dirai un Marcel Proust version originale édition limitée, dédicacée à un de ses contemporains : entre 5 000 et 20 000 € (!) en fonction de la dédicace » précise Pascal Antoine. Cela étant dit : « Non, le livre ancien n’est pas un produit de placement, je ne le vois pas comme cela » ajoute-il un peu choqué...et prudent.

On l’aura compris Le Feu Follet est un trésor. Une dernière question : pourquoi ce nom d’enseigne un brin ésotérique : « Un clin d’œil à Drieu la Rochelle ...et à Louis Malle bien sûr ». Mais c’est aussi la reprise d’un thème qui ne doit rien au hasard ! Oui, Antoine prénommé Pascal, entrepreneur dans l’âme a la littérature dans le sang. Comme il le dit joliment : « Je suis toujours à la mine, à la mine des livres » (l’école du même nom, Ecole des Mines, est à deux pas).

Librairie Le Feu Follet, 31 rue Henri Barbusse et 121 bd Saint Michel, Paris 75005.  

Texte et interview réalisés par Rodolphe de Saint-Hilaire pour Culture-Tops

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