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La Commission européenne prévoit que le PIB annuel baissera cette année de 0,1% dans l’Union européenne et de 0,4% dans la Zone euro.
La Commission européenne prévoit que le PIB annuel baissera cette année de 0,1% dans l’Union européenne et de 0,4% dans la Zone euro.
©Reuters

Decod'Eco

Pourquoi voir des crises partout fait courir de grands dangers

La crise... Le terme est décliné un peu partout dans les médias, à bon ou à mauvais escient, et cela pourrait avoir de graves conséquences pour l'économie.

Eberhardt Unger

Eberhardt Unger

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

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Dans l’expression “crise de l’euro” que l’on retrouve dans tous les médias, le mot “euro” ne désigne pas la devise. La monnaie commune n’est pas en crise si l’on en juge par sa remarquable stabilité depuis plusieurs semaines.

De même, quand ils font allusion aux “tensions franco-allemandes”, les médias veulent seulement parler du désaccord qui existe entre les deux gouvernements sur la meilleure façon d’optimiser la politique économique pour sortir de la crise. Le gouvernement allemand est pour une stricte politique d’austérité afin de réduire le déficit public le plus vite possible et le gouvernement français pense qu’il est préférable d’étaler cette action dans le temps.

La BCE appelle à des stratégies ambitieuses en matière de réduction de la dette. Selon elle, ce point est crucial car il n’y a pas de solutions alternatives. La BCE met en garde les gouvernements sur le fait que le redressement des finances publiques ne peut pas être repoussé plus longtemps car le haut niveau actuel de la dette publique freine la croissance économique, ce qui prive les caisses de l’Etat de nouvelles recettes. C’est avec ce discours que la banque centrale s’oppose fermement à tous ceux qui veulent plus de temps pour réduire les déficits budgétaires.

Parmi les principaux membres de la Zone euro, c’est l’Allemagne qui a le plus progressé dans cette direction. Le gouvernement fédéral prévoit pour 2013 un déficit budgétaire de 17,1 milliards d’euros et il pourrait baisser à 6,4 milliards d’euros en 2014. En 2015, le budget devrait être à l’équilibre et pour 2016 et 2017 être excédentaire de 5 et de 9,4 milliards d’euros respectivement.

Les autres grands pays de la Zone euro visent également un déficit nul, mais devront probablement repousser l’atteinte de cet objectif de 2 à 3 ans en raison d’un taux de chômage élevé. La France, l’Italie et l’Espagne doivent affronter des manifestations contre les mesures d’austérité. Les marchés financiers font ressortir ces différences entre les pays via les écarts de rendements des obligations souveraines.

La Commission européenne prévoit que le PIB annuel baissera cette année de 0,1% dans l’Union européenne et de 0,4% dans la Zone euro. En 2014, c’est une expansion de l’activité économique qui est attendue, de 1,4% dans l’UE et de 1,2% dans la Zone euro.

Cette année, le déficit budgétaire devrait continuer à baisser pour atteindre 3,4% du PIB dans l’UE et 2,9% dans la Zone euro. La consolidation structurelle devrait être plus lente cette année que l’an dernier. Le ratio dette/PIB est prévu à 89,8% dans l’UE et 95,5% dans la Zone euro.

La plus grande source de danger pour les marchés financiers réside dans l’expansion de l’agitation sociale. Le plus souvent, les populations des pays en crise tiennent pour responsable de leurs malheurs leur propre gouvernement. De ce fait, les politiciens qui veulent se faire réélire sont plus enclins à creuser encore les déficits plutôt que de maintenir une politique d’austérité ferme et repousse ainsi le règlement du problème du surendettement sur les futures générations.

Conclusion : parler continuellement de crises comporte un grand danger : s’y habituer. Cela veut dire que les gens vont penser que, finalement, la situation n’est pas si grave puisqu’elle dure sans vraiment de conséquences. Cet état d’esprit ne pourra que freiner la mise en place des réformes et conduira inévitablement à la prochaine crise sur les marchés obligataires.

[Retrouvez d'autres analyses sur la Zone euro -- et l'économie mondiale dans son ensemble -- en cliquant ici]

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