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La pièce "Le petit coiffeur" de Jean-Philippe Daguerre est à découvrir au Théâtre Rive Gauche à Paris.
La pièce "Le petit coiffeur" de Jean-Philippe Daguerre est à découvrir au Théâtre Rive Gauche à Paris.
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Atlanti Culture

"Le petit coiffeur" de Jean-Philippe Daguerre : des comédiens authentiquement heureux de retrouver la scène et leur public

"Le petit coiffeur" de Jean-Philippe Daguerre est à découvrir au Théâtre Rive Gauche.

Jean Ruhlmann

Jean Ruhlmann

Jean Ruhlmann est historien et maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lille III et à Sciences Po Paris. Il est également l'auteur de Ni bourgeois Ni prolétaires. La Défense des classes moyennes en France au XXe siècle (Seuil, 2001).

Voir la bio »

"Le petit coiffeur" de Jean-Philippe Daguerre 

Avec Felix Beauperin (Pierre Giraud), Arnaud Dupont (Jean Giraud), Brigitte Faure (Marie Giraud), Romain Lagarde et Charlotte Matzneff (madame Berthier)

INFOS & RÉSERVATION

Théâtre rive gauche
6 rue de la Gaité
75014 Paris
Tél. : 01 43 35 32 31
http://www.theatre-rive-gauche.com

Nouveaux horaires : jeudi et vendredi à 18h30 / samedi à 16h00 et 18h30 / dimanche à 15h00.

Recommandation

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Thème

• Nous sommes en août 1944 à Chartres, qui vient d’être libérée. Dans le salon de Marie Giraud (est-ce un clin d’œil ou un choix malheureux, quand on sait l’animosité et la rivalité du général éponyme envers de Gaulle ?), patronne depuis la mort de son mari (en détention et sur dénonciation) et par ailleurs héroïne de la résistance chartraine, se croisent notamment un chef local de la résistance ivre de vengeance, et la belle madame Berthier, orpheline d’un père mort à Verdun et veuve elle aussi  d’un résistant (dénoncé et fusillé).

• Alors que le chef rescapé en pince pour la patronne, la jeune et belle veuve sert de modèle à Pierre Giraud, fils cadet de Marie, et tombe vite amoureuse du jeune peintre.

• Seulement une fois la ville libérée, tous les méchants secrets mal enfouis sous l’Occupation ressortent tels des cadavres des placards... d’où les « naphtalinards » (les résistants de la 25eme heure) ont ressorti leurs plus belles tenues de partisans de la France libre...

Points forts

 • De bons passages émouvants, à mettre à l’actif de la grandeur d’âme de Marie (Brigitte Faure) et du traumatisme vécu par Pierre Giraud lors de l’infecte tonte des « collaboratrices horizontales ».

• Des comédien-ne-s authentiquement heureux de retrouver la scène et leur public, qui le leur rend bien (salle comble).

Points faibles

• On sent l’auteur soucieux d’insérer sa pièce dans l’histoire : le choix de Chartres en procède, avec l’épisode de la tentative de suicide en 1940 de son préfet Jean Moulin, appelé à devenir l’un des chefs de la résistance ; et puis il y a la fameuse « tondue de Chartres », Simone Touseau, photographiée par Robert Capa pour Life, le 16 août 1944 et passée à la postérité.

• Mais c’est au forceps, car au prix d’une intrigue où la lourdeur le dispute à l’invraisemblance, qui laisse l’impression d’un fourre-tout où vient s’accumuler ce qu’il est possible de dire sur cette période

passablement complexe. Bref, pas rasoir, mais un poil trop tiré par les cheveux...

• Au plan formel, le choix fréquent de découpage de la pièce en de multiples et successives séquences très courtes a comme des effets d’écrans publicitaires, assez dérangeants à la longue. La multiplication d’ellipses nuit à la fluidité de la pièce.

• La pièce débute, et la distribution est encore inégale : Pierre (Felix Beauperin) est tellement raide et mécanique dans sa diction comme dans son port qu’on l’imagine mieux en officier allemand du XIXe siècle balafré et claquant des talons qu’en peintre (ou alors militaire...). Du reste, il ne suffit pas d’arborer un Marcel en mode Brando et une musculature suggestive derrière un chevalet pour « faire peintre ». Le chef local de la résistance (Romain Lagarde) oscille d’un registre à l’autre, entre danses lascives avec madame veuve Giraud et explosions de colère et d’indignation, bref entre l’érection et l’éructation.

En deux mots ...

• On est ici bien loin du tableau bien plus subtil dépeint dans Un village français.

• Des fois, le sens de la famille ne suffit pas...

Un extrait

Marie Giraud : « Je n’irai pas par quatre chemins, d’autant qu’ils mènent tous à moi. »

L'auteur

• Jean-Philippe Daguerre, d’abord metteur en scène, est passé à l’écriture théâtrale depuis Cupidon n’a pas dit non, puis Nous sommes une femme (co-écrit avec Charlotte Matzneff).

• La famille (Ortiz, meilleure pièce de l’année 2019 selon le jury des Étoiles du journal Le Parisien) et l’Occupation (Adieu monsieur Haffmann, quatre Molière en 2018) sont les sources d’inspiration de J.-P. Daguerre, ce qui lui a bien réussi, du moins jusqu’à ce qu’il tente de les combiner, comme dans le cas présent

 

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